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Nouvelles histoires extraordinaires - Edgar A. Poe

December 30 2009 Published on #Littérature XIXéme, #Littérature étrangère, #Fantastique

J'avais déja eu l'occasion d'écrire un billet sur les Histoires extraordinaires de Poe, voici maintenant un article sur un autre recueil dont la traduction est aussi dû à Charles Baudelaire.

Bien sûr, j'aurais pu revenir sur certains aspects biographiques de la vie de l'auteur, son enfance, la mort de ses parents, ses rapports difficiles avec son beau-père Allan, son renvoi de West Point pour indiscipline, sa carrière journalistique, ses écrits théoriques sur l'art de la nouvelle...

Au lieu de cela, je vais présenter très succinctement chaque texte de ce recueil sous une certaine perspective,celle de Thanatos, l'omniprésence de la Mort, du funeste et du morbide dans l’œuvre.

Le Démon de la perversité raconte comment un homme commet un assassinat et finit, poussé par une étrange force, par tout avouer sans même s'en souvenir.

Le Chat Noir
Un individu passe de la souffrance qu'il fait endurer à des chats au meurtre de son épouse qu'il enterre dans la cave, derrière un mur. Mais il est trahi par un animal.

William Wilson est a ranger dans la catégorie de ces textes fantastiques qui traitent du double.

L'Homme des foules
Le narrateur consacre sa journée à suivre un curieux individu à travers la ville.

Le Cœur révélateur
Un nouveau meurtre est commis et comme dans Le démon de la perversité ou Le Chat Noir, le criminel se trahit lui-même!

Bérénice
Un homme viole une sépulture pour s'emparer d'un bien de la défunte. Un texte très connu de Poe. Tout comme le suivant...

La Chute de la Maison Usher
Une histoire à trois protagonistes. Une femme enterrée vivante sort de son caveau. La Maison Usher finira par se fissurer puis s'écrouler.

Le Puit et le Pendule
Un homme, enfermé dans une cellule de l'Inquisition, voit un pendule aiguisé osciller au dessus de lui, le menaçant de sa lame. Un supplice de torture.

Hop-Frog
Un bouffon se joue d'un roi malfaisant lors d'une fête qui se termine mal pour le roi.

La Barrique d'Amontillado reprend et mêle les thèmes de l'emmurement et de l'enterré vivant.

Le Masque de la Mort Rouge
Une fête royale. Une étrange figure fait son apparition funeste tandis que chacun est obsédé par les coups de l'horloge. La Peste en arrière fond.

Le Roi Peste
Encore le thème de la Peste. Deux marins font face à une étrange assemblée dans une nouvelle qui se veut conte loufoque. Tout la panoplie de la danse macabre est présente.

Le Diable dans le Beffroi
La thématique de la Mort est indissociable de celle du Temps. Ici, tout se dérègle ! Un univers clos comme dans la Maison Usher.

Lionnerie : Traité de nosologie - Naseaulogie?
Où l'auteur a du nez!

Quatre bêtes en une se déroule en Syrie durant l'antiquité et met en scène un souverain.

Petite discussion avec une momie
Une nouvelle, qui comme souvent chez Poe, mêle burlesque, dérision et grande érudition. N'est pas sans rappeler l’œuvre de Mary Shelley.

Puissance de la Parole, Colloque entre Monos et Una; Conversation d'Eiros et de Charmion sont des dialogues improbables entre des défunts, des anges? Le dernier texte met en scène la fin du monde, la Mort ultime.

Ombre se déroule durant l'antiquité et met en scène de nouveau la Peste.

Silence est une sorte de parabole biblique.

L'ile de la Fée raconte l'écoulement d'une vie, la fuite du temps, succession d'étés et d'hivers sous une forme allégorique.

Le Portrait Ovale pose la question de l'Art, de la Mimésis, de la vie réelle et de sa représentation, de l'artiste fou et maudit. Le Tout dans un décor à la Ann Radcliffe.

Bref, une étude plus poussée s'imposerait. Les textes sont tous différents mais il est possible de dégager des thématiques communes. Le mieux est de lire soi-même le recueil pour se faire un avis.

A bientôt !

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Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

December 27 2009

Bon entamons maintenant une nouvelle série de 100 billets avec un excellent livre !

