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Posts with #theatre tag

La Place Royale - Pierre Corneille

December 25 2016 Published on #Littérature XVIIème, #Théâtre

La Place Royale ou l'amoureux extravagant est une comédie en cinq actes de Pierre Corneille composée en 1634.

Il est question de rupture amoureuse, et, à travers ce motif, l'auteur Corneille aborde les thèmes de l'amour et de la liberté. La pièce connu un grand succès au moment de sa sortie. Elle fait bien évidemment partie des classiques du théâtre français !

Pour ma part, j'ai toujours eu une préférence pour Pierre Corneille que pour Jean Racine que je trouve trop sinistre et grandiloquent ! Sa Phèdre m'a barbé comme pas possible en classe de Première S !

Alidor est l'amant d'Angélique. Celle-ci est aussi la maitresse de Doraste qui est amoureux d'elle. Alidor a un ami, Cléandre. il faut aussi compter avec Phylis la sœur de Doraste dont Lysis est transi. Enfin, comme dans toute bonne comédie de cette période, on a les domestiques, Polymas et Lycante, respectivement au service d'Alidor et de Doraste ! Les personnages sont en place, quelle est l'intrigue ?

Alidor et Angélique s'aiment réciproquement mais Alidor est néanmoins embarrassé/ incommodé de cet amour - il tient à sa liberté ! Le mariage est perçu comme une catastrophe pour lui, des chaines ! Alidor va essayer de jeter son amante dans les bras de son ami Cléandre, en rédigeant une fausse lettre d'infidélité !

Mais Angélique va plutôt se rapprocher de Doraste alors Alidor, vraiment "extravagant" va tenter de la séduire à nouveau ! Il lui donne un rendez-vous et va essayer de la faire enlever par Cléandre. Le plan échoue car il y a erreur et c'est Phylis qui est enlevée ! Angélique se rends finalement compte de la duperie d'Alidor et décide de rentrer au couvent !

Une pièce pleine de péripéties et assez rocambolesque au final !

La pièce se déroule dans le quartier de la Place Royale qui était - si je ne m'abuse ! - le quartier des libraires et des courtisans, plein d'activités où il fallait être vu !

Une bonne petite pièce assez "classique" ! Malheureusement qu'on n'étudie plus guère qu'à l'école - et encore à l'Université ! Il faut redonner le goût de la lecture et des classiques à nos jeunes - et pas seulement du Harry Potter - car ces pièces ont des thématiques universelles ! Ici Alidor veut "larguer sa meuf" au fond !

A bientôt !

La Place Royale - Pierre Corneille
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Les Bonnes - Jean Genet

August 10 2016 Published on #Littérature XXème, #Théâtre

Jean Genet est un écrivain, poète et auteur dramatique français, né en 1910 et décédé en 1986. Par une écriture raffinée et riche, Genet provoqua maintes fois le scandale en exaltant notamment la perversion, le mal, l'homosexualité et l'érotisme ! Ses personnages, à l'image des deux sœurs de la pièce de théâtre Les Bonnes, sont marqués par l'ambivalence ! Par ailleurs, l'écrivain revendique une asocialité profonde et a connu la prison. Genet était clairement attiré par l'"Interdit" !

Les Bonnes est donc une pièce de théâtre de Jean Genet, écrite en 1947, tragique et violente - que pour ma part, j'ai étudié en 2007 lors de ma première année d'études de Lettres modernes ! Même si Genet le nie, on pourrait penser qu'il s'agit de la mise sur planches du fait divers des sœurs Papin, survenu quatorze ans plus tôt où ces deux femmes ont assassiné leurs patronnes ! Néanmoins, l'auteur reconnaît s'en être inspiré !

Les deux bonnes sont Claire, la plus jeune et la plus révoltée et Solange qui parait plus réservée. Elles sont au service de "Madame", une riche femme avec laquelle elles entretiennent une relation assez floue ! Le duo complote pour nuire à cette femme mais n'ose pas encore passer à l'acte !

