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Posts with #moyen-age tag

Historial Jeanne d'Arc de Rouen

December 18 2016 Published on #Musées, #Moyen-âge, #Coups de coeur

La figure de Jeanne d'Arc reste attachée à la ville de Rouen où elle mourut sur le bûcher le 30 mai 1431, capitale du dûché de Normandie alors possession anglaise. Il est bien dommage que ce personnage quasi mythique se soit vu confisqué par un certain parti d'extrème-droite, le Front National, pour ne pas le nommer dans une démarche de la plus grande malhonnêteté intellectuelle !

Car Jeanne appartient à tous les Français, ne défendrait sûrement pas les valeurs d'intolérance du FN et est une figure internationale ! C'est ce qu'entends démontré l'Historial Jeanne d'Arc de Rouen; inauguré le 21 mars 2015,  dans l'ancien archevéché de la ville qui lui est consacré !

J'ai bénéficié d'un tarif de groupe de 6 euros 50 et pour ce prix là, la visite en vaut la peine ! La scénographie en sons et lumières est intéressante, oeuvre de Clémence Farrell ! Diverses salles se succèdent et une présentation animée s'allume et s'éteint au fur et à mesure que vous passez d'une pièce à l'autre : la crypte gothique, les anciennes cuisines, les combles etc...

Le thème du "spectacle" tourne autour des deux procès de la Pucelle, celui de 1431, à Rouen, dirigé par l'évêque Pierre Cauchon (ça ne s'invente pas !), à la solde des Anglais - procès truqué et orienté donc où Jeanne fut accusée de crime d'hérésie ! Il était en effet inenvisageable pour les ennemis de Charles VII de postuler que Dieu guidait cette jeune fille de 19 ans car cela aurait voulu dire avoir Dieu contre son camp et aurait entraîné des désertions de masse !

Vingt-cinq ans plus tard, il y eut un second procès où Jeanne fut réhabilitée ! Ce second procès, en 1456 donc, fut à l'initiative de Charles VII - qui s'était affirmé entre temps et du pape Calixte III. Ce procès fut instruit par Juvénal des Ursins et c'est lui que nous suivons dans la scénographie, sous les traits d'un comédien.

Ces deux actes juridiques furent amplement documenté et la visite reconstruit la vie de Jeanne à partir du travail des historiens !

On a donc un rappel de l'enfance de celle qui porta Charles VII sur le trône, enfance à Domrémy, point de résistances aux Bourguignons et aux Anglais dans le nord-est de la France, en Lorraine plus précisément. Là Jeanne, fille de laboureur, entendait des voix, celles de Sainte Catherine et de Sainte Marguerite ! La jeune enfant était particulièrement pieuse !

Le 25 février 1429, la Pucelle rencontre le Dauphin à Chinon et le convainc de la doter d'une armée pour aller délivrer Orléans ! Elle lui fait plusieurs promesse dont celle de délivrer Orléans et Paris, aux mains des Anglais, et de le faire couronner à Reims ! Elle tiendra toutes ses promesses et ce n'est pas une flèche reçue dans l'épaule lors de la prise de bastilles assiégeant Orléans qui ralentiront sa détermination !

Jeanne venait accomplir une ancienne prophétie qui avait dit qu'une femme perdrait le Royaume de France et qu'une Pucelle viendrait le reconquérir ! Jeanne dut aussi subir maints examens de théologiens - qu'elle impressionna au final ! - et démontrer sa virginité, qu'elle n'avait pas copulé avec le Diable telle une sorcière ! Jeanne passa dont tous les tests, obtint son armée et pris l'habit d'homme pour partir en guerre !

Jeanne d'Arc fit couronner Charles VII avec la Sainte Ampoule à Reims, le 17 juillet 1429 - après avoir "mis la pâté" aux Anglais à Patay ! Elle échoua à reprendre Paris où elle fut de nouveau blessée le 8 septembre 1429.

Dans les faits, il est établi que le nouveau Roi de France se montra trop timoré, prêt à des compromis sinon à des compromissions  et "lâcha" Jeanne, celle qui avait tant fait pour lui ! La Pucelle fut capturée à Compiègne par les Bourguignons, le 23 mai 1430 et livrée aux Anglais contre une rançon ! La suite fut le procès à Rouen évoqué plus haut !

