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Valérian - Tome 1 : La Cité des eaux mouvantes - Christin & Mézières

July 26 2017

En ce jour, le mercredi 26 juillet 2017, sort au cinéma le nouveau film de Luc Besson,Valérian et la Cité des Mille Planètes. Le réalisateur risque gros et les premières critiques sont mauvaises ! Le film s'est fait massacré aux Etats-Unis ! Il est vrai qu'une partie des journalistes rêvaient de "se payer" Luc Besson et que les Américains n'aiment pas que des étrangers réalisent des films de SF ! Nous parlerons de ce film une autre fois !

La série de BD Valérian, agent spatio-temporel, rebaptisée par la suite Valérian et Laureline  - qui compte 23 albums ! - est l'oeuvre du scénariste Pierre Christin et du dessinateur Jean-Claude Mézières. Ces deux-là se sont connus dans l'enfance - j'ai lu quelques part qu'ils s'étaient réfugiés dans la même cave durant des bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, dans les années 1960, lassé de la France, les deux amis se rendent chacun de leur côté aux Etats-Unis.

Christin anime alors des séminaires sur la "Nouvelle Vague" et les Surréalistes à l'Université de Salt Lake City dans l'Utah. Mézières a lui un visa qui l'autorise à travailler comme stagiaire industriel dans une entreprise de charpentes métalliques. Toutefois il ne dessinera jamais la moindre charpente car il préfère se consacrer à la vie de cow-boy à l'ouest du Pecos. Mais le travail se fait rare dans les ranch à cause de chutes de neige et Mézières décide de rendre visite à son ami Christin ans l'Utah qui l'hébergera.

C'est Christin qui va convaincre son ami Mézières de se remettre à la BD car celui-ci avait réalisé quelques petits récits dessinés quelques années plus tôt. Pour le pousser, le professeur de l'Utah scénarise un petit récit de huit pages, Le Rhum du Punch qui sera publié par Jean Giraud, le papa de Blueberry dans Pilote.

Ce n'est que de retour en France que les deux amis se consacreront véritablement à la BD et en viendront à créer Valérian, une série de SF. Le style de Mézières, proche de celui de Franquin ne semble alors pas forcément le plus adapté pour ce genre de récit pourtant la "sauce" va prendre !

Le premier récit des aventures de Valérian et Laureline commence à paraître dans le numéro 420 de Pilote, du  9 novembre 1967 et s'intitule Les Mauvais rêves.  Mais ce ne sera pas le premier récit à sortir en album, ce privilège revenant, en 1970, à La Cité des eaux mouvantes - prépubliée dans pilote en 1968.

Valérian est un agent du service spatio-temporel, basé à Galaxity, capitale galactique de l'empire humain. il mène des missions avec la jeune Laureline, une femme au caractère bien trempée. Alors qu'il profite d'un repos avec sa collègue, il est convoqué par son intendant pour une mission qui l'amènera à voyager dans le temps - cette technologie étant maîtrisée à son époque, le XXIVème siècle - et à se rendre en 1986 pour empêcher que Xombul, le seul prisonnier politique de Galaxity, ne modifie le passé !

en effet, en 1986 a eut lieu sur Terre un grand cataclysme nucléaire qui a plongé l'humanité dans la chaos, fonte des glaces, montée du niveau des eaux, typhons, tremblements de terre et éruptions volcaniques ! Puis en trois siècle, les hommes se sont relevés et ont fondé Galaxity. Au passage, dans le monde réel, rappelons que 1986 est l'année de la catastrophe de Tchernobyl ! Visionnaires, Christin et Mézières ?

Valérian débarque donc en 1986, dans une ville de New York sous les eaux, la "cité des eaux mouvantes" ! Il est d'abord confrontés à des pillards, menés par un certain Sun Rae - qui deviendra un allié ! Il retrouve vite la trace de Xombul et est rejoints par Laureline, toujours aussi tête brûlée et venue en renfort !