Le Cercle peut intriguer par son titre original. Il est l'unique livre écrit par une ancienne bibliothécaire et libraire, Mary-Ann Shaffer, née en 1934, Américaine, et décédée en février 2008, juste après avoir appris que son ouvrage serait publié. Le livre rencontre partout un immense enthousiasme public et critique.
C'est un roman épistolaire. Les lettres des protagonistes s'intègrent dans une construction souple et recherché et on ne peut qu'être frappé par la grande cohérence de l'ensemble, les caractères des personnages et les situations finement élaborés.

C'est l'histoire de Juliet Ashton, jeune écrivain, qui cherche un nouveau sujet de roman au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Londonienne, elle a écrit des billets pour la presse durant le conflit.
Un éleveur de porc de l'ile de Guernesey va entrer en contact par le biais du courrier avec elle car il détient un livre qui lui a appartenu et aimerait en savoir plus sur Charles Lamb, son auteur.
Petit à petit, Juliet va se prendre d'amitié pour le communauté de Guernesey qui pour résister aux difficultés de l'occupation a crée le Cercle littéraire et des amateurs de tourtes aux épluchures de patates de Guernesey.
Il y a Amélia, Dawsey, Eben, Kit, Isola et tout un tas d'autres gens. Et aussi Elisabeth, l'absente, la généreuse, déportée à Ravensbruck. Le livre alterne la description des horreurs de la guerre - mais tout n'est pas blanc ou noir - et un humour incisif qui fait mouche.
Juliet se lie également avec un magnat de la presse mais lui préferera la figure généreuse de l'éleveur de porc.

Bref un roman à offrir pour les fêtes - et à ne surtout pas revendre sur eBay, quelle pratique inqualifiable ! - et l'on peut regretter que ce soit demeuré l'oeuvre unique d'une auteure talentueuse!

A bientôt !

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer & Annie Barrows
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Centième billet !

December 24 2009

Pour ce centième billet,

UN JOYEUX NOEL 2009 A TOUS ET TOUTES !!!

Pour marquer le coup de ce centième billet et aussi du centième fichier publié sur ILV, je mets, sur ILV justement, comme centième fichier, un "petit guide à l'usage de mes nouveaux lecteurs".

voici le lien :
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre27503.html

Et voici l'accroche !

" L’air de rien, cela fait maintenant près d’une centaine de fichiers publiés par mes soins sur inlibroveritas depuis mon inscription en janvier 2007. Certes, il y a des doublons, des textes figurant en solo et dans des recueils et des recueils regroupant des textes inédits mais véritablement un cap est franchi.

J’estime, par ailleurs, que mon style a évolué depuis mes débuts. Et c’est heureux !

J’ai donc décide de guider mes nouveaux lecteurs. En effet, celui qui découvre aujourd’hui ma page sur ILV peut être surpris voir découragé par l’abondance de textes.

C’est pourquoi, j’ai décidé de procéder dans ce petit livret à une présentation, accompagné d’un classement de l’ensemble de mes textes. Des thématiques se dégagent. Si des lecteurs entreprenants veulent par ailleurs se livrer à des analyses en profondeur de mon corpus, j’en serais très heureux et flatté. Mais je m’estime encore débutant dans le domaine de l’écriture alors la postérité attendra§ en tout cas, merci à tous ceux qui ont laissé, laissent et laisseront des commentaires et des notes.

Trois parties dans ce livret :

Tout d’abord, un petit texte autobiographique où je reviens sur mon parcours vis-à-vis de l’écriture.

Ensuite, le classement et les résumés de tous mes textes, recueils, poèmes, chroniques, essais etc. Le gros morçeau ! A lire en priorité pour ceux qui sont perdus.

Enfin, des « dossiers préparatoires et ébauches » concernant une demi-douzaine de textes. Ces documents sont bien sûr incomplets car je prends aussi des notes manuscrites et il existe plusieurs versions sous Word qui n’ont pas toutes été conservées. De plus, je tiens un journal, des carnets de rêves, des carnets de citations, une liste de mes lectures (qui comprend à ce jour, depuis octobre 2005, 270 ouvrages en grande partie des romans - mais pas seulement - dans lesquels je puise la matière !) qui n’ont pas vocations à être publiés.

