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Posts with #litterature xixeme tag

L'Homme au sable - E.T.A. Hoffmann

April 14 2017 Published on #Fantastique, #Littérature XIXéme, #Littérature étrangère

Si on veut remonter aux origines de la littérature fantastique, on doit passer par Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley mais il y a une autre référence reconnu, ce sont les contes d'E.T.A. Hoffmann !

L'Homme au sable est un récit de 1817, paru à l'origine dans le recueil des Contes nocturnes. Une certaine lecture freudienne peut s'appliquer aux récits fantastiques et en particulier à L'Homme au sable. Ces histoires reposent d'une part sur ce que le psychiatre viennois  appelait "L'inquiètante étrangeté" où quand les éléments du quotidien prennent une teinte inhabituelle ! Mais d'autre part, il y  ale traumatisme dans l'enfance du héros du récit, le très tourmenté Nathanaël !

L'Homme au sable est donc un conte ! Nathanaël a été marqué dans l'enfance par l'avocat Coppelius, un ami de son père auquel il attribue la mort de ce dernier ! Le jeune homme identifie de plus l'homme de loi à l'Homme au sable, une sorte de croquemitaine qui menace de lui arracher les yeux !

L'angoisse du principal protagoniste de ce conte resurgit lorsqu'il voit arriver en ville l'opticien ambulant du nom de Coppola qu'il confond avec Coppelius.

Se faisant voyeur, Nathanaêl achète une longue-vue à Coppola pour épier Olympia, la fille de son professeur de physique, Spalanzani dans la maison d'en-face.

On voit ici l'importance du regard - qui évalue le monde - et des apparences ! Olympia est en réalité un automate conçu par Spalanzani avec l'aide de Coppelius ! La folie guette Nathanaël et seule Clara, sa fiancée, pourrait le ramener à la raison !

L'intrigue est assez alambiquée et compliquée me direz-vous ! Je trouve aussi ! Mais c'est sans doute pour faire partager au lecteur la confusion du héros du récit !

Il est donc aussi question d'alchimie et de la fascination pour les automates !

J'ai étudié, pour ma part, ce texte en études littéraires, en littérature comparée et avait même produit un exposé dessus - qui doit encore traîner quelque part ? Du côté d'inlibroveritas !

A bientôt !

L'Homme au sable - E.T.A. Hoffmann
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Bouvard et Pécuchet - Gustave Flaubert

May 6 2016 Published on #Littérature XIXéme, #Coups de coeur

Gustave Flaubert avait un fort tempérament et il ne craignait pas de s'attaquer à, de dénoncer la bêtise de ses contemporains. Bouvard et Pécuchet est un roman inachevé de sa plume paru à titre posthume en 1881.

Ce livre, c'est la rencontre de deux promeneurs par un beau dimanche d'été près d'un canal ! Ils ont des traits communs - ce sont deux copistes - et les deux vont aussitôt se trouver des affinités et décider de partir se retirer à la campagne !

Mais que vont-ils y faire ? Et bien, œuvrer pour la science et la connaissance en bons autodidactes ! Le problème, c'est que ce sont des autodidactes bornés et sans méthodes !

Nos deux "héros" se lancent en effet à corps perdu dans des ouvrages de vulgarisation - c'est l'époque des premières universités populaires ! - et glanent des informations de çi de là ! Ils vont successivement aborder tous les domaines : agriculture, médecine, sciences diverses, littérature, politique, archéologie, astronomie,etc - la liste est longue - mais avec à chaque fois le même résultat : ils ne retiennent et ne comprennent rien faute de recul et se montre de parfaits crétins ! Leur formation est trop superficielle en effet !

C'est donc en quelque sorte à, une critique du pédantisme et aux opinions courantes que se livre Flaubert qui pour rédiger Bouvard et Pécuchet a lui-même feuilleter plus d'un millier d'ouvrages !

Le roman est suivi de l'excellent Dictionnaire des idées reçues qui comme son nom l'indique s'attaque à quelques poncifs et les tourne en dérision ! Indéniablement, Flaubert avait le sens de la répartie et de la dérision !

Flaubert est décidément un excellent auteur - un classique de plus ! - que je vous recommande tout aussi décidément fortement !

A bientôt !