Une très belle exposition donc ! Je regrette toutefois de n'avoir vu que trop rapidement les deux dernières salles - sur la postérité de Jeanne d'Arc ! - car des comparses de mon groupe ne pouvaient véritablement pas se priver de leur dose de nicotine plus d'une heure trente durée de la visite ! Je me suis rattrapé en achetant à la boutique de souvenirs trois Folio sur la Pucelle, un de Michelet, une étude des Duby sur les procès et un roman de Michel Tournier sur sa relation avec Giles de Rais (un compagnon de Jeanne pas évoqué durant la visite !).

Voilà ! Il est dommage - et dommageable ! - que la Pucelle ait fait de toujours objet de récupérations politiques ! De même, elle n'a pas eu de soeur violée par les Anglais sous ses yeux comme le prétends le très prétentieux film de Luc Besson ! Enfin, il n'est pas prouvé que ses derniers mots sur le bûcher ait été : "messieurs les Anglais, vous ne m'avez pas cru alors vous m'aurez cuite !". (OK je sors !).

Ce musée, très immersif, est selon moi une véritable réussite qui vaut le coup d'oeil !

On détaillera tous ces épisodes et la Guerre de Cent un dans de futurs billets - un jour !

A bientôt !

Historial Jeanne d'Arc de Rouen
Historial Jeanne d'Arc de Rouen
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La Tapisserie de Bayeux

November 11 2016 Published on #Musées, #Moyen-âge

J'ai déjà eu l'occasion de commettre un billet sur "Guillaume et la Couronne d'Angleterre"  et vais cette fois vous parler de la Tapisserie de Bayeux proprement dite qui relate cet épisode de l'Histoire, la Bataille d'Hastings qui fête en 2016 ses 950 ans ! J'ai en effet visité son musée en ce 1er novembre 2016.

La Tapisserie de Bayeux est en en réalité une broderie de 68 mètres de long, composée de fils de laines sur une toile de lin. Elle a été nommée à tort "Tapisserie de la Reine Mathilde" car elle n'a pas été composée par cette dernière et est en réalité une commande de Odon de Bayeux aussi appelé Eudes, un des demi-frères de Guillaume pour la Cathédrale de Bayeux, ville dont il était évêque. On pense qu'elle a été produite en Angleterre selon les théories les plus courantes mais elle pourrait aussi avoir été crée en France !? On n'en est pas sûr !

La Tapisserie peut être considéré comme la première bande dessinée de l'Histoire ( si on mets de côté Lascaux !), datant du XIème siècle, entre 1066 et 1082. C'est un objet qui a des fins de propagande ! Elle fait l'apologie de Guillaume, pour en quelque sorte le légitimer d'avantage sur le trône d'Angleterre ! D'abord accrochée dans la Cathédrale de Bayeux, nouvellement édifiée à cette époque, elle visait aussi l'édification des fidèles en grande partie analphabètes ! Enfin, parce qu'elle montre le sort funeste d'Harold, elle se veut une leçon de morale sur ce qu'il en coûte de se parjurer devant Dieu !

D'autres thèses soutiennent qu'elle irait à contrario promouvoir les intérêts anglais car Harold y est présenté par endroits comme héroïque et valeureux ! Et en fait, il ne se serait parjuré que pour mieux défendre son pays !

Trois épisodes sont racontés sur cette oeuvre monumentale à tous les points de vue ! D'abord le début de l'ambassade d'Harold qui tourne mal puisqu'il dérive vers la Somme et est pris en otage par le comte Guy de Ponthieu. Ensuite, la guerre de Guillaume le Normand contre son voisin, Conan II de Bretagne et enfin l'épisode d'Hastings proprement dit !

Malgré des représentations dépourvues de perspectives, la broderie arrive à restituer l'impression de relief - au moyen des couleurs ! - et de mouvements !

La toile contient en outre de nombreuses phrases en latin !

La Tapisserie de Bayeux eut un destin mouvementé notamment lors de la Révolution française où elle failli servir de toile sur des chariot de ravitaillement pendant les guerres révolutionnaire ou de chiffons pour quelques fêtes de la République !