Voila, bonne lecture à tous !"


A bientôt pour le cent-unième billet qui portera sur "Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" de Mary-Ann Shaffer ! Un coup de coeur comme je n'en avais pas eu depuis "L'élégance du Hérisson" de Muriel Barbery !

Centième billet !
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Comment je vois le monde - Albert Einstein

December 23 2009

Ce blog parle plus particulièrement de littérature mais je ne m'interdit pas de vous présenter des ouvrages scientifiques. Avant Darwin et Claude Bernard, abordons aujourd'hui une série d'articles, de conférences, de lettres, de déclarations diverses de celui qui passe pour le plus grand cerveau du XXème siècle, Albert Einstein.
Comment je vois le monde est un recueil paru dans la collection Le Monde-Flammarion "les textes qui ont changé l'Histoire".

En 1905, à l'âge de 26 ans, Einstein a, par une série d'articles, bouleversé les fondements de la physique; en 1915, il parvient à la première formulation de la théorie de la relativité générale.
Le 7 novembre 1919, le Times annonce "une révolution scientifique. Une nouvelle théorie de l'Univers. Newton détroné."

Dans l'Histoire de la physique, Il y a d'abord Galilée puis Newton et enfin Einstein.
Dans des articles, Einstein expose sa démarche et celles de ses prédecesseurs auxquels il rend hommage : Kepler, Max Planck et la théorie des quanta, Maxwell-Lorentez et l'électromagnétisme, les mathématiques Riemanniennes...
Il reçoit le prix Nobel de Physique en 1921 et se sent dès lors chargé d'une mission de porte-parole, pas seulement des scientifiques. Il s'engage pour le respect des idéaux démocratiques (en pleine montée du nazisme d'où des affrontements avec l'Académie de Prusse -il finira par s'exiler).

Par ailleurs, Einstein se distingue par un sionisme original; il s'engage pour l'établissement des Juifs en Palestine et se montre très sensible au devenir de la cohabitations entre Juifs et Arabes.

L'ouvrage Comment je vois le monde contient cinq parties : Comment je vois le monde, Politique et pacifisme,Lutte contre le national-socialisme, Problèmes juifs et Etudes scientifiques.

Einstein n'était pas seulement un cerveau mais aussi un homme de coeur et de convictions.

Je souhaite un joyeux Noel à tous, et avec une petite pensée en particulier pour les personnes isolées, malades et les sans-abris.

Par ailleurs, j'ouvrirais un troisième blog à caractère scientifique - car c'est ma formation initiale - en juillet 2010!

A bientôt !

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L'Appel de Cthulhu - 6ème édition

December 20 2009 Published on #Jeu de rôle

Aujourd'hui, après la littérature en tout genre, après la bande-dessinée et les séries-télé, je vous parlerais de jeux de rôles.

Je ne rappellerais pas les principes de ce loisir sinon brièvement : un maitre de jeu réunit des joueurs autour d'une table et leur expose des situations qui impliquent les personnages que ceux-ci interprètent (ils disposent de fiches avec les statistiques de ces personnages) et les joueurs doivent collaborer pour résoudre des énigmes, des combats. Il s'agit bien de simulation puisque les actions décrites sont résolus au moyen de jet de dés comparés aux pourcentages de caractéristiques.

Il ne faut pas confondre le jeu de rôle avec le Grandeur-nature, le jeu de carte (tel Magic the Gathering) ou le jeu vidéo encore appelé MMORPG (comme World of Warcraft).

Historiquement, le précurseur des jeux de rôles est "Donjons et dragons" crée en 1974 par Gary Gigax.pour simplifier un mélange entre Le Seigneur des Anneaux et Conan le Barbare.
Un des plus grand succès dans ce domaine est L'Appel de Cthulhu, publié en 1981 par Sandy Petersen d'après les écrits d'Howard Philip Lovecraft, le maitre de l'horreur de Providence.
Basé sur un système de jeu rôdé et efficace, c'est donc un jeu d'ambiance à l'atmosphère oppressante, fondé sur l'horreur indicible des créatures du Mythe de Cthulhu.

