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La théorie du chien perché - Marie-Sabine Roger

March 31 2013

Nous allons retrouver aujourd'hui les situations attachantes décrites par Marie-Sabine Roger dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler de La Tête en friche, son roman de 2008.

La théorie du chien perché est le titre d'une nouvelle d'une trentaine de pages qui figure dans le petit recueil du même nom - chez Babel - avec une autre nouvelle : Je suis plein d'autres aussi.

Etienne est le personnage de la première nouvelle cité plus haut et Juliette, celle de la seconde (la première dans l'ordre du recueil).

Comme Germain, le héros de la Tête en friche, Etienne et Juliette sont des déficients mentaux, des idiots ou des autistes. Les récits sont racontés de leurs points de vue.C'est donc à une population que l'on entend jamais que Marie-Sabine Roger donne la parole.

Juliette est une petite-fille, atteinte de TOC et pratiquant maints rituels qui la parasitent (lavages des mains, vérification de l'électricité, etc...) ballotée entre Lucile et Matthieu, sa famille d'accueil, ses parents et un foyer. Juliette entretient une sorte de monologue constant le long de la nouvelle, cultive la pensée magique, réfléchit par néologismes dans un style qui rappelle par moment le parlé orale de la petite de Zazie dans le métro de Queneau.

Bien que ce soit un dialogue permanent d'elle à elle-même dans sa tête, elle ne parvient jamais à se faire comprendre. Pourtant, elle a sa propre logique ! Un drame de l'incommunicabilité ?

Dans sa solitude, Juliette - "mabikette" - se lie d'amitié avec une mamie par le biais d'un livre de contes (on retrouve un thème entre Germain et Margueritte dans le roman de 2008 ci-dessus).

Etienne est un simplet dont la vie va traverser un drame puisqu'il perd succesivement sa mère et son frère. Mais l'"idiot du village" ne se rend compte de rien et regresse, laissé livré à lui-même à l'état d'animal, de chien -homme, de "chiomme" comme il se désigne.

Dans cette situation à la Rousseau, il va développer sa propre forme de réflexion philosophique - il existe une multitude de niches et d'hommes qu'on ne rencontrera jamais, ce qui lui donne une idée de l'infini - et je lance dans une quête du bonheur et en conclut que le bonheur n'arrive que de "bonne heure" et donc il se lève tôt !

A la fin de la nouvelle, Etienne est "sauvé" par son oncle Pierre.

Des personnage attachants, innocents et naifs qui suscitent amour (leurs mamans réelles ou d'adoption) et hostilité (le compagnon de Lucile, Matthieu, le frère Jean) mais qui chez le lecteur ne peuvent que susciter que compassion et sympathie davantage que pitié ! Ce fût mon sentiment en tout cas !

La littérature sublimerait-elle le réel ?

Je vous recommande,cela va de soi, cette lecture -rapide qui plus est et vous dit...

... A bientôt !

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Lost - Saison 6

March 30 2013

L'heure est au dénouement pour la série télé Lost avec sa sixième et ultime saison !

Des réponses seront apportées, des destins vont se nouer, des personnages réapparaitre... Toutefois toutes les questions de cette série qui aime jouer sur les énigmes ne trouveront pas de réponses ! Et une partie des fans s'en offusqueront !

Personnellement, moi, j'aime bien que tout ne soit pas élucidé ! Cela laisse une part au spectateur pour s'approprier la série, y coller sa propre interprétation (voire même écrire quelques fan-fictions ou essais spéculatifs mis en ligne sur le net !).

Les saisons précédentes jouaient sur les flash-backs puis sur les flash-fowards et enfin sur les voyages dans le temps. Dans le même moment, les saisons ne comptaient plus que 14 épisodes ! Dans cette ultime saison, il semble être question de réalité alternative et de dimensions parallèles. En vérité, c'est bien plus compliqué - et simple - que cela ! Nos personnages se retrouveront dans une autre vie !