Ainsi, plus tôt, elles ont rédigé une fausse lettre de dénonciation afin de faire emprisonner l'amant de Madame ! Puis elles tentent d'empoisonner leur maîtresse en lui faisant boire du tilleul ! Mais Madame ne boira pas la tasse fatale et lors de la scène finale, Claire se livre alors à un jeu de rôle où elle prends la place de Madame et boit réellement le tilleul empoisonné, mourant pour le coup pour de bon et assassinant ainsi symboliquement Madame !

Cette pièce - au propos malsain ! - est une parodie de pièce tragique où la Raison (Solange) s'oppose à la Passion (Claire) ! Mais en voulant tuer Madame, les deux sœurs ne se lancent-elles pas à la recherche d'elles-mêmes, elles simples employées de maison donc déterminée socialement !? Il ne s'agit pourtant pas, comme l'a précisé Genet, d'un plaidoyer pour les domestiques ! Il y a néanmoins une satire et une critique de la bourgeoisie du XXème siècle !

Cette pièce est en réalité une métaphore où les personnages s'effacent pour symboliser Raison et Passion ! Genet, par nature, était à l'origine hostile au théâtre et souhaitait s'éloigner des conventions classiques ! Cela explique peut-être - apr l'aspect anticonformiste de l’œuvre et le caractère sulfureux du dramaturge - que la pièce suscita de vives réactions d'hostilités à sa sortie ! Pour ma part, je n'en suis pas vraiment fan car je trouve Les Bonnes légèrement déprimante !

La pièce fut mise en scène par Louis Jouvet pour la première fois en avril 1947, au Théâtre de l'Athénée. On a tout de même reconnu la puissance dramatique des Bonnes !

A bientôt !

Les Bonnes - Jean Genet
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Turcaret - Lesage

May 7 2016 Published on #Théâtre, #Littérature XVIIème

Turcaret ou le Financier est une comédie en cinq actes en prose d'Alain-René Lesage, représentée pour la première fois à la Comédie Française le 14 février 1709.

Lesage se montre ici le digne héritier de Molière. Sa comédie rappelle par bien des égards le Tartuffe de Jean-Baptiste Poquelin !

La pièce tourne autour d'une jeune veuve dépensière, la Baronne ! Pour régler ses dettes nombreuses, elle va se servir de M. Turcaret, son amoureux transi, qui lui a fait une promesse de mariage. Or le monsieur est déjà marié en cachette ! La veuve profite donc de l'argent de son financier et donne ces sommes au Chevalier qu'elle aime lequel les débourses dans les jeux d'argent sans compter !

Au final, Turcaret est ruiné et la veuve et le Chevalier sont trompés ! Les seuls à tirer leur épingle du jeu sont deux serviteurs, Frontin et Lisette, qui ont mis de l'argent de côté !

C'est donc en quelque sorte une pièce sur la tempérance et la modération ! Turcaret est aussi une satire âpre et vigoureuse de la platitude naturelle et des vices d’emprunt du parvenu de la fortune, dépourvu d’éducation.

On pense qu'avec cette pièce, Lesage aurait voulu se venger de quelques financiers dont il était débiteur ! Turcaret, avant même sa sortie, déclencha, comme Tartuffe, des réactions vives d'hostilité ! Les financiers usèrent de toutes les ficelles pour faire interdire la pièce allant même jusqu'à proposer de l'argent à son auteur ! Finalement, le dauphin, fils de Louis XIV trancha et exigea qu'on joue la pièce !

Le financier Turcaret est en effet dépeint de manière fort négative avec toute sa laideur morale et sa bassesse ! Cette pièce, c'est aussi celle des "trompeurs trompés" ! Le serviteur, seul, s'en sort à l'image d'un Scapin ! Ce monde ignoble et odieux a un fort potentiel comique !

On a reproché à Lesage un tableau fort déplaisant ! Mais il ne faut pas oublier que le genre comédie a un rôle d'édification ! Turcaret est ainsi une "comédie de mœurs" !

Voilà, le théâtre est un genre qui mérite toute votre attention et celui du XVIIème est au sommet (Corneille et Racine dans le genre tragique et évidemment Molière pour la comédie !) !

"Au théâtre ce soir..."

A bientôt !

Turcaret - Lesage
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La Troupe de l'Affaire qui Roule

April 19 2014 Published on #Théâtre, #Coups de coeur

Je suis de ceux qui pensent que la culture doit être l'affaire de tous et dans cet optique, je ne peux qu'applaudir la Troupe de l'Affaire qui Roule !

