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Leçons de sociologie - Emile Durkheim

July 23 2017 Published on #Sociologie, #Essais

Emile Durkheim est le père fondateur de la sociologie française, le terme ayant été des décennies plus tôt inventé par Auguste Comte ! Après la Seconde Guerre mondiale, cette sociologie durkheimienne est tombé en désuétude...

Mais au début du XXème siècle, Emile Durkheim était la figure d'autorité. Les Leçons de sociologie est un ouvrage qui regroupe dix-huit cours dispensés entre 1890 et 1900. Entrons tout de suite dans le vif du sujet !

L'objet d'étude de Durkheim dans ces cours est la morale qu'il classifie en plusieurs sous-catégories de morales ! Il y a la morale individuelle, la morale domestique et la morale civique. Et entre ces morales, il y a la morale professionnelle.

Tout acte social entraîne une conséquence qui est l'adéquation de cet acte avec ce qui est permis ou prohibé ! Les actes individuels sont régis par la pression collective. si dans le cas de la morale civique, c'est toute la société qui fait pression avec ses lois, il y par contre autant de morales professionnelles, il y a la morale industrielle or l'économie et l'industrie se développe du temps de Durkheim, au début du XXème siècle et le sociologue constate que les liens entre les sociétés qui forment le tissus économique sont lâches - au grès des contrats et des affaires. L'auteur a conclut à un relâchement de la morale dans la sphère économique qui contamine la morale individuelle des acteurs.

En résumé, toutes les formes de l'activité sociale ont une discipline sociale qui leur est propre ! La discipline morale empêche l'industrie d'attenter aux intérêts collectifs, la problématique de Durkheim : société contre individus ! Pour Durkheim, la société prime !

La vie économique relève-t'elle de l'anarchie morale ? En rapport avec la "main invisible" d'Adam Smith, d'un monde qui s'autorégule ! Or les fonctions économiques agissent sur le reste de la vie sociale, sur le bonheur de la communauté sociale. Elles peuvent être sources de conflits or la société recherche la paix. L'économie ne serait productive qu'en troublant la paix sociale.

Dans le deuxième cours, Durkheim se livre à un long exposé sur les corporations de métier,  actives au Moyen-âge, abolies à la Révolution française mais remontant en fait à l'Antiquité. Ces corporations avaient, au delà des aspects utilitaires, un caractère unificateur : "une grande fraternité régnait dans leur sein". Ce sont donc des milieux moraux ! Elles fixaient des règles de vie.

A notre époque, dans un troisième cours, Durkheim plaide pour des "corporations nationales" alors que jusque là elles étaient liées à la commune ! Doit-on faire un parallèle avec les !syndicats qui apparaissent au début du XXème siècle ?

Après la morale individuelle, la morale familiale et professionnelle, dans les cours suivants, Durkheim se penche sur la morale civique qui est en rapport avec le groupe politique : l'Etat. Or qu'est-ce qu'une organisation gouvernementale ? Ce n'est pas comme on a pu le croire en lien avec un espace, un territoire, mais c'est en réalité un ensemble qui lie entre eux plusieurs groupes secondaires, des familles, des corps de métier, etc,.  Durkheim réfute en passant le modèle.. de la société patriarcale que rien n'atteste historiquement.

Notre auteur pose ensuite que tout un ensemble de mythes, de légendes, une sorte de "conscience collective" parcourt la société des gouvernés mais que dans le même élan, les gouvernants - l'Etat - génère aussi une pensée, une conscience - dont il est précisément le plus conscient. L'Etat pense et l'administration exécute.

L'Etat est le garant des droits  de l'individu. Il a toutefois, note Durkheim d'autres rôles à remplir ! Le culte de la Cité, en rapport avec le religieux, le besoin pour l'Etat d'accroître son propre prestige est historiquement important ! Mais la vie individuelle a pris de plus en plus d'importance ! Les individus  deviennent des fins et non plus des moyens pour la gloire du collectif ! Culte de la cité et culte de l'individu !

Par ailleurs, l'Etat concentre son action sur l'"intérieur" et délaisse peu à peu l'"extérieur" et la guerre. Une manière de réconcilier patriotisme et cosmopolitisme ?

