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Lysis - Platon

June 15 2017 Published on #Philosophie

Lysis - ou De l'Amitié - est un dialogue du jeune Platon dont on dit qu'il aurait été écrit du vivant de Socrate. En réalité, il a plus vraisemblablement été écrit plus tardivement car des éléments du système platonicien sont déjà en place ! C'est essentiellement un monologue de Socrate  qui sait captiver son auditoire !

Le texte porte sur les relations d'amitié  - alors teintées en Grèce de pédérastie, ces relations passionnelles et charnelles entre un homme mur et un homme plus jeune qu'il "initiait" et prenait sous son aile. Il est aussi question de la philia, concept pris dans son acception grecque.

Hippothalès éprouve un fort désir amoureux pour son camarade Lysis et va même jusqu'à lui composer des poèmes. Socrate lui dit alors que mettre l'amoureux sur un piédestal n'est pas forcément la meilleur façon de procéder car ainsi l'objet du désir peut vous prendre de haut !

Socrate tente ensuite de définir, dans une relation de philia, qui est l'ami, "celui qui aime, celui qui est aimé ou les deux" ? Il avoue ensuite son espérance de rencontrer un jour un véritable ami, ce qu'il n'a jamais connu. Concernant le problème évoqué à l'instant, Socrate, évinçant le cas de l'amour réciproque, avoue son embarras en énonçant que le terme "ami" ne s'applique à aucun des trois cas envisagés ! Ce qui est très problématique en réalité !

De même, on peut s'interroger de savoir si l'amitié s'établit entre personnes "semblables" ou "opposées" (complémentaire). Un être accompli ne saurait rechercher l'amitié car rien ne lui manque et il se suffit à lui-même !

Ensuite, Socrate pose que l'amitié est le rapport d'un être imparfait - ni bon, ni mauvais - à un être bon - et que le mal ne saurait aimer le bien. Ce qui découle du cheminement de Socrate est que la recherche de l'amitié et du bien comme objet d'amitié provient d'une fuite par rapport au mal.

Au bout du compte, l'objet d'amitié n'est pas aimé pour lui même mais pour autre chose et ainsi de suite dans une récession à l'infini ! A l'infini ? Presque ! Car le moteur premier est l'aversion pour le mal. Toutefois l'amitié subsisterait malgré la disparition du mal car les désirs qui ne s'appuient pas sur la crainte du mal perdureraient et donc l'amitié !

Ce dialogue est très important car il propose en effet une première ébauche de la théorie des Idées - derrière l'amitié, se cache l'Idée de Bien.

A bientôt !

Lysis - Platon

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