Pendant le Seconde Guerre mondiale, des érudits travaillant pour les Waffen-SS étudièrent l'oeuvre qui partie ensuite pour Paris et échappa de peu au voyage en Allemagne en août 1944 !

Le musée de la Tapisserie est assez bien conçu et a d'ailleurs été primé par le passé ! D'abord, au rez-de-chaussée, dans une salle à la luminosité et à la température contrôlées, la toile est exposée et vous en aurez une description détaillée au moyen d'un audioguide - comme on en trouve dans la plupart des musées !

Au premier étage, des salles d'exposition ! Vous saurez tout sur la conception, l'origine, la conservation, les techniques de broderie employées, le parcours de la Tapisserie. On trouve aussi des précisions sur le lignage des rois d'Angleterre, la Bataille d'Hastings (armes, tactiques, effectifs, déroulement...), les moyens de navigation, l'administration de Guillaume, les monuments de l'époque, le Domesday Book etc..

Enfin, au second étage, se trouve un cinéma qui viendra encore apporter un supplément d'information ou "enfoncer le clou" car la pédagogie vient par la répétition !

L'entrée vous coûtera aux alentours de 8 euros !

A bientôt !

La Tapisserie de Bayeux
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Le Miracle de Théophile - Rutebeuf

March 24 2016 Published on #Moyen-âge, #Littérature Moyen-Âge

Direction le Moyen- Âge avec une pièce de théâtre, Le Miracle de Théophile de l'auteur Rutebeuf !

Rutebeuf était un jongleur dont on ne sait pratiquement rien de la vie ! Sa vie justement ! Il vécut au XIIIème siècle, entre 1230 et 1285. C'est un poète du Moyen-Âge. On lui doit de nombreuses pièces qu'on appelle des Dits.

Notre jongleur avait une formation de clerc et connaissait le latin. Il serait originaire de Champagne mais a vécu adulte à Paris.

Son œuvre rompt avec la poésie courtoise des trouvères. comprend des poèmes polémiques et satiriques et des hagiographies tel notre Miracle de Théophile ! Rutebeuf mena une vie difficile,dans la pauvreté, ce dont il parle dans son œuvre : Poèmes de l'infortune.

Le Miracle de Théophile est donc une pièce de théâtre qui raconte la vie de la Vierge et de Saint Théophile d'Adana, tirée du recueil narratif des Miracles de Notre-Dame, du clerc Gautier de Coincy.

Théophile est un prêtre qui est dépouillé de ses biens par son évêque. Il décide de vendre son âme au diable. Sept ans plus tard, pris de remord, il essaie de récupérer ce "contrat" et prie la Sainte Vierge à cette fin ! Celle-ci parviendra à racheter l'âme du prêtre. C'est donc l'histoire d'un pacte maudit.

Cette pièce appartient au genre du théâtre religieux et des Miracles. c'est le plus ancien Miracle que nous ayons ! Ces pièces étaient représentées sur le seuil - la parvis - des églises, en plein air donc, devant un large public lors de cérémonies religieuses. Elles pouvaient durer très longtemps !

Une pièce assez édifiante donc qui appartient à la littérature du Moyen-Âge, encore trop largement méconnue des lecteurs ! Le Miracle de Théophile est rimé pour faciliter la mémorisation et pour des raisons esthétiques propre au genre !

J'ai déjà eu l'occasion de vous parler de cette littérature avec Chrétien de Troyes et Froissart notamment ! Je récidiverais à l'avenir !

A bientôt !

Le Miracle de Théophile - Rutebeuf
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Les intellectuels au Moyen Âge - Jacques Le Goff

February 14 2015 Published on #Moyen-âge, #Essai

Je vais maintenant m'attarder sur l'essai de l'éminent historien médiéviste Jacques Le Goff, Les intellectuels au Moyen Âge, pour vous parler de la naissance des universités, de la scolastique, de l'aristotélisme et de l'Humanisme entre le XIIème et le XVème siècles ! C'est un ouvrage paru en 1957, richement illustré de représentations issues de manuscrits médiévaux et avec une abondante bibliographie de référence ainsi qu'une chronologie.

Le Goff pose la naissance des intellectuels au XIIème siècle - bien avant l'Affaire Dreyfus donc ! Il nait en même temps que les villes. Ce siècle est une époque de croissance - inclue dans des cycles avec des progressions et des régressions (avant : les invasions barbares et la Chute de l'Empire Romain, après : la Peste de 1348 et la Guerre de Cent Ans).