Durkheim rappelle ensuite la classification des régimes politiques en monarchie,  aristocratie et démocratie - d'après Aristote et aussi Montesquieu qui les classe en fonction du nombre de gouvernants. Le père de la sociologie ajoute qu'en démocratie, le peuple réfléchit sur les décisions des gouvernants, réflexions qui réagissent en retour sur les milieux gouvernementaux - ce qu'on a appelé au XVIIIème siècle, la naissance de l'opinion publique ! C'est ce critère, pour Durkheim, communications entre gouvernants et gouvernés, champ d'action de l'Etat, qui est pertinent plus que le nombre des gouvernants !

L'Etat est capable d'agir parce qu(il a conscience de comment est la société. Et à l'avenir, la sociologie, que fait Durkheim et son école, doit le renseigner pour guider l'action de l'Etat !

La réflexion et l'esprit critique caractérisent les démocraties modernes. Il y a toutefois nécessité d'intermédiaires entre les gouvernants et le peuple - sans interrompre la communication !

Comme intermédiaires, Durkheim pressent une fois de plus les corporations de métier  plus que les collectivités locales ! Il propose un modèle d'organisation politique démocratique ! Ces organes secondaires empêchent en outre l'Etat de tyranniser les individus !

Dans son dixième cours, Durkheim étudie un devoir moral qui ne dépends pas de groupes, ni de la famille, de la corporation, ni de l'Etat : l'interdit de l'homicide ! Je ne m'attarderais pas sur ce point mais disons que l'homicide a régressé à la période moderne car la valeur de l'individu a augmenté et les motifs qui poussaient au meurtre ont reculé car ils étaient liés au sentiment du collectif (défense de la religion,de la nation, de l'honneur d'un clan, etc,...) ou encore liés au "niveau passionnel de la vie publique" !

Puis vient encore un cours sur un autre de ces devoirs moraux "indépendants", celui qui a trait aux attentats contre la propriété - ce qui pose la question de la propriété. Passons...

Trois leçons sont consacré à la propriété qui en montrent notamment le caractère sacré dans l'Antiquité ! Le sol est en effet peuplé de "principes divins" et pour se l'approprier, il faut procéder à une cérémonie sacrificielle qui se reporte sur la périphérie du champ : les termes. Ces principes religieux ne sont que l'expression métaphorique de réalités sociales qui les sous-tendent !

Durkheim termine sur le droit contractuel et repose que le culte de l'individu a à voir avec la propriété ! Et là encore les formules juridiques ne sont qu'un succédané du formalisme religieux. Le contrat est ce qui lie deux volontés. Par la suite, il devient plus flexible, loin du contrat solennel. C'est le contrat consensuel !

Il est ensuite question de morale contractuelle et de droit contractuel - ce qui nous conduit au contrat équitable.

Ces leçons se concluent  en effet sur la dix-huitième leçon qui traite du contrat équitable, établi sans aucune pression manifeste. Il est aussi évoqué en conclusion le problème du déséquilibre entre riches et pauvres, accentué par les héritages. A l'époque moderne, comme l'a montré Tocqueville, le besoin d'égalitarisme est fort et c'est sur cette problématique que Durkheim termine ici ses/ces dix-huit leçons très érudites !

A bientôt !

Leçons de sociologie - Emile Durkheim
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Décoloniser les provinces - Michel Onfray

April 29 2017 Published on #Essais, #Philosophie, #Politique

A l'occasion des Présidentielles 2017, Michel Onfray - un peu graphomane sur les bords (comme moi !) - nous livre trois opuscules sur "l'événement" : d'abord Décoloniser les provinces - une critique du système jacobin qui se perpétue avec tous les candidats, puis ce seront La cour des miracles (Carnet de campagne) - qui sera une chronique, une collection de billets au jour le jour et enfin Zéro de conduite (Carnet du désastre) qui témoignera de l'issue inévitable qui s'annonce difficile quelque soit l'option choisie par les électeurs !

Décoloniser les provinces est sous-titré Contribution aux présidentielles ! Onfray y pratique la parrêsia - le parler vrai - ce qui déplaît à beaucoup de laquais du pouvoir !

L'analyse du philosophe normand repose sur le fait que depuis la Révolution française, les décisionnaires ont privilégié le système jacobin, c'est à dire centralisateur où le pouvoir vient du haut - donc est un peu déconnecté et a aussi des allures monarchiques - sans compter avec une oligarchie de politiciens de métiers !