La saison 6 revient à l'essentiel : la lutte du Bien contre le Mal. Le Bien, c'est Jacob, sorte de figure christique qui veille sur l'Ile - et une mystérieuse Fontaine de Lumière - et la Mal , c'est l'Homme Noir, personnage maudit et corrompu. Spoiler ! C'est lui le monstre de fumée noir et, ce n'est pas un secret, dans ces derniers épisodes, il prend le visage de Locke.

Jacob meurt et l'Ile cherche un nouveau gardien. C'est à l'un des naufragés du Vol Oceanic qu'il revient de lui succéder et d'affronter Locke/ L'Homme Noir !

Et où l'on s'aperçoit que tout était écrit : les Naufragés sont des Elus ou plutôt des "Candidats" !

Enfin, pour être complet, des personnages réapparaissent : Claire Littletown, Charles Widmore et ses sbires, et d'autres finissent mal comme Sayid, Sun et Jin !

Bref, restez jusqu'à la fin et visionnez cette ultime saison en apothéose qui cultive le fantastique !

A bientôt !

Lost - Saison 6
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Loup Solitaire - Tome 1 : Les Maitres des Ténèbres - Joe Dever & Gary Chalk

March 28 2013

Je vais maintenant aborder un secteur particulier de la littérature jeunesse à savoir Les Livres dont vous êtes le Héros, affaire florissante dans les années 1980 à l'initiative de Gallimard et de ses collections Folio Junior.

Pour cela, je parlerias largement de mon expérience personnelle !

Au début des années 1980, Dungeons & Dragons n'avait pas encore percé en France et n'était connu que de quelques étudiants du côté de la faculté de Jussieu qui n'utilisait pour jouer que des livres en anglais non traduits.

Les Livres dont vous êtes le Héros, grand succès en Grande-Bretagne, allaient traversé la Manche dès 1984 et permettre l'émergeance d'une vraie culture rôlistique en France - avant que celle-ci ne prenne un coup dans l'aile avec le jeu de carte Magic, les RPG en jeu vidéo et la campagne de diffamation scandaleuse de Dumas et Pradel !

Pour ma part, je découvrais ma première Histoire à Jouer dans une librairie de la Seine-Et-Marne, il s'agissait du Marais aux Scorpions !

Les Livres dont vous êtes le Héros sont des livres interactifs constitués de paragraphes courts, numérotés et ne se lisant pas dans l'ordre avec à la fin de chaque paragraphe un choix qui vous renvoie à un autre numéro de paragraphe ! Très simple, il y a un système de règles tout aussi simple avec en général deux caractéristiques, Habileté et Endurance, autrement dit capacité d'attaque et Points de Vie. Il vous faut ensuite une feuille de cahier, un crayon, une gomme et deux dés à six faces !

Les aventures se situent généralement dans un cadre médiéval fantastique. Il y aura ensuite des histoires de SF, d'Horreur, dans un cadre historique etc. D'autres collections que chez Folio Junior verront le jour, chez Pocket, chez Hachette etc...

Les titres les plus connus sont ceux de la série Défis Fantastiques de Steve Jackson et Ian Livingstone : Le Sorcier de la Montagne de Feu, le Labyrinthe de la Mort, La Sorcière des Neiges, la Citadelle du Chaos, La Cité des Voleurs, etc...

Mais la série qui m'intéresse ici est une série dont les tomes se suivent et forment un ensemble -ce qui n'est pas le cas des Défis Fantastiques hormis pour quelques tomes ! - il s'agit de Loup Solitaire, scénarisé par Joe Dever et illustré par Gary Chalk (que j'ai rencontré dans les années 1990 dans mon club de jeux de rôle car il possède une maison en Normandie !).