Auparavant, on était dans la Renaissance Carolingienne, renaissance pour une élite close censée fournir administrateurs et politiques. Les moines assuraient la transmission du savoir dans des scriptoria en recopiant des manuscrits. Mais ces livres sont alors encore considérés comme de la "vaisselle précieuse" et non comme des objets de savoir auxquels les moines ne s'intéressaient d'ailleurs que très secondairement. La Renaissance Carolingienne, de fait, thésaurise.

La culture arabe va servir de "carrefour de circulation" des écrits grecs perdus. On redécouvre ainsi, par les traducteurs arabes, Aristote alors que jusque-là, on ne considérait que Platon par le biais de Saint-Augustin, évêque d'Hippone (en Afrique du Nord) et manichéen converti au Christianisme au IVème siècle de notre ère. C'est l'époque du néo-platonisme avec notamment Plotin. Euclide, Ptolémée, Hippocrate, Galien ont suivi en Orient les chrétiens hérétiques - monophysites et nestoriens, ainsi que les Juifs persécutés par Byzance. Les traducteurs du XIIème siècle vont donc jouer un rôle crucial dans l'Histoire de la Pensée !

Les premières universités vont naitre au XIIème siècle ! Bologne (en 1088), Paris (en 1150) et Oxford (en 1167) notamment. On y enseigne le trivium (grammaire, dialectique et rhétorique) puis le quadrivium (arithmétique, musique, géométrie et astronomie) dans les facultés des arts puis ce sont les facultés de médecine, droit et enfin théologie la plus prestigieuse ! L’Église règne sur ces universités et les enseignants sont des clercs, c'est à dire des religieux qui n'ont pas prononcé leurs vœux.

Les étudiants sont regroupés en Nations (par pays) : France, Picardie, Normandie et Germanie à Paris par exemple. Il y a également des fraternités d'étudiants tels les Goliards, accusés de mener une vie de débauche ! Il n'est pas non plus rare que les étudiants "vagabondent" d'une université à l'autre, ce serait même plutôt la norme ! Enfin, pour les étudiants pauvres voire indigents, des Collèges sont crées tel celui de Robert de Sorbon qui deviendra la Sorbonne.

Des querelles opposent assez souvent les universités, telle celle de Paris, aux autorités monarchiques et au Pape. Des compromis sont trouvés et ses statuts évoluent.

L'enseignement pratiqué est celui de la scolastique qui consiste en lectio de textes, commentaires, quaestio, disputatio ou question disputée, questions quodlibétales et sommes.

Les élèves notent les cours du maitre sur des feuillets - les pecias - qu'ils font ensuite regrouper par des artisans en livre. L'imprimerie, née en 1452, va changer la donne et diffuser peu à peu plus amplement le savoir et accessoirement la Réforme et l'Humanisme !

Parmi les figures de maitres célèbres, il y a notamment Pierre Abélard - dont l'histoire tragique avec Héloïse a déjà fait l'objet d'un billet il y a longtemps sur ce blog du temps de biblio-drizzt !

Dans les universités, se développe aussi une critique de la société. Et au XIIIème siècle, la position de l'intellectuel - du maitre - par rapport au travail se pose, de même que la question de la rémunération des cours. Une conception négative du travail héritée de l'Antiquité - lequel est la prérogative de l'esclave - va donner le principe de dérogation de la noblesse. Par la suite, le statut de l'intellectuel devient plus prestigieux et intéressant matériellement comme dans le cas de François Accurse qui accumule une véritable fortune et n'est d'ailleurs pas le seul.

La scolastique va peu à peu se scléroser - sera la cible de Rabelais dans son Gargantua. L’aristotélisme de Saint Thomas d'Aquin notamment est attaqué à travers l'averroisme - qui est sa traduction par le philosophe arabe. Une certaine forme d'empirisme va naitre. La question de la Foi et de la Raison - qu'on tentait jusque là de concilier - et celle de la Raison et de l'Expérience se pose aussi de plus en plus et sous une nouvelle optique !