La BD possède un aspect tragique ! On voit bien que l'Humanité est dévastée ! C'est l'anarchie la plus totale ! Valérian, Laureline et leurs alliés d'occasion parviendront-ils à défaire Xombul ! Un récit bien mené même si je trouve le dessin assez "moche" pour ce premier album ! Nul doute que le style de Mézières évoluera par la suite - comme pour tous les dessinateurs (j'avais déjà signalé les évolutions stylistiques d'un Morris ou d'un Franquin !). J'attends donc de voir la suite de la série qui s'avère en tout cas prometteuse au niveau du scénario qui est remplie de nombreux paradoxes temporels et retournements de situations !

A bientôt !

PS ! La collection reparaît en ce moment en kiosque, encore chez Hachette-Collection !

Valérian - Tome 1 : La Cité des eaux mouvantes - Christin & Mézières
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Die by the Sword - Treyarch

July 25 2017 Published on #Jeux vidéo

Il est des jeux à la prise en main délicate mais qui dès qu'on les maîtrise, procurent une intense satisfaction ! C'est le cas de Die by the Sword, jeu vidéo d'action-aventure et de combats à l'épée, en 3D, produit par la société Treyarch, et sorti en 1998.

Dans ce jeu prenant mais difficile, vous dirigez un chevalier moyen-âgeux d'une manière un peu particulière puisque d'une part, vous pouvez le faire marcher, courir, bondir et dans le même temps, vous dirigez de manière indépendante, à la souris ou au joystick, les mouvements de son épée ! Cela demande un certain doigté et un petit temps d'adaptation !

Le jeu, en raison de cette difficulté de prise en main, n'eut pas le succès escompté - d'autant qu'en même temps, Eidos sortait son Tomb Raider ! j'ai eu l'occasion de faire le tout début du jeu ! Votre chevalier évolue dans une espèce de labyrinthe, parsemé de pièges mécaniques diaboliques et de monstres ! Le moindre faux pas vous coûte la vie !

Le jeu offre également un mode multijoueurs en "Deathmatch" et "Coopération" ! Il vous est alors possible d'affronter d'autres joueurs - jusqu'à trois ! - dans des combats à l'épée !

Parviendrez-vous au bout de la quête dans ce qui s'annonce comme une exploration somme toute assez classique de "donjons" ! Des Arènes ! A vous de voir !

A bientôt !

PS : Ca y est, ce jour, 25 juillet 2017, ai dépassé les 200000 pages vues sur mon eklablog ! Champagne (aimerais juste avoir plus de retours et de commentaires !) !

Die by the Sword - Treyarch
Die by the Sword - Treyarch
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Leçons de sociologie - Emile Durkheim

July 23 2017 Published on #Sociologie, #Essais

Emile Durkheim est le père fondateur de la sociologie française, le terme ayant été des décennies plus tôt inventé par Auguste Comte ! Après la Seconde Guerre mondiale, cette sociologie durkheimienne est tombé en désuétude...

Mais au début du XXème siècle, Emile Durkheim était la figure d'autorité. Les Leçons de sociologie est un ouvrage qui regroupe dix-huit cours dispensés entre 1890 et 1900. Entrons tout de suite dans le vif du sujet !

L'objet d'étude de Durkheim dans ces cours est la morale qu'il classifie en plusieurs sous-catégories de morales ! Il y a la morale individuelle, la morale domestique et la morale civique. Et entre ces morales, il y a la morale professionnelle.

Tout acte social entraîne une conséquence qui est l'adéquation de cet acte avec ce qui est permis ou prohibé ! Les actes individuels sont régis par la pression collective. si dans le cas de la morale civique, c'est toute la société qui fait pression avec ses lois, il y par contre autant de morales professionnelles, il y a la morale industrielle or l'économie et l'industrie se développe du temps de Durkheim, au début du XXème siècle et le sociologue constate que les liens entre les sociétés qui forment le tissus économique sont lâches - au grès des contrats et des affaires. L'auteur a conclut à un relâchement de la morale dans la sphère économique qui contamine la morale individuelle des acteurs.

En résumé, toutes les formes de l'activité sociale ont une discipline sociale qui leur est propre ! La discipline morale empêche l'industrie d'attenter aux intérêts collectifs, la problématique de Durkheim : société contre individus ! Pour Durkheim, la société prime !