Le tome 1 se nomme Les Maitres des Ténèbres ! Les Forces du Mal ont envahis le Sommerland au nord-est du Magnamund. Les Protecteurs de la Civilisation, les Chevaliers Magna Kai ont été exterminés par surprise dans leur monastère. Vous l'avez compris, il s'agit d'un ordre de moines-guerriers dont vous, Loup Solitaire êtes le dernier représentant. Dans ce volume, votre quête est simple : il s'agit de rallier la capitale, au bout de rencontres pas trop agréables avec l'envahisseur et de rencontrer le roi qui vous confie la tâche d'aller quérir le Glaive de Sommer, objet du tome 2 !

Par la suite, dans la série, vous reconstruiser l'Ordre Kai dont vous devenez le Grand Dirigeant (et oui, il y a un petit côté Star Wars, Luke Skywalker et Jedi !).

Voila, le tome 1 se lit très vite et peu d'ailleurs se jouer sur internet (sur heros.ws). Mais c'est un bon moyen d'attirer les enfants vers la lecture... Je connaissais d'ailleurs un instituteur qui m'achetait mes stocks de Livres dont vous etes le Héros dans une brocante pour éduquer ses élèves !

A bientôt !

Loup Solitaire - Tome 1 : Les Maitres des Ténèbres - Joe Dever & Gary Chalk
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Je me suis bien amusé, merci ! - Stéphane Guillon

March 27 2013

Stéphane Guillon est un humoriste français, portraitiste au vitriol, "mouche du coche" dont les chroniques sur France-Inter ont eu beaucoup de retentissement entre janvier 2008 et juin 2010. Dérangeant le pouvoir du président Sarkozy, il fut victime d'un licenciement abusif et remporta son procès contre Radio France pour ce motif.

Il relate son passage à France Inter, les remous et polémiques, la tension palpable et le lachâge par ses dirigeants dans Je me suis bien amusé, merci !

Réglement de comptes ? Plutôt mise au point contre une manipulation de la vérité dont un certain pouvoir a abusée !

Certes Guillon est caustique. On aime ou on aime pas ses chroniques ! Moi je les aime bien - ce n'est pas toujours forcément très bien vu - mais c'est souvent drôle, incisif et cela dérange : la braguette de DSK, le physique de Martine Aubry, le "nez de fouine" d'Eric Besson ont fait couler beaucoup d'encre durant cette période !

Malheureusement pour Guillon, taxé d'"attaquer sur le physique" - et même par certains d'être antisémite - amalgamé avec Eric Zemmour, pour les nouveaux dirigeants de Radio France, Jean-Luc Hees et de France Inter, Philippe Val, on ne mélange pas "humour et politique"... Pourtant selon moi, à une époque où les ressentiments contre les politiques sont grands, le bouffon du roi constitue une soupape de sécurité et à vouloir le censurer, on risque une vraie révolution !

Depuis la loi organique du 5 mars 2009, le président de la République nomme lui même les présidents de l'audiovisuel français. Stéphane Guillon accuse ouvertement Hees et Val d'être "le doigt sur la couture du pantalon" et la justice ne lui a pas donné tort !

Voilà, je me doute bien là qu'il s'agit d'un livre polémique pour un humoriste polémique. Une fois encore, on aime ou on aime pas !

Néanmoins, voilà bien un livre émouvant d'un homme seul face à la puissance politique qui broie les individus et pour cela on peut reconnaitre que Guillon a fait preuve d'un certain courage ! Moi, j'aime bien ce type !

A bientôt !

Je me suis bien amusé, merci ! - Stéphane Guillon
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Le mythe de Broadway dans les années 1920

March 24 2013

Broadway est un haut lieu des comédies musicales et du théatre. Situé à New-York, cet haut-lieu des arts de la scène était déja au sommet - et peut-être à son apogée -dans les Années Folles : Mae West, Josephine Baker et les Marx Brothers y ont brillé de mille feux ! Petit état des lieux...

Au milieu des années vingt, les théatres de New York établissent un record de pièces jouées (plus de 250) et d'affluence du public. La décennie s'ouvre avec une adaptation d'E. Rice Burroughs et son Tarzan of the Apes (1921). Les metteurs en scène ne reculent alors devant aucun défi puisque cette pièce met en scène de vrais animaux !