La savant se détache de l'enseignant, l'Humanisme nait peu à peu et l'Humaniste (Erasme, Marsile Ficin, Pic de la Mirandole...) se retire à la campagne pour "méditer" sur les classiques grecs encore exhumés depuis la prise de Constantinople par les Turcs. On s'achemine vers la Renaissance qui sera la floraison des Arts (d'abord en Italie) et la Révolution Scientifique - avec Copernic, Kepler et Galilée - jusque là freinée par la Religion.

Voilà ! Il y aurait encore beaucoup à dire ! Je vous renvoie au livre de Le Goff ! Je m'en tiendrait là pour l'instant !

A bientôt !

Les intellectuels au Moyen Âge - Jacques Le Goff
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Fêtes Médiévales de Bayeux - 28ème Edition

July 6 2014 Published on #Manifestations, #Moyen-âge

Tous les ans, au mois de juillet, la ville de Bayeux, commune du Calvados - célèbre pour sa tapisserie - célèbre le Moyen-Âge, époque pas si obscure qu'on voulut nous le faire croire les gens de la Renaissance.

La ville se couvre alors d'oriflammes et de chapiteaux et, en parcourant les rues à l'heure du marché médiéval, il est possible de croiser chevaliers en armures, troubadours, damoiselles et damoiseaux, bouffons, gueux et mendiants. La fête donne en effet lieu à une parade de costumes, présente des reconstitutions plus ou moins fidèle de l'époque : métiers et artisanats de la mer, drakkars de sortie pour l'occasion !

Ai-je préciser que la 28ème édition - sous titrée "D'une conquête à l'autre" s'est tenue les 5 et 6 juillet 2014. Non ? Voilà, c'est chose faite !

"D'une conquête à l'autre" fait revivre au public l'époque des conquêtes des vikings par les océans et les rivières - qui finissent par installer leurs campement dans la cité bajocasse.

Évidemment, on ne peut éviter la figure de Guillaume le Conquérant. Le vendredi 4 juillet, à 20 heures 45 était projeté le film "Guillaume, la jeunesse".

Mais les Médiévales, ce sont aussi - et surtout - quantités de spectacles de rue : musique médiévale, représentation du "Mariage forcé", farce décalée, marionnettes, cracheurs de feu... Et aussi des troupes en déambulations, les Eguzins, des êtres fées flamboyants ou les Isara, ou encore les chasseurs de Drake, les derniers dragons !

Bref une très bonne manifestation ! Malheureusement, pour moi, qui m'y suis rendu le samedi et ai déjeuné d'un repas médiéval puis d'une bonne glace Teurgoule de la Ferme de la Haizerie, il a plus une bonne partie de la journée et cela a un peu gâché la fête ! Qu'importe, j'y retournerais l'année prochaine !

A bientôt !

Fêtes Médiévales de Bayeux - 28ème Edition
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Guillaume et la Couronne d'Angleterre

April 27 2014 Published on #Moyen-âge

En 1051, le roi d’Angleterre, Edouard le Confesseur choisit comme futur successeur Guillaume qui vient d’asseoir son pouvoir en Normandie. N’ayant pas d’héritier, Edouard mène une vie monacale et songe à son jeune cousin normand. Guillaume de Normandie sait alors sur quoi il peut compter.

Cependant, il est une famille puissante en Angleterre, celle de Godwine dont les fils cumulent des charges importantes dans le royaume. Harold, frère de la reine Edith et donc beau-frère d’Edouard pourrait prétendre au trône.

Or Edouard envoie Harold en ambassade auprès de Guillaume en 1064. Harold prête alors serments au duc de Normandie et lui jure qu’il n’a pas de vues sur le trône d’Angleterre. Pendant plusieurs semaines, les deux hommes ne se quittent plus. Harold a-t-il prêté ses serments et promesses sous la contrainte ?

Quoi qu’il en soi, le 6 janvier 1066, lorsqu’Edouard meurt, Harold se fait proclamer roi quelques heures seulement après le décès. Guillaume, mis au fait quelques temps après, ne renonce pas pour autant. Mais avant tout, il lui faut une flotte. Il fera construire plusieurs centaines de bateaux – des esnèques inspirés des drakkars – en quelques mois seulement. Ses demi-frères lui viennent en aide : Eudes, évêque de Bayeux fournira cent navires et Robert de Mortain cent-vingt. Au total, près d’un millier de bateaux !