Bouvard et Pécuchet - Gustave Flaubert
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La Guerre des mondes - H. G. Wells

April 8 2016 Published on #Science-fiction, #Littérature XIXéme, #Coups de coeur

H.G. Wells est, avec Jules Verne, un des "grand-pères" de la science-fiction moderne. Il est né le 21 septembre 1866, à Bromley dans le Kent au Royaume-Uni et mort le 13 août 1946 à Londres. Outre ses récits d'anticipation : La machine à remonter le temps, L'île du docteur Moreau et L'Homme invisible, H. G. Wells réalisa des ouvrages de vulgarisation, des essais sur l'éducation et s'intéressait à la condition des plus pauvres en Angleterre.

La Guerre des mondes est un roman de SF de 1898 qui s'est développé dans le contexte d'un débat scientifique sur la découverte de "canaux" sur Mars. Le livre est aussi imprégné de l'esprit de conquête, de domination et du colonialisme de l'époque !

1894 : des astronomes sont témoins d'étranges activités sur la planète Mars. En réalité, de gigantesques canons sont en train d'expédier des cylindres vers la Terre ! Le premier s'écrase en Angleterre, dans la Surrey, provoque d'abord la curiosité puis l'effroi lorsque des tripodes en sortent. Les machines de guerre martiennes vont tout dévaster sur leur passage avec leur rayon de la mort et leur brume létale. La marine britannique ainsi que l'armée sont vite mises en déroute.

Très vite, les hommes n'ont plus rien à quoi se raccrocher et sombrent dans la folie ! Même la religion ne les protège plus ! C'est finalement un ennemi invisible qui aura raison des Martiens !

Le roman La Guerre des mondes est un grand classique du genre qui a donné lieu à pléthores d'adaptations : à la radio, en bande-dessinées, au cinéma ! Parlons des plus marquantes !

La Guerre des mondes fut donc aussi une émission radio, diffusée le 30 octobre 1938 sur le réseau CBS aux Etats-Unis, écrite et racontée par Orson Welles.

L'émission restera marquante car elle aurait causé un vent de panique à travers les États-Unis, des dizaines de milliers d'auditeurs croyant qu'il s'agissait d'un bulletin d'informations et qu'une attaque extraterrestre était en cours. Mais il s'agit d'une légende forgée par les journaux de l'époque et encore davantage exagérée au fil du temps.

Des adaptations ciné furent aussi produites ! Je ne m'attarderais pas dessus ici - car leur consacrerait probablement des articles dédiés un jour ! On a le film de 1953, La Guerre des mondes de Byron Haskin et enfin le War of The World de Steven Spielberg en 2005 avec son acteur fétiche, Tom Cruise !

Vous l'aurez compris, ce roman de SF est donc un pilier de l'anticipation ! Il faut l'avoir lu ! Comme tous les livres d'H. G. Wells !

A bientôt !

La Guerre des mondes - H. G. Wells
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Vie d'Emile Zola - VIII - La fin des Rougon : de "L'Oeuvre" au "Docteur Pascal"

June 2 2012 Published on #Biographies, #Littérature XIXéme

Nous allons maintenant nous attarder sur la période 1886 - 1893 de la vie de l'écrivain Zola, toujours en me basant sur les travaux d'Henri Mitterrand, grand spécialiste de cette personnalité littéraire.

Zola a été accusé, au cours de sa carrière, de "remuer l'égout". Il a aussi été confronté à la censure. C'est le cas au retour d'un voyage au Mont-Dore à l'été 1885 au sujet de l'interdiction de l'adaptation de Germinal au théâtre. Il faudra attendre trois ans pour que la pièce soit finalement jouée au Chapelet et ce sera un échec !

Zola achève L'Oeuvre, roman sur les peintres en février 1886. Ce roman a d'ailleurs déja fait l'objet d'un billet de ma part. Rappelons que Zola a été critique d'art (Mes Salons, Mes Haines), a soutenu les impressionnistes. Dans ce tome des Rougon-Macquart, il lance des passerelles entre les arts, art du roman et art pictural et reprend la figure de son ami Cézanne (en partie) pour composer son personnage de Claude Lantier, peintre génial mais incompris et finalement maudit. Ceci lui vaudra une brouille avec son ami de Provence. De fait, c'est plutôt Cézanne qui croit s'être reconnu dans le personnage mais Lantier est en fait une mosaïque de plusieurs peintres réels.