Le jeu en est à sa sixième édition, traduite par les très professionnelles Editions Sans-Détour. Citons au passage le site Tentacules.net pour tous les aficionados.
Voici une présentation de la gamme.

D'abord le livre de base qui expose le système de jeu et les bases de l'univers ainsi qu'une campagne pour les débutants : le Ressac de Bryn Cell Dhul. C'est indispensable pour jouer.

Passons aux suppléments !

Il y a la gamme "les secrets de" qui s'attardent sur une ville ou un pays dans les années 1920. Sont parus "les secrets de New-York" qui vous montreront l'état des lieux de Manhattan, Brooklyn, Harlem, à l'époque de la Prohibition. C'est un lieu intéressant car proche du Massachusetts où se déroulent la plupart des nouvelles de Lovecraft.
Il y a ensuite "les secrets de Marrakech" sur le Maroc à l'époque de la guerre du Rif. Rabat et Fez sont également présentées. Un brin d'exotisme donc tout comme dans "les secrets du Kenya" la dernière parution en date. Sont annoncés "les Secrets de San Francisco" et "Miskatonic University".

Vient ensuite un guide spécialisé tout époque "Forensics, Profilers and serial-killers" qui s'adresse à un public averti et comme le titre l'indique se penche sur les techniques criminologiques depuis Sherlock Holmes jusqu'aux Experts. Le chapitre qui présente les serials-killers américains est assez gratiné! Le "Malleus Monstrorum" rassemble lui plus de 300 monstres, divinités et créatures du Mythe.

Parlons enfin des campagnes et scénarios. Sont parus "les oripeaux du Roi" où les personnages doivent empêcher le retour du Roi en Jaune. La campagne débute à Londres et se clôt en Asie.
Une grosse campagne "Par delà les montagnes hallucinées" est annoncé. C'est un sacré morceaux, un périple pensé dans ses moindres détails jusqu'à l’Antarctique. Aussi annoncé "Terreurs de l’au-delà", recueil de scenarii sans liens entre eux.

Voilà un bon jeu, connu de la plupart des rôlistes, voir de tous les vétérans qui permet de passer de bons moments!

A bientôt et joyeuses fêtes !

L'Appel de Cthulhu - 6ème édition
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Héloise et Abélard

December 20 2009 Published on #Moyen-âge

Abélard est un intellectuel du Moyen-Âge et donc, l'un des premiers intellectuels, même si le mot a ici un peu valeur d'anachronisme.

Avant de parler de sa relation tumultueuse avec Héloïse, présentons le personnage brièvement: Né en Bretagne, en 1079, appartenant à la petite noblesse, Pierre Abélard laisse le métier des armes à ses frères et s'oriente vers une vie consacrée aux études. Il deviendra le chevalier de la dialectique. Éveilleur d'idée, il se porte partout où il y a matière à débats et fait naitre des discussions passionnées.

A Paris, il ressent le besoin de démolir les idoles en s'attaquant au plus illustre des maîtres parisiens, Guillaume de Champeaux.

Des problèmes de santé l'amèneront à se retirer en Bretagne. Il revient à Paris et renverse Guillaume de Champeaux et s'établit sur la montagne Sainte-Geneviève.

Il étudie ensuite la théologie, le plus haut niveau de l'enseignement dans cette société dominée par le Christianisme, redevient étudiant à Laon et suit les cours de l'illustre Anselme. Abélard porte alors un jugement cinglant et sans concession sur le vieil érudit.

Abélard traverse la gloire et c'est durant cette période, à la pleine apogée de sa carrière qu'il va rencontrer Héloïse.
L'amour entre Abélard et Héloïse est racontée dans L'Historia Calamitatum - L'Histoire de mes malheurs, sorte de confession.

A 39 ans, Abélard qui n' a connu l'amour qu'a travers les livres d'Ovide, est assailli par le démon de Midi. il s'éprend d’Héloïse, jeune femme de 17 ans hautement cultivée. Abélard prend en main l'éducation de la jeune fille contre le gîte et le couvert. Elle est la nièce d'un confrère, le chanoine Fulbert. L'amour réciproque nait bien vite mais va tourner au drame.

Premier ennui : on les surprend. Abélard doit quitter la maison de l'hôte trompé. Puis, de furtives, leurs relations s'étalent bientôt.