Parmi les stars de Broadway, il faut compter avec la langoureuse Mae West qui provoque le scandale en 1926 dans Sex, la pièce qu'elle produit avec Jim Timony et dans laquelle elle se déhanche suggestivement ! Condamnée en 1927 pour indécence, la star n'en rencontre pas moins un succès immédiat. On la reverra dans une apogée encore plus prodigieuse en 1928 avec la pièce Diamond Lil, spectacle écrit et joué par ses soins qui relate la vie d'une femme de couleur dans les années 1890, son premier vrai grand succès à Broadway pour une artiste complète !

D'autres stars incontournables de cette époque et de cette "épopée" sont les Marx Brothers et leurs comédies musicales I'll Say She Is (1924), The Cocoanuts (1925) et Animal Crackers (1928).

Le répertoire joué à Broadway fait montre d'une extrême diversité : adaptations littéraires, drames et comédies...

La pièce Les hommes préfèrent les blondes (1926 - tirée du célèbre roman d'Anita Loos) est restée célèbre. Il faut compter aussi avec la comédie musicale No, No Nanette et sa célèbre chanson populaire Tea for Two (écrite par Vincent Youman et Irving Caesar).

Néanmoins, le spectacle qui eut le plus de retentissement fut sans doute le célèbre Showboat où l'on chante les chansons d'Oscar Hammerstein II et Jérôme Kern (Ol' Man River, Make Believe...). Il y aura plus de 500 représentations de ce show !

Enfin pour être complet, on ne peut passer sous silence la carrière de Joséphine Baker qui, avant la Revue Nègre à Paris (première le 2 octobre 1925) brûla les planches de Broadway dès 1923 dans Shuffle Along, une revue de Harlem ! Miss Baker incarna la femme libérée, eut affaire aux censeurs notamment allemands en février 1929 et les nazis autrichiens l'année précédente à Vienne. On lui reproche là encore de faire preuve d'"indécence publique" !

J'aurais pu m'etendre sur d'autres pièces telles Laugh, Clown, Laugh produit par David Belasco, The Vortex de Noel Coward, Emperor Jones d'Eugène O'Neill ou The Jazz Singer avec George Jessel.

Broadway est alors le phare mondial du music-hall. il faudra attendre 1928 pour voir d'autres villes briller dans le genre avec la première de L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht à Berlin !

A bientôt !

Le mythe de Broadway dans les années 1920
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Les derniers jours de Stefan Zweig - Sorel & Seksik

March 23 2013

La BD Les derniers jours de Stefan Zweig, dessinée par Guillaume Sorel va me permettre de revenir sur la biographie de l'écrivain Autrichien de la première moitié du XXème siècle dont j'ai précédemment critiqué Le Joueur d'échecs. La vie de l'homme illustre est adaptée par Laurent Seksik.

Les dessins sont superbes de type aquarelles, les dialogues sobres et efficaces. Je décerne une mention spéciale aux trois dernières pages où le couple de Stefan et Lotte disparait dans un halo de clarté plutôt qu'engloutis par les ténèbres.

Pour rédiger ce billet, je m'appuie aussi sur le travail d'Isabelle Hauser à la fin de l'édition Le Livre de Poche de la nouvelle de 1943 - posthume - de Zweig.

Stefan Zweig met donc fin à ses jours le 22 février 1942. On a beaucoup écrit sur le sujet et les interprétations de son geste varient : peur de la vieillesse, bipolarité, sans doute mais aussi effondrement morale - horizons bouchés - suite à la défaite des Anglais face aux Japonais à Singapour, échos du génocide des Juifs en Europe par les nazis,maladie - asthme - de Charlotte sa deuxième épouse, sentiment d'être un déraciné... Thomas Mann dira cruellement qu'une fois encore Zweig, qui avait tout, " avait fui"

Dans la BD, on suit Zweig depuis son départ de New-York le 15 août 1941 avec Lotte. Zweig n'aimait pas la Grosse Pomme car la nombreuse communauté des réfugiés l'empéchait de travailler comme il voulait. Les mondanités et le travailleur acharné qu'il était ne s'accordaient guère ! Zweig avait quitté l'Autriche pour Londres en février 1934 auparavant. Ses livres avaient été brûlés par les barbares incultes qu'étaient les nazis l'année précedente lors de leurs tristement célèbres autodafés. D'autres viennois finirent par fuir comme lui , tel fut le cas de Freud.