En mai 1886, Zola voyage en Beauce pour faire le travail préparatoire sur La Terre, achevé en août 1887 : nouvelles polémiques menées entre autre par Anatole France qui parle des "Géorgiques de l'ordure". Zola tient là son roman paysan. Cinq jeunes écrivains de l'entourage de Goncourt signent un manifeste de reniement du naturalisme de Zola. Mais déja Zola s'attaque à son livre suivant : Le Rêve. Il est à quatre romans d'achever son cycle des Rougon-Macquart.

Sa vie personnelle connait une révolution ! Il s'éprend d'une jeune lingère bourguignonne engagée par Alexandrine Zola, en fait sa maitresse en décembre 1888 : Jeanne Rozerot lui donnera deux enfants, Denise (en 1889) et Jacques (en 1891). il se voit alors obliger de mener une double vie avec ses contraintes. Il réussit à se préserver des ragots et à faire accepter cet état de fait à Alexandrine, après une crise douloureuse ! Zola rajeunit, à 50 ans, avec les joies de la paternité !

Bien qu'il ai retrouvé la vitalité de sa jeunesse, La Bête humaine n'en reste pas moins un roman très sombre et très violent.

En décembre 1889, nouveau et dernier déménagement, 21 bis, rue de Bruxelles, près de la place Clichy. Zola prendra sa maison en photo sous tous les angles car il se découvre par ailleurs une véritable passion pour la photographie.

Il pose pour la première fois sa candidature à l'Académie française, le 1er mai 1890 mais il n'y entrera jamais. Par contre, il sera président de la Société des gens de lettres où il va promouvoir activement la protection des droits des écrivains. Rappelons que les premières avancées dans ce domaine furent le fait de Beaumarchais puis de Balzac.

En 1891, il fait paraitre L'Argent. En juin de la même année, on joue Le Rêve à l'Opéra-Comique. Zola se tourne alors vers le théâtre lyrique et écrit des livrets, mis en musique par Alfred Bruneau.

La Débâcle parait en 1892 et la dernière ligne du Docteur Pascal est écrite le 5 mai 1893. Zola célèbre l’achèvement de sa somme romanesque en donnant un grand banquet (voir la récurrence du motif du banquet dans ses romans).

Le 13 juillet 1893, déja Chevalier, il est fait Officier de la Légion d'honneur. En septembre, il est invité au congrès international de la presse à Londres mais échoue encore à l'Académie française.

Mais la carrière de Zola ne s’arrête pas là... C'est ce que nous verrons la prochaine fois !

A bientôt !

Vie d'Emile Zola - VIII - La fin des Rougon : de "L'Oeuvre" au "Docteur Pascal"
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Vie d'Emile Zola IV - Le journalisme littéraire

December 27 2010 Published on #Biographies, #Littérature XIXéme

La période qui nous intéresse aujourd'hui couvre les années 1866 - 1868.

Zola quitte la Librairie Hachette le 31 janvier 1866. La Confession de Claude, paru en novembre 1865, provoque un tapage depuis lors, déclenchant une enquête du procureur général. il y a aussi une polémique qui oppose Zola à Barbey d'Aurevilly et au journal Le Nain jaune.

Ces remous gênent le successeur de Louis Hachette et pour sa part, Émile Zola décide de lancer sa carrière. Pour cela, il a besoin d'un emploi du temps plus libre.

Le 1er février de cette même année, Zola devient courriériste littéraire du journal L’Événement et collabore toujours au Salut public de Lyon. Il publie un roman feuilleton, Le Vœu d'une morte, dans L’Évènement.

 côté, il donne une étude sur Taine à La Revue contemporaine et des contes à L'Illustration.

Ses préférences littéraires, qu'il affiche, vont aux Goncourt, à Balzac à Flaubert et en peinture, il défend, dans son Salon, Manet et Courbet contre la peinture académique.

La peinture est un des grands centres d'intérêt de Zola, ami de Cézanne, de Guillemet. il découvre Bennecourt et fait plusieurs séjours sur les bords de la Seine. il publie successivement Mon Salon et Mes Haines.