Second ennui : Héloïse est enceinte. Profitant d'une absence de Fulbert, Abélard envoie Héloïse chez sa soeur en Bretagne. Elle met au monde un garçon, prénommé Astrolabe.

Troisième ennui : le problème du mariage. Abélard craint que cela mette un frein à sa carrière, qu'on se glose de lui. Il va pourtant s'y résoudre pour apaiser Fulbert. Les noces ont lieux dans la discrétion, Fulbert y assiste et veut publier le mariage. Abélard, importuné, fait faire retraite à Héloïse au couvent : c'est en réalité un stratagème pour couper court aux racontars.

Fulbert se croit joué. il s'imagine qu'Abélard se débarrasse d’Héloïse en la faisant rentrer dans les ordres, que le mariage est rompu. Il organise une expédition punitive au domicile d'Abélard : mutilation, attroupement le lendemain matin, le scandale.

Ainsi devait se terminer l'histoire des deux amants. La passion intellectuelle va guérir Abélard , devenu eunuque. Il se retire, comme Héloïse, dans une abbaye. Plus tard, il reviendra enseigner et se disputera avec Saint Bernard qui le fera excommunier. Il meurt le 21 avril 1142. Le grand abbé de Cluny lui avait envoyé une absolution écrite et la fera remettre avec délicatesse à Héloïse, abbesse du Paraclet.

A bientôt !

Source : Jacques Le Goff, les Intellectuels au Moyen-Âge

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Socrate, le père de la philosophie

December 13 2009

La connaissance que nous avons de Socrate, on la doit à Platon. en effet, Socrate a la particularité, parmi les philosophes les plus connus, de n'avoir laissé aucun écrit.

Contrairement aux présocratiques (voir le billet sur ce sujet), Socrate est un philosophe sans cosmologie. il ne s'interesse pas à la Nature car il juge que l'on ne peut pas la connaitre. De fait, il resserre son discours sur l'Homme. C'est l'Homme qui est au centre de ses préoccupations.
La méthode de Socrate s'appelle la maieutique, c'est "l'art d'accoucher les esprits", en ayant recours au dialogue et à l'interrogation.
"La seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien." disait le philosophe. En ce sens, le savant, celui qui dit savoir est le plus ignorant des hommes car il ne sait même pas qu'il ne sait rien tandis que l'ignorant sait au moins qu'il ne sait rien. Etrange paradoxe! C'est cela l'ironie socratique.

Socrate sait manier les paradoxes. En voici quelques uns:
- Pour apprendre, il faut déja savoir.
- Il est meilleur de subir l'injustice que de la commettre.
- Le tyran est le moins libre de tous les hommes.

On trouve une allusion à Socrate dans le Gargantua de Rabelais (là encore voir le billet sur ce livre). Platon , qui batira sa philosophie sur la dualité contradictoire du sensible et de l'intelligible, compare Socrate aux silènes, ces petites boites d'aspect hideux (comme Socrate) mais qui renferme des choses précieuses (la sagesse du philosophe).

Quelques mots d'histoire pour terminer. Socrate se donna la mort en absorbant de la cigue après avoir été jugé par Athènes. La cité venait de traverser la Guerre du Péloponnèse (à la fin du Vème siècle avant JC), l'avait perdu contre Sparte et le parti démocratique revenait au pouvoir.
Le procès de Socrate fut un procès politique. On l'accusa de ne pas reconnaitre les dieux de la cité, de vouloir en introduire de nouveaux et de corrompre la jeunesse.
Socrate accepta le jugement et ainsi disparu le plus grand penseur de son temps.

A bientôt !

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L'oeuvre - Emile Zola

December 12 2009 Published on #Littérature XIXéme

Dans l'avant-projet des Rougon-Macquart que Zola remet en 1869 à l'éditeur Lacroix, l'auteur développe le sujet de son "roman sur l'art":
"Un roman qui aura pour cadre le monde artistique et pour héros Claude Dulac, autre enfant du ménage ouvrier. Effet singulier de l'hérédité transmettant le génie à un fils de parents illettrés.Influence nerveuse de la mère."
Le roman est publié en feuilleton dans le Gil-Blas de fin 1885 - début 1886 et en volume cette même année 1886.