A rebours de cela, Onfray, lecteur de Proudhon dans sa jeunesse, promeut le communalisme, le pouvoir venu du peuple, des Parlements des Idées, le pouvoir aux communes, selon le système des Girondins, des agoras et des forums - et aussi des mandats impératifs où les élus peuvent être destitués à tout moment si ils ne remplissent par leurs promesses de campagne ! Révolutionnaire !

Onfray pointe aussi que tout l'éventail politique est d'inspiration libérale voire néo-libérale, du PS aux Républicains.  En face, Mélenchon et Le Pen antilibéraux ! Les lignes ont bougés même si tous sont de même plutôt pour l'Europe quoi qu'ils en disent !

Pour sa part, Onfray n'est même plus inscrit sur les listes électorales ! Moi, je m'abstiendrais le 7 mai 2017 au Second Tour - n'étant ni tenté par l'uberisation de Macron où la candidate du FN qui fustige le système alors qu'elle en vit - qui plus est en détournant des millions malhonnêtement, la bourgeoise qui leurre le peuple, et profite du système de père en fille et de tante en nièce !

Voilà un livre intéressant - qui se lit vite - en 2 heures pour moi ! - et qui dresse des propositions ! Même si c'est un peu redondant avec les interventions d'Onfray sur sa Web TV !

A bientôt !

Décoloniser les provinces - Michel Onfray
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Les rites d'interaction - Erving Goffman

January 12 2017 Published on #Essais, #Sociologie

En sociologie, il y a tout un "courant", qu'on appelle l'"interactionnisme symbolique", qui étudie les interactions entre les individus, une sorte de "psychologie sociale" telle que l'a théorisée Herbert George Mead et avant lui le philosophe allemand Georg Simmel !

Erving Goffman (1922 - 1982) est un sociologue américain qui étudie ces interactions, de même que les institutions et leurs fonctionnements, comme les asiles, les prisons, les casernes... Il est un représentant important de la deuxième Ecole de Chicago. D'origine canadienne, il effectua d'abord ses études à Toronto puis obtint son doctorat à Chicago pour un travail sur la vie locale dans les Îles Shetland. Pour réaliser cette première étude, il s'immergea dans les moeurs du pays suivant la méthode de l'"immersion participante", qui caractérises ses travaux.

Les rites d'interaction est un ouvrage de 1974, qui regroupe 5 études de tailles différentes. Goffman, une fois de plus, s'intéresse aux interactions, à ce qui se passe lorsque plusieurs personnes sont en présence et communiquent !

Notre sociologue conçoit par ailleurs la vie et la société comme une scène de théâtre où nous jouons des rôles suivant nos intérêts ! Dans le présent ouvrage, il va montrer tout d'abord qu'il s'agit pour les "acteurs" de ne pas "perdre la face" et analyse les différentes stratégies et phases du processus d'interaction.

Je ne ferais que résumer très vaguement les thèses de ce livre et de les citer - car le propos est complexe ! Ce billet n'est en fait qu'une sommaire introduction aux propos goffmaniens ! Notre auteur analyse les façons dont l'interaction peut se transformer en agression, ainsi que les modalités pour "sauver la face", la figuration, différentes configurations. Le propos lorgne un peu vers la psychologie pourtant on reste dans le cadre de la sociologie !

Dans la deuxième étude, Goffman pose les concepts de tenue et de déférence. Il y est question du statut des interactants, de l'opinion qu'on se fait d'autrui (jugement) et du respect qu'on leur doit ! On évoque aussi le cadre des rapports hiérarchiques. Goffman prends des exemples dans le milieu hospitalier notamment psychiatrique - à relier avec son autre ouvrage Asiles que j'ai aussi lu ! Il est aussi question de relations symétriques et asymétriques...

Par la suite, Goffman se penche sur la question de l'embarras et du détachement !

Puis dans la dernière étude, il part de la théorie des jeux - pile ou face - et ses enjeux qu'il extrapole à d'autres situations sociales - pour amener la notion d'"action" - une situation où on prends des risques et où on affirme notre libre-arbitre ! Il revient sur la sociologie des casinos.

C'est certes théorique mais avec de nombreux exemples, pris dans la vie de tous les jours, dans son expérience, dans des articles de journaux, dans la littérature - car tout est matière pour le sociologue !

Voilà, je m'excuse encore une fois d'être très vague mais reviendrais plus en détail dans l'avenir sur ces concepts et notions car suivant aussi un parcours d'études de sociologie - avec ma philo ! - j'aurais l'occasion d'en reparler seulement, ce blog n'est aujourd'hui pas le lieu pour cela !