La psychiatrie ne doit pas être un milieu cloisonné - séparée du reste de la société. Le "fou" doit s'ouvrir sur le monde et ne pas être stigmatisé ! Il doit aussi accéder - comme les enfants, les détenus dans les prisons, les personnes âgées - à la culture et dans ce cas au théâtre.

L'EPSM (Établissement public de santé mental) du Bon Sauveur est l’hôpital psychiatrique de Caen. Il possède une salle de spectacle de 280 places - où la Troupe de l'Affaire qui Roule a donné son spectacle bisannuel ce 18 avril 2014 à 20 heures 30 ! J'étais dans la salle !

La compagnie existe depuis 15 ans. C'est une troupe d'une quinzaine de personnes - tous patients en psychiatrie - et qui fait du théâtre d'improvisation. Tous les deux ans, ils proposent une pièce sur scène pour un prix d'entrée modique. Évidemment, cela reste du spectacle amateur mais c'est néanmoins offert au public avec sérieux et passion !

Et puis, il n'est pas facile - pour des personnes la plupart timides ou angoissés dans la vie - de se produire sur scène et cela mérite un coup de chapeau !

Le spectacle de cette année s'intitulait "Touche pas à mon village" et rassemble une bonne équipe de personnages, les cafetiers, le boulanger, le curé, la mairesse, le comte, les paysans et leur voyante de fille, la rebouteuse, l'idiot du village ("j'en pige pas une"), la maitresse d'école. C'est bien brossé et rempli d'humour à l'image de l'"Abbé Rézina" !

Le village est en crise et la maire a bien du mal a tenir ses ouailles. L'école doit fermer et les administrés se mobilisent. Un promoteur immobilier est à l'affut au service de la société "Embrouille". Que faire ?

Deux groupes se constituent ! Il y a les "conservateurs du patrimoine" qui ne veulent pas d'étrangers et ceux qui souhaitent que le hameau s'ouvre sur l'extérieur, notamment commercialement !

La solution vient du cousin chinois de la mairesse - qui nous avait caché sa grand-mère tonkinoise (son goût pour le saké aurait dû nous mettre la puce à l'oreille !) - qui apporte la solution - et une grosse valise de billets ! Le village deviendra une fabrique de farces et attrapes !

Une pièce placée visiblement sous le signe du rire et de la bonne humeur !

Et j'ai la chance de connaitre deux des comédiennes : Christèle et Christine ! Bravo mesdames !

A bientôt !

La Troupe de l'Affaire qui Roule
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Un peu de brume dans la tête - Théâtre du Chaos

March 19 2014 Published on #Théâtre, #Coups de coeur

Je suis bien conscient que je ne parle pas assez de théâtre et de poésie sur ce blog ! Je vais remédier à un de ces manques en vous parlant du Théâtre du Chaos !

C'est une compagnie parisienne qui monte de nombreux projets et parmi ceux-ci du théâtre interactif -qui relève du théâtre d'improvisation en faisant participer le public !

J'ai assisté en mars 2014 à l'une de leurs pièces : deux comédiennes et un comédien sur scène endossent plusieurs rôles dans Un peu de brume dans la tête, une pièce de Georges de Cagliari mise en scène par Sara Veyron, une pièce assez juste sur la vie d'une jeune femme atteinte de schizophrénie (je préfère dire "atteinte de schizophrène" que "jeune schizophrène" car la maladie ne la définit pas !), Julie et de ses parents déboussolés.

Une pièce qui mise sur la déstigmatisation - les acteurs jouent tous très juste ! Peut-être la description des symptômes de la jeune femme est -elle un peu exagérée mais ce n'est nullement dû au jeu de l'actrice - c'est voulu car on est au théâtre et il faut amplifier les choses dans un espace réduit !

La schizophrénie, cette maladie très mal connue - assimilée à tort à la dangerosité, aux tueurs en série et aux pousseurs du métro. La faute aux médias, aux journalistes que pour ma part et pas seulement sur ce sujet je trouve de plus en plus oublieux de déontologie et de professionnalisme. Il faut dire qu'aujourd'hui journalisme se résume à fouiller les poubelles des gens ou à suivre des présidents en scooter ! Mais je m'égare...