Le héros en est Claude Lantier, frère d'Etienne Lantier (le héros de Germinal) et de Jacques Lantier (celui de La Bête humaine).
Zola s'inspire de ses relations avec les peintres, en particulier de son ami Cézanne , pour documenter ce roman. Il s'est fait le défenseur de Manet et des Plein-airistes, qui vont devenir les impressionnistes. Mais par la suite, Zola jugera que ces derniers manquent d'achèvement dans l'éxecutiion de leurs toiles. L'auteur des Rougon-Macquart est aussi l'auteur des Essais sur l'Art, de Mon Salon et de Mes Haines.
On a longtemps vu dans L'oeuvre un roman à clés, ce qui vaudra d'ailleurs une brouille entre Zola et Cézanne, mais en réalité la situation est plus complexe. Par exemple, il y a certes dans Claude un peu de Cézanne mais Cézanne n'est pas un artiste raté comme Claude et il y a aussi dans le peintre héros de L'oeuvre un peu de Zola.

Claude ne veut pas imiter la nature, il veut créer la vie. D'ailleurs,dans le roman, l'oeuvre picturale de Claude est en concurrence avec l'oeuvre de chair du peintre, le petit Jacques qui finira par en mourir.

Claude sombre peu à peu dans la folie et finira par se pendre devant son tableau inachevé, ne laissant aucune toile et une femme éplorée. Ce qui fait dire à Sandoz, l'ami écrivain en qui on reconnait Zola, que c'est le fond de romantisme en lui qui l'a tué.

L"oeuvre, c'est aussi pour Zola l'occasion de peindre Paris ainsi qu'un milieu, celui de l'art, à travers les peintres, les critiques, les modèles, les collectionneurs, les marchands d'art et les salon, l'officiel et le salon des refusés. Tout cela en accord avec la théorie naturaliste.

Pour approfondir, lire l'ouvrage de Belinda Cannone en Foliothèque (n°104) sur le roman de Zola.

A bientôt.

L'oeuvre - Emile Zola
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Histoire de la critique littéraire - les formalistes russes

December 9 2009 Published on #Théories - Etudes littéraires

L'école formaliste russe est née pendant la Première Guerre Mondiale et interrompue par la dictature vers 1930. Elle n'émerge et n' est pleinement connue en Europe occidentale et aux États-Unis qu'avec deux publications fondamentales Russina Formalism de Victor Erlich (1955) et Théories de la littérature, textes des formalistes réunis, présentés et traduits par Tzvetan Todorov (Seuil , 1965).
Au même moment, l’œuvre de Propp et de Jakobson est exposée par Levi-Strauss, un des fondateurs du structuralisme.
Les Essais de linguistique générale de Jakobson voient leur première traduction en français en 1963 par Nicolas Ruwet.
C'est donc la remontée d'un continent englouti!

Au cours de l'hiver 1914 - 1915, des étudiants fondent le Cercle linguistique de Moscou "appelé à promouvoir la linguistique et la poétique". Un premier ouvrage est publié à Petrograd en 1916.

Les principaux membres du groupe ont été Eikhenbaum (1886-1959), Tynianov (1894-1943), Jakobson (1895 -1983), Chklovski (1893 - 1984), Tomachevski (1890 - 1957). Le Cercle de Prague continuera, à partir de 1926, ce que le formalisme russe a eu de meilleur. En 1932, un décret du Comité central du parti Communiste d'URSS dissout tous les groupes littéraires mais toute création littéraire novatrice était déja arrêtée.

La méthode formelle est "une science autonome ayant pour objet la littérature considérée comme série spécifique de faits". Elle rompt donc avec l'esthétisme, la science du Beau, la philosophie et les interprétations psychologiques. Jakobson dit aussi "l'objet de la science littéraire n'est pas la littérature mais la littérarité, ce qui fait d'une œuvre donnée une œuvre littéraire". Les formalistes rompent donc avec l'Histoire (genres, biographies des auteurs...) et s'intéressent à la linguistique.

Dans les années 1960, émergera un courant qui poursuivra et prolongera les travaux des formalistes russes, à savoir le structuralisme, qui s'intéresse au texte et rien qu'au texte.