A cette époque, Émile Zola est débordant d'optimisme, ce qui ce ressent dans sa correspondance.

Pourtant, les choses ne vont pas durer ainsi et la fin de l'année 1866 et 1867 sont plus sombres car des collaborations sont résiliés avec Zola par ses employeurs des journaux. Bien vite, les difficultés financières se font sentir bien qu'il arrive toujours à placer quelques textes (dans La Situation et dans La Rue de Jules Vallès)

Bien que 1867 soit une année noire, c'est aussi l'année où l'écrivain publie son premier chef-d’œuvre, Thérèse Raquin,.

En parallèle, il publie Les Mystères de Marseille dans Le Messager de Provence.

A cette époque, Zola fait la connaissance des Goncourt, correspond avec Taine et Sainte-Beuve. Il lit des ouvrages sur l'hérédité, sur la physiologie, ce qui posera les bases des Rougon-Macquart. Le premier projet se nomme alors L'Histoire d'une famille en dix volumes. Dès lors, il cherche un éditeur pour pouvoir mener à bien son projet et s'assurer une sécurité matérielle.

A bientôt !

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La peau de chagrin - Honoré de Balzac

December 21 2010 Published on #Littérature XIXéme

La peau de chagrin. Voici un classique que j'ai lu il y a quelques années et qui m'avait marqué ! Je pensais en avoir rédigé un billet et bien non ! Chose réparée désormais !

Pour ceux qui s’intéressent à Balzac (Honoré de Balzac et non Guez de Balzac !), je renvoie à mes précédents billets sur Le père Goriot, Le colonel Chabert, Ferragus et Les chouans.

Par ailleurs, dès que j'aurais achevé ma série de billets "vie de Zola", je commencerais une série " Vie de Balzac" et il y a beaucoup à dire !

Enfin, ne cherchez pas ce billet dans la catégorie "littérature XIXème" sur biblio-drizzt , je l'ai en effet classé dans "coups de coeur" !

La peau de chagrin est un récit fantastique de Balzac, faisant partie du sous-ensemble de la Comédie Humaine intitulé "Études philosophiques" à coté de Melmoth réconcilié ou Jésus Christ en Flandre entre autres.

Le roman débute par la description d'un milieu - un sociotope dirait-on savamment - celui d'une salle de jeu. Le protagoniste principal du récit, qui a ce stade n'est pas nommé, va perdre ses derniers sous et en désespoir de cause se décidera en bout de course à se jeter dans la Seine (l'intrigue se passe en partie à Paris).

Enfin, nous découvrons l'identité du personnage lorsque celui-ci est interpelé par ses amis : il se prénomme Raphael et renonce du même coup à son suicide.

Très rapidement, par la suite, il va errer dans les rues et plus sombres de Paris et découvrir la boutique d'un antiquaire aussi mystérieux qu'inquiétant dont la description que nous donne l'auteur est un morceau d'anthologie à lui seul. Balzac pratique la description comme un maître , passant du vêtement, au physique puis au mental. L'apparence est pour ce romancier une manifestation de l'intériorité.

Raphael va passer avec cet homme -mais est-ce un homme ou un diable? - une sorte de pacte qui n'est pas sans rappeler Faust. Il acquiert une peau de chagrin (le chagrin est une espèce d'âne). Dès lors tous ses souhaits vont se réaliser. Mais cela a un coût ! A chaque vœu réalisé, la peau de chagrin se rétréci et malheureusement pour Raphael, elle représente sa durée de vie.

On retrouve là une des théories émises par Balzac. Chaque homme possède un capital de vie ou d'énergie et plus il fait d'efforts, plus il donne cours à ses désirs, plus il entame ce capital. Donc l'alternative est la suivante : soit l'on consume la chandelle en ayant une vie intense et riche mais qui sera courte, soit on mène une vie longue mais morne. On sait par ailleurs que Balzac mourut à 51 ans et était un bourreau de travail. Quel meilleure illustration de ses idées !

Finalement, Raphael en viendra à essayer de ne plus rien désirer mais c'est impossible, nul ne peut faire taire sa volonté et il connaitra le trépas dans les bras de la brave Pauline !