Comme c'est du théâtre interactif - la pièce dure une petite heure en 5 ou 6 "tableaux", le public dans la salle est ensuite convié à un débat pour cerner dans le cas présent qui est en souffrance, discuter, proposer des solutions, cerner ce qu'est la maladie psychique et ensuite monter sur scène pour jouer ce que l'on a proposé. C'est assez sympa et les comédiens improvisent de nouvelles situations. Je les ai trouvés décidément très doués tous les trois !

Le théâtre interactif du Théâtre du Chaos court au plus près de la vie. Ils proposent aussi des pièces sur l'alcoolisme, les relations hommes/femmes, le racisme, le diabète... J'aimerais assez découvrir davantage de leur éventail de pièces et le ferais surement si ils reviennent à Caen !

On peut aussi retrouver ces "intermittents du spectacle" dans d'autres projets hors-chaos, des téléfilms, du répertoire classique. Je vous renvoie au site web de la compagnie Sara Veyron !

A bientôt !

Un peu de brume dans la tête - Théâtre du Chaos
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Naissance et vie du théatre grec

July 17 2010 Published on #Théâtre

Voici une courte présentation du théâtre antique de la Grèce en deux temps.

I - Les quatre sources du théâtre grec

  • Les représentations chorales publiques

"Theatron" signifie "lieu où l'on peut voir" (les cérémonies religieuses, les assemblées politiques...)

Le chœur est un ensemble de chanteurs. Par la suite, le chœur est composé de personnages représentant la communauté. Il chante, danse et parle. Un interprète soliste, le coryphée, dialogue avec les protagonistes. Quant au choeur, son énonciation s'adresse à elle-même, c'est à dire en fait aux spectateurs.

  • Les thrèmes (chants funèbres) en l'honneur des morts

Certains sarcophages minoens et mycéniens témoignent de la coexistence de scènes de deuil (pleureuses professionnelles) et de manifestations dramatiques, assorties de parties instrumentales, de passages chantés par des chœurs (thrèmes) et de la présence de coryphées. On se référera aux funérailles de Patrocle dans L’Iliade (chant XXIV, vers 719 et suivants)

  • Les danses costumées et masquées

Une autre source probable du genre tragique, les rites au cours desquels, de Milet à Corinthe, on se déguisait pour danser.

  • Les déclamations des épopées

Dès le VIIIème siècle avant JC, les épopées commencent à être fixées par l'écriture. Les aèdes mettent à la mode ce genre guerrier, mais ils n'en sont pas les inventeurs :Ils récitent en psalmodiant, les longs récits en héxamètres dactyliques, légués par la tradition.

Plus tard, les "rhapsodes" reprennent le flambeau.

A l'origine, un lien congénital entre le théâtre et le rite s'impose. Le chant et la danse qui relèvent de ces divers spectacles exigent une compétence, une éducation.

Le théâtre se place sous le signe de Dionysos, le dieu-masque, fils de Sémélé et de Zeus. Le masque est le symbole d'une possession divine.

II - Les institutions

Le théâtre grec était à la fois civil et religieux

Mais si la religion est encore présente dans les institutions qui règlent le théatre grec adulte, c'est la cité qui lui donne son sens.

Le culte dionysiaque est présent dans les coordonnées du spectacle (temps et espace),moins dans sa substance.

Grandes Dionysis, Lénéennes, Dionysis champêtres, c'est au cours de ces fêtes que se déroulent les "premières" des pièces d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide.

Quelques pièces célèbres (la plupart sont perdues) :

Sophocle - Ajax, Antigone, Oedipe-Roi, Philoctète Oedipe à Colone

Euripide - Alieste, Médée, Hippolyte, les Troyennes, Hélène, Oreste

Aristophane - Les Cavaliers, les Nuées, Lysistrata, les Grenouilles

Ces pièces sont écrites dans la seconde moitié du Vème siècle avant JC, contemporaines de la Guerre du Péloponnèse.

Voila pour aujourd'hui, j'aurais l'occasion de revenir dans le détail sur ce théatre dans le futur.

A bientôt !