La vie économique relève-t'elle de l'anarchie morale ? En rapport avec la "main invisible" d'Adam Smith, d'un monde qui s'autorégule ! Or les fonctions économiques agissent sur le reste de la vie sociale, sur le bonheur de la communauté sociale. Elles peuvent être sources de conflits or la société recherche la paix. L'économie ne serait productive qu'en troublant la paix sociale.

Dans le deuxième cours, Durkheim se livre à un long exposé sur les corporations de métier,  actives au Moyen-âge, abolies à la Révolution française mais remontant en fait à l'Antiquité. Ces corporations avaient, au delà des aspects utilitaires, un caractère unificateur : "une grande fraternité régnait dans leur sein". Ce sont donc des milieux moraux ! Elles fixaient des règles de vie.

A notre époque, dans un troisième cours, Durkheim plaide pour des "corporations nationales" alors que jusque là elles étaient liées à la commune ! Doit-on faire un parallèle avec les !syndicats qui apparaissent au début du XXème siècle ?

Après la morale individuelle, la morale familiale et professionnelle, dans les cours suivants, Durkheim se penche sur la morale civique qui est en rapport avec le groupe politique : l'Etat. Or qu'est-ce qu'une organisation gouvernementale ? Ce n'est pas comme on a pu le croire en lien avec un espace, un territoire, mais c'est en réalité un ensemble qui lie entre eux plusieurs groupes secondaires, des familles, des corps de métier, etc,.  Durkheim réfute en passant le modèle.. de la société patriarcale que rien n'atteste historiquement.

Notre auteur pose ensuite que tout un ensemble de mythes, de légendes, une sorte de "conscience collective" parcourt la société des gouvernés mais que dans le même élan, les gouvernants - l'Etat - génère aussi une pensée, une conscience - dont il est précisément le plus conscient. L'Etat pense et l'administration exécute.

L'Etat est le garant des droits  de l'individu. Il a toutefois, note Durkheim d'autres rôles à remplir ! Le culte de la Cité, en rapport avec le religieux, le besoin pour l'Etat d'accroître son propre prestige est historiquement important ! Mais la vie individuelle a pris de plus en plus d'importance ! Les individus  deviennent des fins et non plus des moyens pour la gloire du collectif ! Culte de la cité et culte de l'individu !

Par ailleurs, l'Etat concentre son action sur l'"intérieur" et délaisse peu à peu l'"extérieur" et la guerre. Une manière de réconcilier patriotisme et cosmopolitisme ?

Durkheim rappelle ensuite la classification des régimes politiques en monarchie,  aristocratie et démocratie - d'après Aristote et aussi Montesquieu qui les classe en fonction du nombre de gouvernants. Le père de la sociologie ajoute qu'en démocratie, le peuple réfléchit sur les décisions des gouvernants, réflexions qui réagissent en retour sur les milieux gouvernementaux - ce qu'on a appelé au XVIIIème siècle, la naissance de l'opinion publique ! C'est ce critère, pour Durkheim, communications entre gouvernants et gouvernés, champ d'action de l'Etat, qui est pertinent plus que le nombre des gouvernants !

L'Etat est capable d'agir parce qu(il a conscience de comment est la société. Et à l'avenir, la sociologie, que fait Durkheim et son école, doit le renseigner pour guider l'action de l'Etat !

La réflexion et l'esprit critique caractérisent les démocraties modernes. Il y a toutefois nécessité d'intermédiaires entre les gouvernants et le peuple - sans interrompre la communication !

Comme intermédiaires, Durkheim pressent une fois de plus les corporations de métier  plus que les collectivités locales ! Il propose un modèle d'organisation politique démocratique ! Ces organes secondaires empêchent en outre l'Etat de tyranniser les individus !

Dans son dixième cours, Durkheim étudie un devoir moral qui ne dépends pas de groupes, ni de la famille, de la corporation, ni de l'Etat : l'interdit de l'homicide ! Je ne m'attarderais pas sur ce point mais disons que l'homicide a régressé à la période moderne car la valeur de l'individu a augmenté et les motifs qui poussaient au meurtre ont reculé car ils étaient liés au sentiment du collectif (défense de la religion,de la nation, de l'honneur d'un clan, etc,...) ou encore liés au "niveau passionnel de la vie publique" !