Deux choses me restent encore à dire. D'une part la peau de chagrin fut publié en 1831 et, encore plus que les chouans, marquent la reconnaissance de Balzac comme romancier. D'autre part, l'édition Folio (numéro 555) comporte une préface d'André Pieyre de Mandiargue !

Voila ! Rideau !

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La Mort d'Ivan Illitch - Léon Tolstoï

April 21 2010 Published on #Littérature XIXéme, #Littérature étrangère

Les œuvres les plus connues de Tolstoï demeurent La Guerre et la Paix et Anna Karénine.

Je vais ici m'interesser à un petit corpus de nouvelles (deux nouvelles) parues notamment en Folio 3011 : La Mort d'Ivan Illitch, Trois morts et Maitre et serviteur. Je m'attarderais plus longuement sur la première, parlerais un peu de la seconde et ferais abstraction de la dernière que je n'ai pas encore lue (mais ca ne saurait tarder!). On le voit, ces trois textes ont en commun la mort.

La mort a toujours été pour Tolstoï une préoccupation. En effet, il a vu mourir nombre des siens : sa mère est décédée alors qu'il n'avait que deux ans, son père, les deux tantes qui l'ont élevé, et son frère.

La littérature est un moyen de saisir les derniers instants d'un individu. Il ne viendrait pas à l'idée de quelqu'un de demander à un mourant ses impressions! L'écrit permet de parler de ce tabou.

La mort n'a pas toujours été tabou dans nos sociétés occidentales. au Moyen-Age, elle était acceptée. Au XX ème et XXIème siècle, elle fait peur en même temps qu'elle s'est médicalisée et technicisée.

Revenons à Tolstoï et d'abord à La Mort d'Ivan Illitch. C'est une nouvelle écrite à la fin des années 1870 après que l'écrivain ait traversé une autre de ses crises spirituelles. En effet, Tolstoï s'est plusieurs fois détourné au cours de sa vie de l'écriture qu'il prenait alors en dégout pour se consacrer notamment à l'éducation des paysans russes.

Le récit débute par l'annonce de la mort du protagoniste principal, puis revient sur sa vie. On constate qu'Ivan Illitch sortit de l'Ecole de Jurisprudence, porte un grand intérêt à sa carrière juridique. il gagne vite de hautes reponsabilités. Il se marie mais bien vite son idylle se gâte car sa femme a mauvais caractère. Il se réfugie alors davantage dans le travail.

Un jours, il obtient un poste à cinq mille roubles et fait aménager un luxueux appartement à Saint-Petersbourg. En tendant des rideaux, il chute et se blesse - sans gravité croit-il -au côté. Plus tard, des problèmes de santé vont apparaitre.

Les derniers chapitres de la nouvelle nous montrent la déchéance progressive d'Ivan Illitch. Sa blessure au côté n'est pas bénigne. Les médecins n'identifient pas précisément ce qu'il a, ou du moins ne veulent pas lui dire (la focalisation se fait de son point de vue). On évoque un rein décollé ou une pathologie au caecum.

La douleur persistante va alors lui rappeler constamment son état puis le fait qu'il va mourir.

Bientôt, il ne peut plus quitter son fauteuil et ne trouve du réconfort qu'auprès d'un domestique, gars de la campagne, qui en lui soulevant les jambes des heures durant apaise un peu sa douleur.

Lors des ultimes moments, Illitch s'interroge : pourquoi ne peut-il pas vivre? Sa vie a-t'elle été vaine? L'opium et la morphine ne le calment plus, la confession ne lui apporte qu'un bref répit.

Pourtant à la toute fin, il ne voit pas la mort mais la lumière et semble libéré, de son point de vue. Encore que peut-on donner un point de vue a ce qui n'est plus?

Cette nouvelle interroge chacun de nous sur sa conception de la mort, que l'on soit croyant ou athée.

Trois morts est une nouvelle plus courte, nous montre comment trois êtres -une dame, un paysan et un arbre - acceptent la mort. La thèse de Tolstoî est la suivante : plus on est proche de la Nature, plus on accepte l'échéance. L'écrivain russe avait lu Rousseau et avait de l'affection pour la paysannerie.

Voila un auteur et des textes bien intéressants !

A bientôt !