Mais le service d’ost des vassaux normands ne lui fournit pas assez d’hommes pour une expédition en Angleterre. Guillaume aura alors recours à des mercenaires de tout le Royaume de France attirés par l’appât du gain. Ces hommes d’armes arrivent notamment de Flandre et de Bretagne.

Guillaume s’assure également le soutien de l’Eglise et du pape Alexandre II en promettant des réformes. Il portera donc l’ « Étendard de Saint Pierre ».

En avril 1066, la comète de Halley traverse le ciel. D’aucuns y voient un mauvais présage pour Harold !

Le 29 septembre 1066, Guillaume et son armée débarquent à Pévensey. Le 14 octobre, Guillaume remporte l’éclatante victoire d’Hastings au cours de laquelle Harold, « le parjure » est tué. Le 25 décembre, Guillaume est couronné roi d’Angleterre à Westminster.

Dès lors commence l’aventure normande en Angleterre !

La Tapisserie de Bayeux raconte ces épisodes historiques !

A bientôt !

Guillaume et la Couronne d'Angleterre
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Histoire de la Folie - II - Le Moyen-Âge

November 13 2013 Published on #Histoire, #Moyen-âge

Le visage de la Folie au Moyen-âge est pluriel et souffre de lieux communs.

Il y a tout d'abord l'image du fou possédé par le démon et qu'il faut exorciser. Il y a ensuite le cas du fou amuseur et révélateur de vérité tel le fou du roi, le bouffon qui porte un bonnet à grelots et manipule une marotte en livrée bariolée à losanges jaunes et verts.

On a donc deux opposés : une image inquiétante et une image amusante ! Mais cela reste des stéréotypes et la réalité est - comme toujours - bien plus complexe. D'autant que le Moyen-âge est une période assez étendue.

En réalité, donc, le sort du fou oscille entre l’Église, l'hospice et la prison.

Parlons tout d'abord du fol à la marotte ! Le fou apparait dans la littérature vernaculaire (en langue française) dans la deuxième moitié du XIIème siècle. Citons l'exemple de Tristan, de Lancelot ou d'Yvain.

En effet, dans Yvain ou le chevalier au lion de Chrétien de Troyes, le héros est déchu de son statut de chevalier, abandonne son épée pour la massue et se réfugie tel un sauvage dans la forêt. Le fou apparait aussi dans le Psaume 52 avec ses attributs : massue, tonsure et fromage. La tonsure est un signe d'humiliation - appliqué notamment à la femme adultère. Mais ce premier signe s'inscrit aussi dans une optique pénitentielle (figure biblique de Job), marque du clerc et du renoncement. Fou et clerc sont à leurs façons des marginaux, oscillant entre malédiction et bénédiction.

La deuxième image est celle d'une folie-possession, l'aliéné, qui doit recourir au prêtre.

Mais la médecine continue de s'intéresser à la folie et c'est toujours la théorie des quatre humeurs, héritée de l'Antiquité, qui a cours. Il y a par ailleurs de nombreux sanctuaires au Moyen-âge, consacrés à la guérison de la folie où les malades se rendaient en pèlerinage, comme Saint - Dizier - l’Évêque près de Belfort ou Saint-Acaire d'Haspres dans le Nord. On croit au pouvoir de guérison des reliques. La petite localité de Geel, à côté d'Anvers, est un autre exemple de lieu de pèlerinage où se réfugia au VIème siècle, Dymphne, fille d'un roi Irlandais violentée par son père et ayant perdu la raison.

Le Moyen-Orient, Bagdad, sont des centres de connaissances médicales à cette époque, de même dans le traitement des maladies mentales. Parmi les médecins arabes les plus renommés, il y a le perse Ibn Sina (980 - 1037) connu en Occident sous le nom d'Avicenne. Parmi les acquis de la médecine arabe, on trouve la construction d'hospices, ainsi à Damas, en 800, une institution spécialisée dans les pathologies de l'esprit. Plus tard, le mouvement de construction de ce genre de lieu se poursuivra à l'Ouest dans les églises. Ce fut le cas chez les Bénédictins. Mais, on a gardé, jusque dans les années 1970 - et l' antipsychiatrie - , l'image d'un fou au Moyen-âge, d'un fou considéré comme dangereux et enfermé dans une cage en fer suspendue au plafond.

