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Le Grand Hippias - Platon

June 1 2017 Published on #Philosophie

Après l'Hippias mineur, parlons du Grand Hippias ou Hippias majeur, ce texte philosophique précoce de l'oeuvre de Platon !

Comme à l'habitude, Socrate est mis en scène dans un dialogue et a pour interlocuteur, Hippias que j'avais présenté comme un savant mais qui est plus précisément un sophiste ! Les sophistes sont ces professeurs qui donnaient des cours de rhétorique contre rémunération et qui ont été largement discrédité par Platon qui leur reproche notamment de ne pas se soucier de la vérité ! Parmi les sophistes connus, on a aussi Gorgias et Protagoras qui feront aussi l'objet de dialogues un peu plus tardifs.

Dans le prologue, Hippias se "vante" d'être un savant ! Il gagne ainsi, par ce moyen, beaucoup d'argent ! Puis il parle des Lacédémoniens, chez qui il n'a pas fait beaucoup de profits ! En effet, les Spartiates, certes intéressés par son enseignement, possède un système éducatif bien à eux et ne saurait le confier à des étrangers ! Ce dialogue s'inscrit donc dans la longue rivalité en Athènes et Sparte qui a culminé dans la Guerre du Péloponnèse auparavant !

Très vite, le dialogue en arrive à la formulation de la question du beau ! Qu'est-ce que le beau ? Socrate interroge Hippias sur ce point ! Mais Hippias se fourvoie et ne dit pas ce qu'est le beau mais cite des choses belles ! Qu'est-ce qui fait leur beauté ? Qu'est- ce qui est commun à toutes ces choses ? Le principe du Beau ?

En réalité, Hippias va donner trois tentatives de définition du Beau - en trois temps - tous réfutés par Socrate ! Le Beau, c'est "une belle jeune fille" ! Cette première définition se fonde sur un constat d'ordre empirique ! Il ne s'agit donc là que d'une opinion, or l'opinion est le contraire de la philosophie ! Ce ne serait être une définition valide ! De plus, l'opinion diffère selon les latitudes ! La philosophie se veut universelle !

Hippias déclare ensuite que ce qui est beau, c'est l'or ! Donnée empirique là aussi ! Socrate pointe alors l'argument que ce qui convient est ce qui est adéquate ! La bonne matière pour la bonne fonction ! En rapport avec l'utilité ! Ainsi, la cuillère en bois est plus belle - car plus "conforme" ! - que la cuillère en or pour tourner la soupe ! Donc, le beau, ce n'est pas l'or !

Par la suite, Hippias comprends l'exigence d'universalité d'une définition convenable du Beau ! Il pose alors que le Beau, c'est une existence humaine heureuse ! Mais en réalité, il n'est pas dans l'universalité car il se focalise sur un point de vue grec dont soupçonné d'ethnocentrisme !

C'est au tour de Socrate de procéder à son argumentation, Hippias s'étant montré défaillant ! Là encore, il procède en trois temps !

Tout d'abord, Socrate insiste sur le fait que ce qui est beau serait ce qui est convenable ! Mais ceci pose la question de l'apparence et de la réalité ! Le Beau est-il seulement ce qui parait beau ? Ou quelque chose de plus profond ?

Le Beau n'est-il pas ce qui procure le Bien ? N'est-ce pas ce qui est utile ? Ceci pose la question de l'avantageux, et de la valeur esthétique et de la valeur morale. Ce rapport entre Beau et Bien sera constant chez Platon. Dans Le Banquet, primauté est donnée au Beau et dans La République, au Bien ! Mais l'objection est que ce qui est efficace peut servir à faire le mal !

Après le convenable et l'utilité, le Beau n'est-il pas plutôt ce qui procure du plaisir ? La définition du Beau doit par ailleurs dépasser le cadre esthétique pour empiéter sur le cadre moral ! Le Beau vaut pour les belles activités, les belles lois, pas seulement pour les belles sculptures ou les beaux palais.

La plaisir esthétique se limite-t-il à la vue ? Ou l'ouie, l'odorat, et les autres sens doivent-ils être pris aussi en compte ! Il y a des plaisirs esthétiques qui sont la composante de plusieurs sensation ! Quelle est alors la part de la vue et de l'ouie ? ll y a ainsi des plaisirs purs et des plaisirs liés au désir !

Le Beau a de bons effet mais n'est pas le Bien ! Au terme de ce dialogue, Socrate fait le constat que lui et Hippias ont échoué dans une tentative de définition du Beau ! Il y reviendra par la suite dans son oeuvre !

Bien entendu, ce dialogue de Platon mériterait une analyse plus serrée et pointue que dans cet article  - tout comme pour ses autres textes ! Je ne saurais que vous conseiller de vous référer à l'oeuvre et à son appareil critique - quand il y a un dans les éditions - si cela vous intéresse !

Je continue ma lecture estivale des oeuvres de Platon ! Nous aborderons dans très très peu de temps le très court dialogue Ion  !

A bientôt sur l'agora !

Le Grand Hippias - Platon

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