Au Brésil, Zweig et Lotte s'établissent à Pétropolis dont les fondateurs étaient des allemands. iul vit là tranquillement avec une bonne qui ne parle que le portugais. L'écrivain, nouvelliste et biographe réputé, travaille à son Balzac, mais sa documentation, restée à Londres, ne lui parviendra jamais à cause des sous-marins allemands !

Malgré ce calme apparent, Zweig, qui a fait l'apologie,du suicide dans son Kleist, est un homme de plus en plus miné moralement.

Il fint donc par ce suicidé avec son épouse au Véronal (procédé aussi utilisé par Walter Benjamin à la même époque et pour les mêmes raison !).

La BD revient sur tous ces aspects et sur d'autres. Pour ma part, cela ma donné envie de m'intéresser de plus près à Zweig !

A bientôt !

Les derniers jours de Stefan Zweig - Sorel & Seksik
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Le Joueur d'échecs - Stefan Zweig

March 21 2013

Parlons maintenant de Stefan Zweig, cet illustre écrivain autrichien qui se suicida avec sa femme au Brésil en 1942 parce qu'ayant fuit l'Europe, il ne voyait aucune issue favorable à la guerre pour le Monde Libre !

Je vais vous décrire plus précisément une longue nouvellle - un court roman - de Zweig qui date de 1943 (donc publié à titre posthume) : Le Joueur d'échecs.

La structure de la nouvelle possède la particularité d'être constituée de deux récits enchassés tournant bien évidemment autour du jeu d'échecs et plus précisément des méandres de l'esprit, de la cogitation et de la monomanie.

Ce récit met en scène deux joueurs d'échecs atypiques : le champion du monde, un rustre fils de batelier, arrogant et vénal, inculte mais doué pour cet art du jeu et d'autre part un joueur occasionnel - personnage du récit enchassé - venu à la pratique par la force des choses et conduit à la monomanie.

Ces deux joueurs phénoménaux vont s'affronter à la demande de la bande du narrateur du récit cadre sur le bateau qui les conduit à Buenos Aires.

Le personnage le plus interessant est bien entendu le monomaniaque. Je ne voudrais pas déflorer la surprise de la lecture mais disons seulement que celui-ci séquestré dans une prison de luxe par les nazis mais en total isolement sensoriel va se perdre dans l'imaginaire des échecs et développer sa monomanie.

La partie avec le champion du monde doit lui permettre de savoir si le jeu qu'il pratiqua mentalement seul durant sa captivité est le fruit des errements de son esprit ou bien ancré dans la tradition des échecs. Il se promet de ne pas retomber dans sa drogue et jure de ne jouer qu'une fois.

Mais va-t-il tenir sa parole ou sombrer ? Je vous laisse le soin de le découvrir.

Un récit extrémement bien construit, bien mené, au suspens garantit - le récit enchassé est paradoxalement le plus long - que l'on peut apprécier même si l'on ne joue pas aux échecs - surtout si on ne joue pas aux échecs je dirais même car le jeu a alors une aura de mystère et de légende !

Je suis moins même un ancien joueur occasionnel et bien médiocre aux échecs que je pratiquais au club du collège et suivais les parties des cracks du lycée pendant les intercours !

A bientôt !

PS : La nouvelle fut portée à l'écran en 1960 par le réalisateur allemand Gerd Oswald. Je ne l'ai pas vu.