Puis vient encore un cours sur un autre de ces devoirs moraux "indépendants", celui qui a trait aux attentats contre la propriété - ce qui pose la question de la propriété. Passons...

Trois leçons sont consacré à la propriété qui en montrent notamment le caractère sacré dans l'Antiquité ! Le sol est en effet peuplé de "principes divins" et pour se l'approprier, il faut procéder à une cérémonie sacrificielle qui se reporte sur la périphérie du champ : les termes. Ces principes religieux ne sont que l'expression métaphorique de réalités sociales qui les sous-tendent !

Durkheim termine sur le droit contractuel et repose que le culte de l'individu a à voir avec la propriété ! Et là encore les formules juridiques ne sont qu'un succédané du formalisme religieux. Le contrat est ce qui lie deux volontés. Par la suite, il devient plus flexible, loin du contrat solennel. C'est le contrat consensuel !

Il est ensuite question de morale contractuelle et de droit contractuel - ce qui nous conduit au contrat équitable.

Ces leçons se concluent  en effet sur la dix-huitième leçon qui traite du contrat équitable, établi sans aucune pression manifeste. Il est aussi évoqué en conclusion le problème du déséquilibre entre riches et pauvres, accentué par les héritages. A l'époque moderne, comme l'a montré Tocqueville, le besoin d'égalitarisme est fort et c'est sur cette problématique que Durkheim termine ici ses/ces dix-huit leçons très érudites !

A bientôt !

Leçons de sociologie - Emile Durkheim
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Vernon Subutex - Tome 2 - Virginie Despentes

July 21 2017 Published on #Littérature XXIème, #Coups de coeur

Je vous ai dit il y a peu tout le bien que j'avais pensé du roman Vernon Subutex - Tome 1 de Virginie Despentes ! Et bien, ai fini la lecture des 400 pages du tome 2 en une journée - ce qui est un signe qui ne trompe pas  ! - et en pense tout autant du bien !

On retrouve Vernon, devenu SDF, là où nous l'avons laissé à la fin du Tome 1. Notre "héros" squatte aux Buttes-Chaumont, avec Olga, la colosse au coeur tendre, Laurent le rebelle et Charles, le vieux qui a gagné au Loto.

Ce Vernon est vraiment un personnage atypique. On a confirmation dans ce Tome 2 qu'il est touché par la grâce, arrive à apaiser les gens et à les faire fraterniser. Ancien disquaire et DJ, il a un goût certain pour la musique qu'il veut fédératrice. Les anciens amis et clients de la boutique de Vernon le retrouvent au Rosa Bonheur, en bas des Buttes-Chaumont, un bar où travaille la jeune Céleste.

Là, Vernon sert de point de ralliement à Emilie, une ancienne bassiste, à Xavier Fardin, le "scénariste frustré" tout juste sorti du coma, à Lydia Bazooka, la critique de rock, Pamela Kant et Daniel, les ex-stars du porno, Patrice, le mari violent. Même Sylvie, la "virago" est apaisée ! Un petit index au début du Tome 2 nous réintroduit tous ces personnages ! La Hyène rejoint ce petit groupe et tout le monde visionne finalement les cassettes VHS testaments du chanteur Alexandre Bleach.

Et ces cassettes dévoile un secret que Laurent Dopalet, le producteur,  ne voulait pas voir révéler et qui concerne Vodka Satana, également ex-star du porno, morte d'une overdose comme Bleach ! Mais quelle est la part de vérité et de manipulation dans ces révélations ? Ceci va conduire la jeune Aïcha - qui s'est réfugiée dans la religion - fille de Vodka Satana, à des extrémités regrettables ! Au désespoir de son père Sélim ! Un acte politique ? La lutte des classes ?

Le livre reprends la formule du tome 1 - à savoir des "tranches de vie" et des "récits croisés". Virginie Despentes sait amener ses effets et construire son suspens ! Ses personnages désabusés, qui vivent dans une société désespéré et aliénante - la nôtre ! - sont très attachants ! Il y a un peu du style de Houellebecq chez Despentes mais en plus "lumineux" ! Est-ce parce que l'auteure est une femme qu'elle est plus "indulgente" ?