Allez faire un tour sur mon compte inlibroveritas - nom Sylvain RICHARD !

A bientôt !

Les rites d'interaction - Erving Goffman
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La méthode - Tome 1 : La Nature de la Nature - Edgar Morin

September 19 2016 Published on #Essais, #Sciences, #Philosophie, #Coups de coeur

J'avais déjà eu l'occasion il y a longtemps de vous parler d'Edgar Morin à travers notamment son livre-manifeste, La Voie. Nous allons, à partir d'aujourd'hui, revenir sur chacun des six tomes de La méthode, sa grande oeuvre - avec aujourd'hui le premier volume : "La Nature de la Nature" !

Auparavant, dit Edgar Morin, l'univers était pensé comme un mécanisme d’horlogerie (Copernic, Newton), puis le chaos et le désordre firent leurs apparitions ! Ce sont les Lois de la Thermodynamique, la physique quantique, le concept de Big Bang ! Il se dégage au bout du compte que, contrairement à ce que l'on a d'abord pensé, l'ordre est l'exception !

Morin a bâti son œuvre autour de l'idée de "Pensée complexe" ! Dans cette optique qui pense les contradictions et les contraires, ordre et chaos s'articulent. L'ordre naît du désordre : collisions, "rencontres" permises par le bouillonnement chaotique ! De plus, l'ordre se régénère ! De l'atome, on passe à la molécule puis à la vie, aux sociétés et enfin aux idées : complexification donc !

De plus, la position de l'observateur nous place dans l'incertitude. Or depuis la "révolution copernicienne" opérée par Emmanuel Kant, la science s'est déplacée de l'objet vers le sujet !

Morin pense ensuite les "systèmes" : des systèmes atomiques au système social ! Là apparaît la notion d'organisation. Tous ces différents systèmes sont encastrés : le tout et les parties, avec son lot d'émergences et de contraintes ! Il existe même, ainsi, des "systèmes de systèmes" !

On a deux écoles de pensées, bien connues en sociologie par ailleurs, le "holisme" (Aristote) et le "réductionnisme" (Descartes) . On théorise selon différentes perspectives en effet ! Le "système" est aussi une "classification" de l'intellect. Il faut penser une nouvelle méthode qui pense les oppositions !

Par ailleurs, le système est en équilibre : organisation et désorganisation entre lesquelles il oscille ! Mais aussi régénération et dégradation, naissance et mort !

Il faut de plus penser l'action - par laquelle opère le système ! On a d'une part "praxis" (production) et "poesis" (création).

Descartes a pensé l'être-machine - et la dualité du corps et de l'esprit/âme ! Morin reprends cette thématique et théorise les machines : machines physiques (soleils par exemple !) et machines vivantes mais aussi mégamachines sociales et ses prothèses : les machines artificielles qui ne se régénèrent pas et qu'on a établit en parfait modèle de la machine ! Or il faut dépasser ce paradigme de la machine artificielle comme modèle car elle constitue en réalité une exception à partir de laquelle on a tort de penser ! La machine artificielle a de l'être mais pas de soi !

La rétroaction, la récursivité, le lien avec la régénération, le soi comme état stationnaire sont des caractéristiques des machines mais qui ne sont pas présentes chez les machines artificielles. Chez ces dernières, ce qui est régulé, c'est le fonctionnement et elles sont régénérés depuis l'extérieur (techniciens). A contrario, on a l'homéostasie des êtres vivants !Il s'agit de lier machine et idée de soi !

On a, de plus les systèmes ouverts et les systèmes fermés - chers à la thermodynamique, ce qui permet à Morin d'aborder des concepts comme l'entropie et l'information. Chaleur et dégradation ! Or les systèmes clôts n'existent pas ! Il y a toujours ouverture et fermeture ! Et aussi une dépendance écologique à l'environnement, même si les êtres vivants ont une autonomie de comportement.

Morin aborde ensuite longuement les problématiques de l'information. Il y a des rétrocontrôles négatifs (feedback) qui éliminent les déviances et des rétrocontrôles positifs qui relancent la poesis.

Le penseur de La méthode aborde aussi la question du temps dont il dit que le temps linéaire disparaîtra au profit d'un temps circulaire qui régnera - "éternel retour" du vivant notamment ! Pas vraiment ! Car si la vie est REcommencement, REproduction et REgénération, des changements apparaissent de manière subtile (mutations génétique).