PS - Lecture complémentaire :

Philippe Ariès; Essais sur l'histoire de la mort en Occident du Moyen-Age à nos jours; Points Histoire H31

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Le Dernier Jour d'un condamné - Victor Hugo

March 27 2010 Published on #Littérature XIXéme

Le Dernier Jour d'un condamné est un roman de Victor Hugo, publié en 1829.
On peut le trouver en Livre de Poche avec l'Affaire Tapner et Claude Gueux ou en Folio avec Bug-Jargal (roman de jeunesse de l'écrivain).

On trouvera aussi dans l'édition du Livre de Poche une préface de Robert Badinter, qu œuvra en France et obtint l'abolition de la Peine de Mort sous la présidence de François Mitterrand.

Ce roman de 49 chapitres montre les états d'âme d'un condamné, enfermé à Bicêtre, et qui attend d'être guillotiné. C'est un plaidoyer contre la Peine de Mort.
On pourrait croire pour forcer le propos que l'homme que l'on va tuer est innocent. Or il n'en est rien. A plusieurs reprises, il évoque bien le fait qu'il a versé le sang mais on n'en saura pas plus.
Seul dans sa cellule, il décide de tenir un journal où il consigne ses pensées et son désespoir.

Conformément à la pratique des romantiques, on a bien là un roman de l'intériorité, de la subjectivité, du moi.

C'est un roman poignant, particulièrement le chapitre où le bagnard fait ses adieux à sa fille de trois ans qui ne le reconnait pas. Il y a aussi les épisodes tragi-comiques des forçats qui partent pour Toulon. A chaque instant, le prisonnier tente d'échapper en pensée à son destin mais la mort se rappelle toujours à lui.

Voilà, un roman incontournable. Le talent de Victor Hugo y éclate.

A bientôt !

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Nouvelles histoires extraordinaires - Edgar A. Poe

December 30 2009 Published on #Littérature XIXéme, #Littérature étrangère, #Fantastique

J'avais déja eu l'occasion d'écrire un billet sur les Histoires extraordinaires de Poe, voici maintenant un article sur un autre recueil dont la traduction est aussi dû à Charles Baudelaire.

Bien sûr, j'aurais pu revenir sur certains aspects biographiques de la vie de l'auteur, son enfance, la mort de ses parents, ses rapports difficiles avec son beau-père Allan, son renvoi de West Point pour indiscipline, sa carrière journalistique, ses écrits théoriques sur l'art de la nouvelle...

Au lieu de cela, je vais présenter très succinctement chaque texte de ce recueil sous une certaine perspective,celle de Thanatos, l'omniprésence de la Mort, du funeste et du morbide dans l’œuvre.

Le Démon de la perversité raconte comment un homme commet un assassinat et finit, poussé par une étrange force, par tout avouer sans même s'en souvenir.

Le Chat Noir
Un individu passe de la souffrance qu'il fait endurer à des chats au meurtre de son épouse qu'il enterre dans la cave, derrière un mur. Mais il est trahi par un animal.

William Wilson est a ranger dans la catégorie de ces textes fantastiques qui traitent du double.

L'Homme des foules
Le narrateur consacre sa journée à suivre un curieux individu à travers la ville.

Le Cœur révélateur
Un nouveau meurtre est commis et comme dans Le démon de la perversité ou Le Chat Noir, le criminel se trahit lui-même!

Bérénice
Un homme viole une sépulture pour s'emparer d'un bien de la défunte. Un texte très connu de Poe. Tout comme le suivant...

La Chute de la Maison Usher
Une histoire à trois protagonistes. Une femme enterrée vivante sort de son caveau. La Maison Usher finira par se fissurer puis s'écrouler.

Le Puit et le Pendule
Un homme, enfermé dans une cellule de l'Inquisition, voit un pendule aiguisé osciller au dessus de lui, le menaçant de sa lame. Un supplice de torture.

Hop-Frog
Un bouffon se joue d'un roi malfaisant lors d'une fête qui se termine mal pour le roi.

La Barrique d'Amontillado reprend et mêle les thèmes de l'emmurement et de l'enterré vivant.

Le Masque de la Mort Rouge
Une fête royale. Une étrange figure fait son apparition funeste tandis que chacun est obsédé par les coups de l'horloge. La Peste en arrière fond.