Le Joueur d'échecs - Stefan Zweig
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Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine de Vigan

March 21 2013

Delphine de Vigan m'avait enthousiasmé avec son merveilleux roman No et moi, l'amitié de deux adolescentes et bien elle récidive avec Rien ne s'oppose à la nuit qui est pour moi ma claque de ce début d'année ! Les lectrices de Elle ne s'y sont pas trompés qui lui ont decerné leur Grand Prix.

Delphine de Vigan dresse un portrait de sa mère tout en pudeur, en finesse et en intelligence à l'occasion du décès de celle-ci. Or Lucile souffrait de maniaco-depression, une maladie où on alterne bouffées délirantes et moments de profond désespoir.

Je vous ai déja parlé de la bipolarité lors du billet sur le livre de Philippe Labro, Tomber sept fois, se relever huit. Il se dit tellement de bétises sur les maladies psychiques dans notre société qui recherche des bouc-emissaires pour soulager son mal-être. Ici, on a un témoignage poignant et juste d'une proche d'une malade et c'est à lire absolument au lieu de porter des jugements fallacieux !

Mais la maladie n'occupe pas tout le roman - mais peut-on parler de roman ? (j'y reviendrais).

La famille Poirier est une famille nombreuse autour de Georges et Liane, les grands-parents de l'auteure. Il y a les enfants : Lisbeth, Barthélémy, Lucile, Antonin, Milo, Jean-Marc, Justine, Violette, Tom. Il y a des réunions de famille animées et joyeuses mais aussi sa part d'ombre. Et que faire contre la nuit et le silence sinon parler et/ou écrire ?

Delphine de Vigan est sans concession. Elle ne cherche pas à enjoliver les choses et on doit saluer son courage. Elle a procédé à un énorme travail de documentation: correspondances, témoignages de la fratrie, journaux intimes, VHS de vacances etc... C'est donc une (auto) biographie mais ce travail comporte aussi sa part de fiction car " la conjonction est aux mots ce que le montage est à l'image". C'est la version de l'auteur sur sa famille, dit-elle !

L'auteure expose notamment ses doutes tout au long du récit sur son entreprise de reconstruction, elle perd le sommeil, procrastine... Le passé résiste !

Bref chapeau Delphine de Vigan pour ce témoignage qui nous laisse K.O. !

A bientôt !

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James Bond 007 - Skyfall

March 14 2013

Il est toujours difficile de reprendre le rôle d'une icone du cinéma populaire, surtout quand ce personnage a été incarné par des acteurs de renom et qu'on est soi-même quasiment inconnu du grand public !

Autant dire que ce n'était pas gagné lorsque le blond Daniel Craig se glissait dans la peau de James Bond après Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton et Pierce Brosnan ! A vrai dire, Craig avait plutôt au départ le physique d'une petite frappe de la mafia russe que d'un espion de carrure internationale !

Pour ma part, pour accentuer mon a-priori négatif, Casino Royal, avec son style loin des gadgets et plus "réaliste" ne m'avait pas du tout convaincu ! A vrai dire, je m'étais même ennuyé ! De plus, il s'agissait d'un "reboot" d'une réécriture et d'une transposition dans les années 2000 des origines - et du mythe - de James Bond !Seul des personnages comme M (Judi Dench) assurent la transition avec l'incarnation précédente, Pierce Brosnan. Beaucoup comme moi ont sans doute été dérouté. Mais cela a plu a beaucoup d'autres !

Je n'avais même pas été voir Quantum of Solace et ne l'ai toujours pas vu à ce jour !

Mais, il me semble que progressivement Daniel Craig entre dans le rôle. Je viens de visionner Skyfall en DVD et c'est une petite merveille ! Peut-être un des meilleurs James Bond de tous les temps, à l'opposé d'un Moonraker et même de Casino Royal !

L'histoire commence par un fiasco. James Bond, laché par sa hiérarchie, échoue à récupérer un disque de donnée qui contient la liste de tous les agents infiltrés de l'OTAN. Pire, James Bond passe pour mort tandis que M et le MI-6 sont l'objet d'une attaque en règle !