Qui dit information, dit cybernétique ! Parmi les autres idées que Morin pose, il y a cette formulation de "formes tourbillonnaires" -métastables, dirait Bernard Stiegler ! Et avec la cybernétique, il existe des appareils" régulateurs" qui introduisent le concept d'asservissement ! L'Homme asservit la force de la Nature : le feu puis la forge, le moulin à vent et à eau, l'ère industrielle, la machine à vapeur, le nucléaire... Il y a un réel risque de technocratisation et de plaquer la pensée de l'ingénieur sur tout le social ! Il y a de plus une opposition entre finalité "vitaliste" et une finalité venue de la cybernétique, une finalité machiniste !

Morin établit qu'il existe une boucle épistémologique : physique/ biologie/ anthropo-sociologie dont les relations conduisent au besoin d'utiliser la Pensée complexe ! De même, le concept d’énergie émerge au XIXème siècle propre à l'industrialisation et déploie la mythologie de l'homme. On enlèves les âmes, les génies, les dieux comme principes générateurs et explicatifs pour se reposer sur la Science ! Penser mythique, puis théologique puis rationnelle !

Est ensuite introduit la notion d'organisation - avec celle de Néguentropie et toujours celle d'information ! Par exemple, entropie et dégradation des protéines sont régulées et corrigées par le caractère informationnel des gènes et de l'ADN ! Vie et mort sont étroitement mélés - voire le phénomène de mort cellulaire ou apoptose ou encore se reporter à la citation bien connue d'Héraclite : "vivre de mort, mourir de vie." ! Le Ying et le Yang en d'autres termes. Les êtres vivants sont des machines néguentropiques, qui se dégradent et se régénèrent, des formes particulières de la néguentropie !

L'auteur de ce tome 1 de la Pensée complexe montre ensuite les rapports entre matière/énergie et information, cette dernière étant un "caméléon conceptuel" ! Il y a quantité d'information qui est inférieure en importante à l'organisation de cette information. Le code génétique porté par l'ADN est un concept anthropomorphe qui engage l'humain ! Et puis, il y a la notion de programme - génétique notamment - qui est une notion issue des machines.

Dans le domaines des comparaisons douteuse, il y a celle du cerveau et de l'ordinateur dont on peut établir que celui-là n'est aucunement celui-ci ! Le cerveau n'est en effet pas digital mais analogique !

Vers la fin de l'ouvrage, Edgar Morin décrit les processus longs : apparition de la vie, sélection et adaptation du vivant, et là encore pensés dans le cadre organisation et information, couplage avec le codage par l'ADN et aussi de multiples rétroactions !

Voilà, j'ai essayé de synthétiser différents aspects de ce tome 1 : "La Nature de la Nature" de cette méthode ! Il y aurait beaucoup à dire encore ! A n'en pas douter voilà un ouvrage - une série d'ouvrages ! - très riche(s) et qui font autorité parmi leurs émules ! Une œuvre très riche et détaillée qui se veut refondatrice du savoir !

On se donne rendez-vous prochainement pour le Tome 2 : "La Vie de la Vie" !

A bientôt !

La méthode - Tome 1 : La Nature de la Nature - Edgar Morin
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En France - Florence Aubenas

December 6 2015 Published on #Essais

Florence Aubenas est grand reporter au Monde, a publié sur l'Affaire d'Outreau et sur les travailleurs précaires. Vous pouvez retrouver sur ce blog mon billet sur Le quai de Ouistreham, chronique de 2010 qui a remporté un vif succès !

En France est une chronique où la journaliste croque des tranches de vies tout en s'effaçant. Ces récits lorgnent un peu vers le roman. L'auteur témoigne d'une certaine affection pour ses sujets voire d'une forme de tendresse !

On retrouve, dans ces chroniques, les travailleurs précaires, la "France d'en-bas" dont Aubenas semble s'être fait la porte-parole. On y croise des habitants de cités HLM, des chômeurs, des agents de la CAF, des jeunes, des vieux, des dealers, des politiques etc...

Les événements couvrent la période 2012 - 2014 et s'organisent en trois parties.