Le Roi Peste
Encore le thème de la Peste. Deux marins font face à une étrange assemblée dans une nouvelle qui se veut conte loufoque. Tout la panoplie de la danse macabre est présente.

Le Diable dans le Beffroi
La thématique de la Mort est indissociable de celle du Temps. Ici, tout se dérègle ! Un univers clos comme dans la Maison Usher.

Lionnerie : Traité de nosologie - Naseaulogie?
Où l'auteur a du nez!

Quatre bêtes en une se déroule en Syrie durant l'antiquité et met en scène un souverain.

Petite discussion avec une momie
Une nouvelle, qui comme souvent chez Poe, mêle burlesque, dérision et grande érudition. N'est pas sans rappeler l’œuvre de Mary Shelley.

Puissance de la Parole, Colloque entre Monos et Una; Conversation d'Eiros et de Charmion sont des dialogues improbables entre des défunts, des anges? Le dernier texte met en scène la fin du monde, la Mort ultime.

Ombre se déroule durant l'antiquité et met en scène de nouveau la Peste.

Silence est une sorte de parabole biblique.

L'ile de la Fée raconte l'écoulement d'une vie, la fuite du temps, succession d'étés et d'hivers sous une forme allégorique.

Le Portrait Ovale pose la question de l'Art, de la Mimésis, de la vie réelle et de sa représentation, de l'artiste fou et maudit. Le Tout dans un décor à la Ann Radcliffe.

Bref, une étude plus poussée s'imposerait. Les textes sont tous différents mais il est possible de dégager des thématiques communes. Le mieux est de lire soi-même le recueil pour se faire un avis.

A bientôt !

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L'oeuvre - Emile Zola

December 12 2009 Published on #Littérature XIXéme

Dans l'avant-projet des Rougon-Macquart que Zola remet en 1869 à l'éditeur Lacroix, l'auteur développe le sujet de son "roman sur l'art":
"Un roman qui aura pour cadre le monde artistique et pour héros Claude Dulac, autre enfant du ménage ouvrier. Effet singulier de l'hérédité transmettant le génie à un fils de parents illettrés.Influence nerveuse de la mère."
Le roman est publié en feuilleton dans le Gil-Blas de fin 1885 - début 1886 et en volume cette même année 1886.

Le héros en est Claude Lantier, frère d'Etienne Lantier (le héros de Germinal) et de Jacques Lantier (celui de La Bête humaine).
Zola s'inspire de ses relations avec les peintres, en particulier de son ami Cézanne , pour documenter ce roman. Il s'est fait le défenseur de Manet et des Plein-airistes, qui vont devenir les impressionnistes. Mais par la suite, Zola jugera que ces derniers manquent d'achèvement dans l'éxecutiion de leurs toiles. L'auteur des Rougon-Macquart est aussi l'auteur des Essais sur l'Art, de Mon Salon et de Mes Haines.
On a longtemps vu dans L'oeuvre un roman à clés, ce qui vaudra d'ailleurs une brouille entre Zola et Cézanne, mais en réalité la situation est plus complexe. Par exemple, il y a certes dans Claude un peu de Cézanne mais Cézanne n'est pas un artiste raté comme Claude et il y a aussi dans le peintre héros de L'oeuvre un peu de Zola.

Claude ne veut pas imiter la nature, il veut créer la vie. D'ailleurs,dans le roman, l'oeuvre picturale de Claude est en concurrence avec l'oeuvre de chair du peintre, le petit Jacques qui finira par en mourir.

Claude sombre peu à peu dans la folie et finira par se pendre devant son tableau inachevé, ne laissant aucune toile et une femme éplorée. Ce qui fait dire à Sandoz, l'ami écrivain en qui on reconnait Zola, que c'est le fond de romantisme en lui qui l'a tué.

L"oeuvre, c'est aussi pour Zola l'occasion de peindre Paris ainsi qu'un milieu, celui de l'art, à travers les peintres, les critiques, les modèles, les collectionneurs, les marchands d'art et les salon, l'officiel et le salon des refusés. Tout cela en accord avec la théorie naturaliste.

Pour approfondir, lire l'ouvrage de Belinda Cannone en Foliothèque (n°104) sur le roman de Zola.

A bientôt.

L'oeuvre - Emile Zola
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