Voilà, nous continuerons prochainement cette histoire de la Folie avec la Renaissance et le début de l'époque moderne !

A bientôt !

Histoire de la Folie - II - Le Moyen-Âge
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La légende de Robert le Diable

May 26 2013 Published on #Moyen-âge

Nous allons nous intéresser aujourd'hui à une légende de Normandie, relatée dans le texte du moyen-âge, les Chroniques de Normandie et redécouvert au XIXème siècle par Amélie Bosquet, une accointance de Gustave Flaubert et George Sand.

Qui est le Robert le Diable de la légende ? On n'en est pas sûr avec certitude et on ne peut que spéculer sur Robert Ier, le père de Guillaume le Conquérant.

Robert le Diable reprend un motif des Saintes Ecritures, l'Homme né de la Femme. Robert est né de Inde alors que le mari de celle-ci était parti chasser en forêt de Rouvray, et du Diable.

Enfant, Robert se fit coupable de méchancetés et d'atrocités sans pareils : il tua son maître d'école pendant son sommeil puis à la plénitude de sa jeunesse, il pille les églises, ravage les monastères, tue les maris, enlève les femmes. Pour le salut de l'âme de son fils, Inde veut le faire chevalier et racheter un comportement somme toute assez coutumier de monde de la féodalité d'alors par la religion.

Robert accepte avec répugnance d'être fait chevalier et la veille des armes, au lieu de passer la nuit en prière, il déshonore la plus belle des religieuses d'un monastère de femmes, situé à une lieue de Rouen.

Il massacre ensuite ses adversaires lors d'un tournoi et prend la tête d'une bande de mauvaises gens qui pillent à tout va !

Mais il finit par demander des comptes à sa mère et apprend avec horreur la promesse que celle-ci a fait au Diable. Desespéré, il cherche la rédemption et va voir le Saint-Père qui lui demande alors trois choses : de contrefaire le fou, de garder un complet mutisme et de ne se nourrir qu'en volant la nourriture aux chiens. Robert va alors montrer le même excés dans sa quête de repentir. Il devient alors el bouffon de l'empereur

La chronique de Robert se termine brusquement lorsque celui-ci de Robert le Diable devient Robert le Saint.

On peut encore voir de nos jours le Chateau de Moulineaux, dominant la Seine, près de Rouen qui est un témoignage de cette légende !

A bientôt !

La légende de Robert le Diable
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La lecture dans les monastères au haut Moyen-Âge

July 28 2010 Published on #Moyen-âge

Bonjour !

Voici le second article d'une série sur la lecture dans le monde occidental, publié alternativement sur biblio-drizzt et historia-drizzt. Le premier billet était -je le rappelle "la lecture dans le monde romain". Je me base toujours sur le livre de Guglielmo Cavallo et Roger Chartier au Points-Seuil ! L'article sera cette fois assez brève car rentrer dans les détails nous amènerait trop loin, autant lire le livre en question !

Le haut Moyen-Âge hérite des traditions et des pratiques de lecture de l'Antiquité. Cette tradition recouvrait les quatre fonctions des études grammaticales :

la lectio - C'était le processus de déchiffrement du texte (discretio) en identifiant lettres, syllabes, mots et phrases avant la lecture à voix haute (pronuntiatio) en y mettant les accents requis par le sens.

l'emmendatio - C'était le processus de correction du texte, visant parfois à l'améliorer et qui est du aux conditions de transmission des écrits à cette époque.

l'enarratio - C'était le processus de commentaire des caractéristiques du vocabulaire, des figures rhétoriques et l'interprétation du contenu du texte (explanatio).

et le judicium - C'était le processus qui consistait à juger les qualités littéraires, philosophiques et morales du texte.

Les auteurs chrétiens vont associer cette pratique de lecture à l'interprétation des Écritures ce qui associe étroitement éducation religieuse et enseignement littéraire. C'est par l'écrit que la Parole de Jésus a pu se transmettre à travers les siècles. On lit désormais pour le salut de son âme.