La première section s'intitule "En Campagne" et revient sur les municipales de 2014. Des Français déboussolés, gagnés par la Crise, déçus de Sarkozy, le président "Bling- Bling" tout autant que par Hollande, le président "Normal" et qui se tournent, exaspérés des partis "classiques", usés par le pouvoir et gagné par la corruption, vers le FN, autre formation qui n'a rien à envier à l'UMP et au PS en manière de magouilles, parti raciste qui plus est et qui supprime des subventions !

Il est donc question de Hénin-Beaumont, de la misère mais aussi des Manifs contre le Mariage pour Tous !

La seconde partie se nomme "Au Camping" et s'attarde sur les campings sauvages, en Camargue, à Piémanson, un mode de vie peut-être condamné fait d'astuces, d'illégalité et de débrouilles !

La dernière partie concerne la "Jeunesse française", parle des intérimaires, du voile islamique, des jeunes en décrochage scolaire, de la drogue etc...

Un livre qui se lit vite, agréable où on ne voit jamais la figure du reporter ce qui me pousse à m'interroger sur sa place dans le cadre et dans quelle mesure elle pourrait "broder" ! Pas vraiment une analyse, une certaine neutralité...

Assez intéressant au final !

A bientôt !

En France - Florence Aubenas
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A nous de jouer ! - Stéphane Hessel

March 17 2014 Published on #Essais

On commence avec ce 701ème billet une nouvelle centaine d'article et cette fois nous allons revenir sur Stéphane Hessel dont j'ai déjà commenté ici l'opus Indignez-vous ! en janvier 2011 !

Depuis, Stéphane Hessel est malheureusement décédé le 27 février 2013 à 95 ans. Il a eu une vie riche et a conservé un optimisme dans l'humanité jusqu'au bout malgré la Crise économique que nous connaissons depuis 2008. C'est dans ce contexte qu'il a commis son texte de 30 pages fin 2010 qui a mené aux manifestations des Indignés et peut-être dans une certaine mesure au Printemps Arabe !

Hessel a aussi associé sa pensée à d'autres notamment à Edgar Morin, l'auteur de La Voie qui invite à repenser le monde, à bâtir des outils conceptuels nouveaux et à envisager la complexité !

Dans A nous de jouer ! Hessel réaffirme aussi bien la nécessité et le besoin de tout un chacun - en particulier les jeunes, les victimes du chômage - de s'engager, dans les ONG, dans les Partis politiques (davantage de gauche il est vrai !) bref dans des initiatives individuelles qui cumulées feront les grandes forces ! Mais il affirme aussi la nécessité d'une organisme supranational - à l'image de l'ONU auquel Hessel a été un participant en 1948 dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. enfin, Hessel place la dignité en avant ainsi que la compassion.

Ce livre, A nous de jouer ! contient de nouveaux plaidoyer d'Hessel mais aussi une conférence à Zurich en octobre 2011 suivi d'entretiens avec le journaliste André Marty qui fournit un excellent travail. Il est question de néolibéralisme, de la Crise, des inégalités riches/pauvres, du choc des cultures -notamment notre attitude d'incompréhension face à l'Islam - de l'apport de ces autres cultures, de la non-violence à l'image de Gandhi ou de Mandela, des défis écologiques, du problème épineux de la Palestine et de l'attitude d'Israel !

Un petit livre de réflexion qui devra susciter des réactions chez le lecteur. L'essentiel du chemin est encore à faire mais comme le dit Hessel, "nous ne pouvons faire autrement que d'aller vers l'avant sinon nous allons dans le mur" !

Reposez en paix monsieur Hessel, vous serez entendu !

A bientôt !

A nous de jouer ! - Stéphane Hessel
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Variété I et II - Paul Valéry

March 7 2010 Published on #Essais

Je viens juste de terminer, il y a peu, la lecture de deux essais de Paul Valéry, Variété I et II. Plutôt que de détailler ces textes, qui n'ont à l'origine pas été pensés comme des ensembles mais sont constitués de préfaces, de conférences, de lettres, je vais davantage m'attarder sur leur auteur, une figure marquante, un grand penseur, intéressé par tout ce qui touchait à l'esprit, de la première moitié du XXème siècle.