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Le Mariage de Figaro - Beaumarchais

December 24 2008 Published on #Littérature XVIIIème, #Théâtre

Aujourd'hui, nous allons parler théâtre et revenir au Siècle des Lumières avec sa volonté d'émancipation en la personne du valet Figaro ! Il y a en effet dans Le Mariage de Figaro une revendication politique !

Le Mariage de Figaro est une comédie en cinq actes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais lue en 1781 à la Comédie Française mais dont la première représentation publique officielle n'eut lieu que trois ans plus tard, le 27 avril 1784 au théâtre de l'Odéon. Mozart en fit un opéra deux ans plus tard !

Ecrite et jouée à la veille de la Révolution française, la pièce est considérée comme un signe avant -coureur de ce séisme politique car elle dénonce en effet les privilèges de l'Ancien Régime ! Louis XVI a exécré cette pièce là où Danton et Napoléon l'ont loué !

Ensuite, cette œuvre fait partie d'un triptyque : "Le Roman de la Famille Almaviva" où elle est centrale entre Le Barbier de Séville et La Mère Coupable !

Suzanne et Figaro doivent se marier mais la jeune femme apprends à son futur époux que le Comte lui fait des avances et a rétabli le droit de cuissage qu'il avait aboli des années auparavant lors de son mariage avec Rosine, devenue la Comtesse, dans Le Barbier de Séville ! Figaro en ressent alors de l'amertume et comprends pourquoi le noble voulait l'éloigner !

Deux importuns, Bartholo et Marceline - qui est la mère de Figaro, est amoureuse de lui, ignorant qu'il est son fils ! - vont tenter d'empêcher la noce ! Tandis que Chérubin se languit de la Comtesse !

Une pièce qui comme vous le voyez tourne autour de quiproquos et de rivalités amoureuses ! Le Comte veut mettre la main sur Suzanne et Marceline sur Figaro !

Le moment clé du récit est le célèbre monologue de Figaro sur le droit de cuissage et les privilèges ! En quelque sorte, le valet se révolte et préfigure, comme on l'a dit, la Révolution !

Pour ma part, ai lu cette pièce durant mes études mais suis complétement ignorant des deux autres pièces !

Le Mariage de Figaro s'inscrit dans le mouvement plus vaste des Lumières, de la naissance de l'opinion publique et montre le pouvoir politique et contestataire du théâtre !

A bientôt !

Le Mariage de Figaro - Beaumarchais
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L'Illusion comique - Pierre Corneille

December 9 2008 Published on #Théâtre

Parlons aujourd'hui d'une figure originaire de la Normandie, le dramaturge classique, Pierre Corneille, et de sa pièce bien particulière et inclassable de 1635, représentée pour la première fois au Théâtre du Marais l'année suivante, L'Illusion comique ! C'est une pièce en cinq Actes !

Pièce bien particulière car elle contient une sorte de mise en abymes ! C'est en effet une pièce sur le théâtre qui était alors accusé de barbarie et de mauvaises mœurs - notamment par l'Eglise  ! Il y a un récit cadre et un récit "encadré" et la pièce concerne donc notre rapport à la réalité - outre une intrigue amoureuse !

Analysons maintenant plus en détail cette pièce lancée sous l'égide de Richelieu qui souhaitait une renaissance de la culture française pour la gloire du pays !

Corneille déploie tout un arsenal de moyen dans cette pièce dans le genre baroque, à la fois tragi-comédie, pastorale, avec des influences romanesques et de la commedia del'arte !

Dans l'Acte I, nous assistons à l'histoire de Pridamant qui recherche son fils Clindor et qui lui-même assiste à un spectacle de "spectres parlants" mené par le magicien Alcandre.

Les Actes II à IV - récit enchâssé - , raconte alors l'histoire du jeune homme. On retrouve en effet Clindor et son maître Matamore. Ce dernier se vante d'exploits imaginaires - ce qui à donné lieu à l'expression "un Matamore" ! Clindor et Isabelle s'aiment mais Clindor a un rival, Adraste, qui demande la main de la jeune femme à son père et fait espionner les deux amants par la servante Lyse qui veut faire payer à Clindor sa préférence pour Isabelle.