James Bond revient des morts et découvre -qu'une fois encore ! - un ancien espion lâché par le service est derrière tout cela ! Sylvain, le méchant du jour est un vrai petit génie de machiavélisme : si son but est de tuer M, on peut dire qu'il approche du but !

J'ai noté que la thématique des catacombres -infestés de rats qui plus est - est très présente dans le film : sous-sol du nouveau QG du MI-6, tunnels du métro londonien, souterrain de la demeure familiale des Bond. On peut y voir une métaphores des secrets de famille des personnages mais j'y vois plutôt - en rapport avec un discours de M devant ses juges - les dangers invisibles incarnés par des individus isolés, les terroristes, et non plus par des nations de la Guerre Froide qui menacent le monde civilisé.

Bon film donc avec une montée en puissance sur la fin: retour sur les terres de la famille Bond, allusions à l'enfance de 007, mort d'un personnage majeur, découverte des origines de MoneyPenny... Du tout bon donc avec une chanson du générique interprétée par Adele récompensée d'un Oscar pour celle-ci !

A voir de toute urgence donc!

A bientôt !

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La Voie - Edgar Morin

March 13 2013

L'Homme, à l'aube du XXIème siècle, est placé en face de grands périls mais aussi de grands défis. La Crise économique et social de 2008, la Crise écologique, plus généralement la Crise de la pensée sont autant le risque pour l'Humanité de régresser voire disparaitre qu'autant la possibilité de tout changer, de se transformer.

En 1989, le Mur de Berlin est tombé et le communisme, incarné par l'Union Soviétique, l'a suivi dans sa chute. Pour autant, vingt ans plus tard, le capitalisme effréné et sa forme néolibérale qui s'est accentuée depuis 1990 arrive lui aussi en bout de course. Il détruit les hommes et la planète !

Le grand mal de notre époque est l'individualisme éprouvé, le mal-être qui alimente le capitalisme via le consumérisme. Edgar Morin - et beaucoup d'autres (Stephane Hessel, Michel Onfray, Bernard Stiegler...) ont saisi cette évolution. On pourrait s'étonner que les choses ne bougent pas. Néanmoins, de plus en plus de citoyens en viennent à s'informer et une prise de conscience générale pourrait s'amorcer !

Edgar Morin est un penseur de notre époque, philosophe en marge de l'institution, paradoxalement nommé membre émérite du CNRS. Il est l'auteur de La Méthode, somme en six volumes dont la principale théorie est celle de la Reliance.

A notre époque, les savoirs sont trop morcelés, les experts trop spécialisés et le citoyen lambda n'a plus accès au savoir. Morin propose une transdisciplinarité féconde qui supporte une "pensée complexe". Parce que le Monde est chaos, il faut le saisir globalement et dans ses parties à la fois en gardant toujours en tête la place des parties dans l'ensemble.

Dans La Voie, le philosophe recense les initiatives isolés des hommes de bonne volontés dans le monde. Fidèle à la pensée complexe, il formule et propose, en s'inspirant de ces initiatives, des débuts de remèdes, des pistes de réformes - que d'autres approfondiront, bref il apporte sa pierre à l'édifice, mais il pose que toutes ses "réformes" doivent se faire conjointements : réforme politique, réforme de vie, réforme économique, réforme écologique, réforme de la consommation... Elles sont en effet interdépendantes. Mais Edgar Morin se garde de toute récupération politique ou de vouloir fonder un parti !

Sur presque 500 pages, Morin expose des pistes et des initiatives. Je ne vais pas me lancer dans un recensement. Cependant, il milite pour plus d'empathie et de solidarité.

Je vous renvoie à la lecture de La Voie !

Dans la lignée de ce livre, Edgar Morin a cosigné un petit livret avec le regretté Stéphane Hessel qui s'intitule le Chemin de l'espérance et fait la fusion de La Voie et Indignez-vous !

A bientôt !

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