Dans l'Antiquité, la lecture orale prédominait. Au haut Moyen-âge, elle ne subsiste que dans la liturgie. La lecture silencieuse voit le jour afin de ne pas déranger les autres moines dans les lieux de lecture. On procède ensuite à des questionnement pour voir si la lecture n'a pas été distraite.

De nouvelles techniques de présentation des textes vont apparaitre. Auparavant, c'était la scriptio continua (ne pas séparer les mots) qui était la règle. Puis les copistes anglais et irlandais vont introduire des séparations entre les mots. Plus tard apparaitront les paragraphes, les colonnes et la ponctuation.

Je vous dis à plus tard,sur biblio-drizzt, pour un autre billet sur la lecture au Moyen-Âge : le modèle scolastique de la lecture. !

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Héloise et Abélard

December 20 2009 Published on #Moyen-âge

Abélard est un intellectuel du Moyen-Âge et donc, l'un des premiers intellectuels, même si le mot a ici un peu valeur d'anachronisme.

Avant de parler de sa relation tumultueuse avec Héloïse, présentons le personnage brièvement: Né en Bretagne, en 1079, appartenant à la petite noblesse, Pierre Abélard laisse le métier des armes à ses frères et s'oriente vers une vie consacrée aux études. Il deviendra le chevalier de la dialectique. Éveilleur d'idée, il se porte partout où il y a matière à débats et fait naitre des discussions passionnées.

A Paris, il ressent le besoin de démolir les idoles en s'attaquant au plus illustre des maîtres parisiens, Guillaume de Champeaux.

Des problèmes de santé l'amèneront à se retirer en Bretagne. Il revient à Paris et renverse Guillaume de Champeaux et s'établit sur la montagne Sainte-Geneviève.

Il étudie ensuite la théologie, le plus haut niveau de l'enseignement dans cette société dominée par le Christianisme, redevient étudiant à Laon et suit les cours de l'illustre Anselme. Abélard porte alors un jugement cinglant et sans concession sur le vieil érudit.

Abélard traverse la gloire et c'est durant cette période, à la pleine apogée de sa carrière qu'il va rencontrer Héloïse.
L'amour entre Abélard et Héloïse est racontée dans L'Historia Calamitatum - L'Histoire de mes malheurs, sorte de confession.

A 39 ans, Abélard qui n' a connu l'amour qu'a travers les livres d'Ovide, est assailli par le démon de Midi. il s'éprend d’Héloïse, jeune femme de 17 ans hautement cultivée. Abélard prend en main l'éducation de la jeune fille contre le gîte et le couvert. Elle est la nièce d'un confrère, le chanoine Fulbert. L'amour réciproque nait bien vite mais va tourner au drame.

Premier ennui : on les surprend. Abélard doit quitter la maison de l'hôte trompé. Puis, de furtives, leurs relations s'étalent bientôt.

Second ennui : Héloïse est enceinte. Profitant d'une absence de Fulbert, Abélard envoie Héloïse chez sa soeur en Bretagne. Elle met au monde un garçon, prénommé Astrolabe.

Troisième ennui : le problème du mariage. Abélard craint que cela mette un frein à sa carrière, qu'on se glose de lui. Il va pourtant s'y résoudre pour apaiser Fulbert. Les noces ont lieux dans la discrétion, Fulbert y assiste et veut publier le mariage. Abélard, importuné, fait faire retraite à Héloïse au couvent : c'est en réalité un stratagème pour couper court aux racontars.

Fulbert se croit joué. il s'imagine qu'Abélard se débarrasse d’Héloïse en la faisant rentrer dans les ordres, que le mariage est rompu. Il organise une expédition punitive au domicile d'Abélard : mutilation, attroupement le lendemain matin, le scandale.

Ainsi devait se terminer l'histoire des deux amants. La passion intellectuelle va guérir Abélard , devenu eunuque. Il se retire, comme Héloïse, dans une abbaye. Plus tard, il reviendra enseigner et se disputera avec Saint Bernard qui le fera excommunier. Il meurt le 21 avril 1142. Le grand abbé de Cluny lui avait envoyé une absolution écrite et la fera remettre avec délicatesse à Héloïse, abbesse du Paraclet.

A bientôt !

Source : Jacques Le Goff, les Intellectuels au Moyen-Âge

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