Géronte le père d'Isabelle fait des reproches à sa fille dans l'Acte III et éconduit Matamore venu fanfaronner ! Clindor fait mine de séduire Lyse qui va alors chercher à se venger. Par la suite, Adraste surprend le baiser de Clindor à Isabelle, lui donne un coup d'épée et va le faire exécuter !

Dans l'Acte IV, Clindor croupis dans une geôle mais Lyse effectue un revirement et vient le libérer aidée d'Isabelle. Matamore fait aussi parti du groupe, qui s'était caché dans le bûcher !.Le magicien explique à Pridamant qu'il va maintenant voir son fils deux ans plus tard...

Puis, l'Acte V est encore plus ambiguë ! Les protagonistes ont évolués ! Isabelle porte des habits de princesse et vit dans un palais, se plaint de son "perfide époux", Clindor qui doit renoncer à Rosine pour éviter le suicide d'Isabelle ! Le prince Florilame finit par tuer Rosine et Clindor. Pridamant est alors effondré puis perplexe lorsqu'il les voit tous en vie se partager de l'or ! En vérité, nos héros sont une troupe d'acteurs qui viennent d'interpréter une tragédie ! L'Illusion comique se termine donc sur une apologie du théâtre capable de nous dépayser !

Après cette pièce, Corneille n'écrira plus que des tragédies, lui qui avait composé auparavant des comédies et des tragi-comédies.

Une pièce assez surprenante qui marque donc le grand virage de l'auteur qui maitrise désormais complétement son sujet ! Par la suite, Corneille se montrera plus respectueux des règles du genre établies par Aristote dans sa Poétique !

Voilà pour mon traitement de ce classique !

A bientôt !

L'Illusion comique - Pierre Corneille
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Les Mains sales - Jean-Paul Sartre

December 8 2008 Published on #Théâtre, #Philosophie, #Littérature XXème

"Suffit-il de bien juger pour bien agir ?"

Jean-Paul Sartre, homme multi-casquettes, à la fois dramaturge, essayiste et philosophe, pourrait nous permettre de répondre à cette question, du moins nous éclairer - lui qui a si souvent posé la question de l'engagement des intellectuels - notamment avec sa pièce en sept tableaux de 1948, Les Mains sales !

Les préoccupations de l'auteur transparaissent à travers les réflexions et les paroles de son héros, Hugo, un jeune bourgeois qui a renié son père et en fait sa classe pour s'engager au Parti, pour le communisme et la révolution !

L'intrigue se passe durant la Seconde Guerre mondiale, en Illyrie, dans un pays de l'est de l'Europe où un parti révolutionnaire opposé au Régent utilise un jeune idéaliste pour assassiner un de leur membre qui a "dévié de la ligne", un certain Hoederer !

La pièce s'articule autour d'un récit cadre qui contient un autre récit sous forme de flash-back ! Hugo qui sort de prison retrouve Olga dans la scène 1 ! Il a tué Hoederer et Olga doit déterminer si il peut être encore utile au Parti, "récupérable", ou si on doit l'éliminer ! Hugo joue sa vie et la femme l'interroge sur les circonstances du meurtre que le Parti a commandité et qui a amené le jeune homme en prison !

Ce sont ensuite les tableaux 2 à 6 où on voit se développer la relation entre Hugo et Hoederer pour lequel il travaille comme secrétaire et qu'il doit liquider ! Mais Hugo hésite, planque son pistolet tandis que sa femme Jessica titille ses doutes !

Bientôt, Hugo, qui ne songe pas à remettre en compte le Parti, doute du bien-fondé de sa mission et se rends compte que sa cible, Hoederer, est en réalité celui qui détient la vérité ! Sera-t'il un assassin ? Doit-il obéir aveuglément ?

Finalement, un événement imprévu et non prémédité va précipiter les choses ! Le hasard, la contingence, et Hugo devient un assassin ! Perdu par sa femme dans un crime passionnel !

Le tableau final revient au "présenté et montre Hugo qui choisit d'être exécuter pour ne pas diminuer la portée de son acte et ne pas salir la mémoire de Hoederer qu'au final il admirait !