Je me saurais donc que vous conseiller la lecture de cette trilogie ! Vais pour ma part me rendre chez mon libraire acheter le Tome 3 ! 

A bientôt !

PS : Le Tome 1 de Vernon Subutex a obtenu de nombreux prix : Prix Anaïs Nin 2015, Prix Landerneau 2015, Meilleur roman français du magazine Lire 2015, Prix de la Coupole 2015, Prix Roman du Palmarès du Point 2015 ! Amplement mérités tout ça !

Vernon Subutex - Tome 2 - Virginie Despentes
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Sex Trouble - Jay Lowi

July 21 2017 Published on #Cinéma, #Flops

Il va être maintenant question d'un film de second zone, un thriller comme il s'en faisait à la pelle dans les années 1990 - 2000, dans la lignée de Sex Crimes et de Sex Intention.

Mais ne nous le cachons pas plus longtemps le film dont il s'agit ici, Sex Trouble -  aussi dénommé Tangled ! - est un navet de haute volée ! Une vraie escroquerie cinématographique, signée par le réalisateur Jay Lowi en 2002 qui reprends le thème usé jusqu'à la corde du trio amoureux sans rien apporter de neuf et en nous promettant des scènes torrides alors qu'il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un chat !

La jaquette nous vends le pitch suivant : "Jenny est une étudiante sensuelle et indépendante, et personne ne lui résiste'. La belle est aussi un tantinet manipulatrice et joue avec David, un jeune étudiant naïf ! Débarque alors Alan, le mauvais garçon au passé trouble qui blesse le coeur des filles. La jaquette nous promets encore que "Jenn[y] s'amuse à opposer David et Alan, usant de mensonges et de relations sexuelles" On nous annonce donc un film avec un côté sulfureux voire malsain !

En réalité, quand on visionne le film, cette aspect, c'est la fille, Jenny, qui mène le bal ne nous apparaît pas flagrant ! On a plutôt l'impression qu'elle hésite à s'engager avec Alan et que c'est ce dernier qui fait l'imbécile avec elle, se révèle instable et potentiellement violent ! Elle semble être davantage une "victime" et il ne paraît pas non plus qu'elle veuille séduire ouvertement David ! Le plus manipulateur, dans cette histoire, c'est Alan à première vue, alors qu'à la fin, on s'apercevra que c'était David qui trompait tout son monde !

Jenny tombe véritablement amoureuse d'Alan - ce qui déplaît à David - et le bad-boy Alan va finalement la tromper avec une certaine Elise ! Jenny a ignoré les mises en garde de David qui connaissait déjà Alan et qui n'est pas désintéressé !

Si on n'y croit pas, c'est parce que le scénario se révèle sans surprise, les scènes de sexe sont plates voire inexistantes, le montage mollasson et l'interprétation des acteurs proche du désastre ! ! Jenny est incarnée avec peine à l'écran par Rachael Leigh Cook, David par Shawn Hatoy et Alan par Jonathan Rhys-Meyers qu'on a connu plus inspiré par la suite ! Estella Warren (vue dans La planète des singes fr Tim Burton, à la même période en 2001) joue, elle, Elise Stevens et enfin Lorraine Bracco et Dwayne Hill complètent le casting et sont les deux inspecteurs de police du film.

Le film se construit autour d'une série de flash-backs. En effet, au début du récit - qui est non chronologique donc, la police et les secours ramassent un David paniqué en pleine nature après qu'il ait échapper à Alan lequel a enlevé le jeune homme ainsi que Jenny, en s'introduisant chez les deux colocataires. David est interrogé par les inspecteurs et raconte la nature de la relation du trio ! Mais David est ce qu'on appelle en narratologie un "narrateur non fiable". Et si il mentait ? C'est le cas !

Qu'est-il arrivé à Jenny ? Et à Alan ? On ne peut pas se fier à la déposition de David et pourtant à la fin du film, qui nous montre son véritable rôle dans l'histoire, celui qui tire les ficelles et manipule, trompe son monde et échappe à toute forme de justice ! En soi donc, ce scénario est assez peu crédible et même carrément bancal !

C'est le genre d'histoire vue et revue à Hollywood, plus du genre à alimenter le marché DVD ou des téléfilms !