" Civilisations, rappelez-vous que vous êtes mortelles!" C'est en ces mots que Paul Valéry dresse un bilan de la situation de l'Europe au sortir de la Grande Guerre. Il constate une crise intellectuelle à cette période. Depuis la fameuse Nuit de Gênes, Paul Valéry est en proie à une crise que l'on pourrait qualifier par défaut d'existentielle. Dès lors, il cesse d'écrire de la poésie -il n'a pas réussit à tuer le Maitre dans ce domaine, à savoir Mallarmé qu'il admirait. Il n'en écrira plus de sitôt, sauf plus tard quand il retravaillera ses poèmes de jeunesse à la demande de Gide.
Il se tourne vers la vie méditative. Durant la majeur partie de son existence, il consacrera ses matinées à consigner ses réflexions dans ses Carnets, un corpus de plus de 22000 pages où il analyse les mécanismes de la pensée alors qu'au même moment Freud élabore la psychanalyse (mais elle ne percera en France que dans les années 20 et 30).

Paul Valéry est un philosophe du XXème siècle incontournable au même titre que Sartre, Camus, Derrida, Foucault ou Deleuze.

Dans Variété II, il expose la Situation de Baudelaire, le considère comme un classique par rapport au romantisme, plus réfléchi, plus aboutit. Parce que l'auteur des Fleurs du Mal a une œuvre plus restreinte que Victor Hugo, il se doit de concentrer ses effort. Baudelaire est un poète de haute position car il; est aussi un excellent critique d'art et le traducteur de Poe dont les théories littéraires de l'effet recherché l'ont marqué. Ceci pose la question de la critique d'auteur. Quand Valéry parle de Baudelaire ou de Stendhal, il envisage ces auteurs selon des thématiques qui le concerne lui, telle la question de l'esprit.

Enfin, je l'ai déja dit, Valéry vouait une admiration immense à Stéphane Mallarmé. L'auteur de coup de dés est pour lui le Maitre de la poésie pure. La poésie tendrait en effet, selon Valéry, vers plus de pureté, de manière asymptotique. La poésie, non plus comme porteuse de message mais comme forme pure comme langage en elle-même. Elle est un peu au langage quotidien ce que la danse est à la marche.

Voila, on pourrait en dire davantage sur cette figure fascinante qu'est Valéry mais je m’arrêterais là pour l'instant.

A bientôt !

Variété I et II - Paul Valéry
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Pourquoi la fiction? - Jean-Marie Schaeffer

February 26 2010 Published on #Essais

"Jamais l'humanité n'a consommé autant de fictions que de nos jours et jamais elle n'a disposé d'autant de techniques différentes pour étancher cette soif d'univers imaginaires."
Parmi ces techniques, citons le roman, la BD, le cinéma, la télévision, le jeu vidéo...

Toutefois la fiction -la mimésis d'Aristote - est la proie de soupçons. N'est-elle pas vaine, voir dangereuse?
Depuis Platon, les antimimétiques accusent la fiction de mettre en avant des exemples que l'on ne doit pas imiter, d'exalter le vice et aussi de ne pas être un moyen pour accéder à la connaissance, une source de savoir à l'instar de l'étude.
Ce débat se prolonge de nos jours dans les accusations que l'on porte sur les jeux vidéo en réseau - les MMORPG - soupçonnés de couper les ados de la réalité et de promouvoir la violence.
Déjà, des siècles plus tôt, on accusait la lecture de romans de n'être pas une activité convenable pour les jeunes filles.
Puis, il n'y a pas si longtemps les griefs contre certains programmes pour la jeunesse.

Dans son livre, Jean-Marie Schaeffer défend la fiction contre les antimimétiques. Après avoir posé la problématique et analyser les différents types de dispositifs fictionnels, du leurre mimétique - mimicry - a support biologique (les couleurs du caméléon, les ailes des papillons...), aux plus élaborés des processus en évoquant aussi la feintise ludique propre aux enfants,l'auteur aborde la question de la finalité, de l'utilité de la fiction.

La mimésis implique imiter, feindre, représenter et connaitre.

Que l'on songe à Don Quichotte ou à Emma Bovary, et l'on jugera encore la mauvaise presse dont à jouis le roman dans le passé.

Je ne déflorerais pas ici l'argumentation de l'auteur. C'est un ouvrage érudit et pointu que voila, parfois difficile à appréhender, faisant appel à des notions de sciences, de psychologie, cinéphiliques, littéraires, en arts du spectacle. Je vous invite à le lire si les questions sur l'art vous importe, la littérature romanesque, théâtrale comme le genre cinématographique.