(Fiche-résumé d'après le chap. 1 de l'ouvrage de J.Y. Tadié: La critique littéraire au XXème siècle chez Pocket - n°179)

A bientôt !

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Vie d'Emile Zola - II - La vie de Bôhème

December 8 2009 Published on #Biographies, #Littérature XIXéme

Intéressons-nous, dans un second temps, aux années qui s'étendent de 1858 à 1862
Emile Zola a dix-huit ans et est à Paris.
Il commence alors une riche correspondance avec ses amis aixois, signe de sa nostalgie de la Provence. On a conservé ses lettres à Baille le Polytechnicien et à Cézanne le peintre.
Ses résultats scolaires, au Lycée Saint-Louis, deviennent décevants, hormis en littérature française, enseignée par Pierre Levasseur, futur historien de renom.
Après un séjour à Aix à l'été 1856, de retour à Paris, il tombe gravement malade (fièvre typhoide peut-être, épisode de sa vie dont il se servira dans La faute de l'abbé Mouret)
Puis il retourne au Lycée Saint-Louis en rhétorique.
En janvier 1859, les Zola déménagent au 241, rue Saint-Jacques, se rapprochant de la banlieue sud.
Le 17 février 1859, il publie des vers en hommage à son père dans La Provence.
Pauvre et à demi-étranger, il n'est pas heureux.
Echec au baccalauréat le 4 août 1859. Il le repasse à Marseille en novembre de la même année et suite à un nouvel échec, il abandonne finalement ses études.

En 1860, son grand-père, Louis Aubert meurt. Le jeune Zola se met en recherche d'un travail.
La protection d'Alexandre Labot, qui l'avait fait entrer au Lycée Saint-Louis, lui vaut un emploi à l'administration des Docks de Paris. Il n'y reste que deux mois!
Il tue son ennui en promenades dominicales à Saint-Cloud, à Vitry, à Vincennes.
Zola a maintenant pour lui seul une mansarde au septième étage du 35 de la rue Saint-Victor où demeure sa famille;
Il y reçoit de nombreux amis : George Pajot, le peintre Chaillan et des provenciaux de Paris comme lui.
Il lit les classique et écrit :poèmes, proverbes, nouvelles (un coup de vent), lettres à Baille et à Cézanne.
Parmi ses lectures : Michelet l'historien, George Sand, Shakespeare. il admire Jean Goujon et Greuze.
Mais sans travail, il doit renoncer à un séjour à Aix prévu à l'automne.

L'hiver 1860 - 1861 est rude. Il s'enfonce dans le spleen et on a peu d'informations sur cette période. Il a une liaison malheureuse avec une fille galante, Berthe (qu'il transposera dans La Confession de Claude, commencée en 1862 et publiée en 1865).
Nouveau déménagement en février 1861, au 24 de la rue Neuve-Saint-Etienne-du-Mont, dans un hôtel garni.
Cézanne, l'ami tant attendu, le rejoint à Paris en avril 1861. Ensemble, ils visitent le Salon de Peinture, les académies.
Zola ne trouve toujours pas d'emploi et son amertume augmente. Toujours des lectures : Molière et Montaigne ainsi que Victor de Laprade. C'est la vie de Bôhème évoquée dans le titre de billet.
Il commence à regarder la Grande Ville et les Paysages, cherchant comme ses amis peintres, le "motif". L'oeuvre ne suit pas l'expérience. Il écrit toujours des vers mais ne corit guère à son talent poétique
Après un nouvel hiver difficile, il se décide à demander la nationalité française; le 7 décembre 1861, à la mairie du Vème arrondissement, en qualité de fils d'étranger, né en France. Un tirage au sort favorable le dégage des obligations militaires.

Le 1er mars 1862, Emile Zola entre à la librairie Hachette comme employé au bureau des expéditions. il est payé cent francs par mois pour faire des paquets. Il passe ensuite au bureau de la publicité.
Là débute son expérience de l'Edition qui fera l'objet du troisième billet sur la "Vie de Zola".
A bientôt.

(Photo : Emile Zola en 1865, à 25 ans donc)

Vie d'Emile Zola - II - La vie de Bôhème
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