Cette pièce a une indéniable portée politique et philosophique ! Sartre y peint notamment le marxisme qu'il juge alors altéré par le pragmatisme matérialisme : se rallier aux circonstances ! Hoederer pense collectif tandis que Hugo est dans la phénoménologie et le solipsisme qui empêche d'agir en responsabilité ! Sartre, penseur de l'existentialisme, est dans une position intermédiaire ! Je ne développe pas plus ici ces questions fort complexes !

La pièce peut se lire dans une finalité de réflexion mais aussi d'un point de vue plus dans le divertissement ! Cela reste une pièce très intéressante par bien des aspects et j'ai beaucoup aimé Les Mains sales !

A bientôt !

Les Mains sales - Jean-Paul Sartre
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On ne badine pas avec l'amour - Alfred de Musset

December 7 2008 Published on #Théâtre, #Littérature XIXéme

Sous son titre en forme de proverbe, On ne badine pas avec l'amour est une pièce de théâtre, de 1834,  d'Alfred de Musset alors âgé de 24 ans. Elle est écrite en prose et est assez caractéristique du drame romantique. Elle est destiné à l'origine à la lecture et non à la représentation. L'influence du drame romantique se fait surtout sentir dans le dernier acte - avec les thèmes de l'échec et de la mort - dans un canevas qui s'apparentait jusque là plutôt  à l'intrigue sentimentale légère !

Etudier le contexte des oeuvres est important dans les études littéraires ! C'était la théorie du critique du XIXème siècle, Sainte-Beuve, alors que les Structuralistes, au siècle suivant, rejetaient l'auteur et la biographie au profit du texte ! Cette pièce a été écrite par Musset après son retour de Venise, seul, et sa rupture amoureuse avec George Sand, la figure féminine des Lettres de l'époque. Musset se lance alors dans ce projet pour La Revue des deux Mondes - dans la lignée d'Un spectacle dans sa fauteuil : écrire un autel à son amour avec Sand !

Mais notre auteur ne se voit pas écrire une comédie légère et oriente la pièce vers le drame ! La fameuse tirade de Perdican, le protagoniste masculin de l'oeuvre, très désabusée, s'inspire et reprends de pans entiers de la correspondance entre Sand et Musset : "Tous les hommes sont menteurs, inconstants..." mais l'amour vaut tout de même la peine ! Si vous ne connaissez pas cet extrait, filez le lire tout de suite car cela vaut son pesant de pépites !

La pièce se déroule au château du Baron et mets en scène Camille, sa nièce de 18 ans, qui sort du couvent et Perdican, le fils du Baron, 21 ans, un jeune homme érudit car sortant des études. Les deux jeunes gens se retrouvent après dix ans de séparation dans ce château où ils se sont aimés. Le Baron projette de marier les deux jeunes cousins.

Malheureusement, Camille a été endoctriné par les religieuses et se méfie des hommes et de l'amour. Elle a pris la décision de vouer sa vie à Dieu en retournant au couvent ! Elle a toutefois des sentiments pour Perdican mais qu'elle cache par pur orgueil !

Perdican va vite se retrouver au désespoir par ce refus de mariage ! Il intercepte une lettre qui le touche dans son amour propre. Il décide alors  de se venger en séduisant Rosette, une jeune paysanne, soeur de lait de Camille, espérant rendre cette dernière jalouse !

Mais Camille est au courant du fait que Perdican a lu sa lettre et voit clair dans son comportement ! Elle avertit Rosette qui s'aperçoit de la tromperie et perds connaissance ! a la fin, Camille et Perdican s'avouent finalement leur amour mais Rosette les observait en cachette et meurt d'émotion ! Camille conclut alors "Elle est morte. Adieu Perdican." Une fin tragique somme toute !

Parmi les thèmes de la pièce, on a donc un certain anticléricalisme et une critique sociale sous-jacente. Le badinage amoureux et le libertinage sont également abordés dans la lignée de Marivaux. Au final, la mort l'emporte sur l'amour, le témoignage d'un siècle désabusé par la Révolution française ? En réalité, la pièce présente une certaine liberté formelle et un caractère intemporel qui la rende difficile à classer, entre comédie et drame !

Si vous aimez le théâtre, c'est une pièce que vous vous devez de lire !

A bientôt !

On ne badine pas avec l'amour - Alfred de Musset
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