Schaeffer démontre entre autre que notre aptitude à accepter la fiction dépend des jeux de feintise ludique et que ce n'est pas le trop plein d’imagination qui est néfaste mais le contraire.
En effet, l'imagination, encadrée par la raison, peut être source d'enseignement. Elle permet d'anticiper les situations inédites.

C'est aussi l'éternelle question : la littérature est-elle ouverture sur le monde ou repliement sur soi ?

Enfin, deux autres lectures complémentaires :
J. Bruner; Pourquoi nous racontons-nous des histoires? Editions Retz
C. Bourday; Qu'est-ce que l'imagination? Vrin

A bientôt !

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Les Jardiniers de la folie - Edouard Zarifian

December 20 2008 Published on #Sciences, #Essais, #Coups de coeur

Nous allons maintenant aborder un ouvrage de médecine/psychiatrie d'un éminent professeur et praticien hospitalier dans ce domaine, Edouard Zarifian, disparu en 2007 - et que, par ailleurs, j'ai eu l'occasion d'approcher - parce que j'ai fait un burn-out à un moment de ma vie et qu'il vivait  à Ouistreham, par chez moi ! Ce livre s'appelle Les Jardiniers de la folie, paru chez Odile Jacob !

Edouard Zarifian est un psychiatre qui, du haut de sa grande expérience, se montre très critique à l'égard du système de soin en santé mentale  - où on supprime aussi des lits comme dans les autres secteurs médicaux  - et il est d'autre part très sensible à la souffrance des malades et de leurs familles !

En 1996, il fut nommé par le ministère de la santé en charge d'une étude sur la consommation de psychotrope en France. Il pointe un fait bien connu depuis : à savoir une surconsommation !

La folie dérange, elle effraie, interpelle... Chacun sera confronté au moins une fois dans sa vie à la pathologie mentale - pour un proche, sinon pour lui-même ! Mais qui sont ceux que l'on qualifie de "fous" - terme qui n'a pas de sens de nos jours !? Zarifian démolit un certain nombre de clichés !

il faut dire que les médias n'aident pas et font leur gros titre sur les "fous criminels" ! Cela fait vendre du papier mais ne reflète pas la réalité ! Il n'y a proportionnellement pas plus de gens dangereux parmi les malades psychiques que dans la population générale ! Il y aurait même tendance à y en avoir moins ! Seulement, "évidemment" lorsque ce que l'on appelle un "acte médico-légal" est commis, c'est plus spectaculaire du fait de la "décompensation psychotique" !

Dans les faits, les "fous" sont plus des victimes qui en plus de souffrir d'une pathologie, sont "étiquetés", casernés dans des foyers, envoyés dans des ESAT/CAT qui sont autant de voies de garage ! J'en sais quelques chose !

Le bon professeur insiste sur l'approche actuelle de la psychiatrie qui est organique à l'heure des neurosciences ! Là encore, je connais car j'ai une maîtrise de neurosciences en formation initiale ! On veut tout expliquer par un déterminisme biologique - qui nie toute marge de manoeuvre au malade ! Les diagnostics tombent comme des couperets et on vit ensuite avec une Epée de Damoclès ! En réalité, on ne sait pas trop comment fonctionnent ces maladies ni comment les médicaments agissent !

Sans recourir au domaine de la psychanalyse, qui concerne plus le traitement des névroses, Zarifian plaide pour plus d'empathie avec le malade, l'écoute, la main tendue, la confiance avec le soignant et la compassion !

Enfin, le "cas" de l'industrie/lobby pharmaceutique est évoqué qui fait des fortunes sur le malheur des gens ! Les aberrations du DSM-IV sont connues ! On a tendance à trop privilégié la médication même si il faut reconnaître qu'en psychiatrie, les neuroleptiques ont été un progrès mais ils ne suffisent pas et ne remplacent pas la verbalisation !

Le suivi psychologique est aussi important que la médication ! La société et le système hospitalier ont de graves lacunes dans certains domaines mais les choses se sont améliorées un temps en 2002 avec une nouvelle loi.

Le livre de Zarifian montre que des psychiatres ont une bonne expertise/évaluation de la situation ! Dommage qu'à l'époque, 1993, les subordonnés de Zarifian n'appliquent pas ses théories dans le propre hôpital dont il était directeur ! Mais on progresse...

A bientôt !

Les Jardiniers de la folie - Edouard Zarifian
Les Jardiniers de la folie - Edouard Zarifian
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