On ne se méfiera jamais assez de David, le "bon fils" dans ce film !

Bref un film dispensable !

A bientôt !

Sex Trouble - Jay Lowi
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Vernon Subutex - Tome 1 - Virginie Despentes

July 20 2017 Published on #Littérature XXIème, #Coups de coeur

Virginie Despentes traîne derrière elle une réputation sulfureuse !

Dès son premier roman, Baise-moi, en 1993 au titre particulier et qui a donné lieu à un film dérangeant éponyme en 2000 avec l'actrice porno Coralie Trinh Thi à la réalisation et l'autre actrice porno Karen Lancaume et qui s'est suicidée depuis, en 2005, on constate que son écriture à une patte particulière et cette première oeuvre porte déjà sa "marque de fabrique".

Par la suite, il y eut Les jolies choses, en 1998, adapté là encore au cinéma avec Marion Cotillard et Stomy Bugsy dans les rôles principaux ou encore Apocalypse Bébé en 2010.

Les univers de Virginie Despentes sont déjantés, comme des trips à l'acide et rock'n'roll underground, où on croise punks, porn-stars, SDF et toute une foule hétéroclite.

Vernon Subutex est une trilogie, débutée en 2015 - dont le tome 3 vient de sortir en 2017. Il est question ici du tome 1 que je classe en "coups de coeur". Vernon Subutex est un ancien disquaire à Révolver, sa boutique, fermée depuis, un "passeur", cinquantenaire et toujours "beau gosse", qui tombe dans la galère, "crèche" à droite à gauche et finit SDF à la fin du tome 1.

Ce livre, ce sont des "tranches de vies". Par un "jeu de dominos", on passe d'un personnage à l'autre. La construction de ce roman est remarquable, faite de chassés-croisés et le ton est incisif !

L'intrigue tourne autour d'une star du TOP 50, Alex Bleach, séducteur black, qui décède d'une overdose. Vernon va acquérir des enregistrements vidéos de ce chanteur, qu'il connaissait bien, et qui font office de testament ! Vernon s'en "vante", un producteur en a vent, Laurent Dopalet, et charge une vieille lesbienne, la Hyène, de mettre la main sur Vernon et sur les cassettes vidéos !

On croise de nombreux personnages dans ce roman : Vernon, Alex, Sylvie, une bourgeoise "trahie" et en colère, Xavier, un scénariste dépité, Pamela Kant, une star du porno, Daniel, une transsexuelle, Marion, un autre transsexuel, brésilien, Olga, une SDF bourru, Laurent, un SDF militant, Sophie, la mère en deuil de Xavier, Gaelle et Emilie, des bonnes copines, Céleste, la fille d'un ancien client du disquaire, Patrice, un mari violent, Loïc, Julien et Noel, trois petites frappes racistes, ou encore Aicha, une jeune fille voilée et quantités d'autres.

Il vaut mieux lire ce roman d'une traite pour ne pas s'y perdre !

Le roman, enfin, aborde avec une crudité de légiste des thèmes cruciaux de notre temps, des tendances de la société. On a aussi une sorte de satire du monde du porno un poil cynique, la lutte des classes, les bobos, une analyse fine du pourquoi des hommes violents et des femmes battues, la vie des SDF au quotidien, une critique subtile du racisme ordinaire (distinguez propos des personnages et opinion de l'auteur !).

Pour prendre le cas du voile islamique dont on a tant parlé, la jeune fille voilée du roman porte ce vêtement en réaction à l'attitude outrée sexuellement de sa génitrice, ex-star du porno et aussi parce que son père n'a jamais été accepté par la société française ! Ne nous leurrons pas le voile n'est pas qu'une simple mode vestimentaire et ici, il est une revendication politique ! Une analyse inédite et profonde ?

Je ne vais pas m'attarder davantage sur ce livre car vous parlerais bientôt des tomes 2 et 3 et donc aurait l'occasion d'y revenir et de développer/compléter mon propos.

Mais c'est du tout bon ! Un roman de qualité à lire d'urgence, toutes affaire cessante ! Mon amie Ophélie, prof de lettres, partage mon avis !

Je dédicace ce billet à mon oncle René qui vivait en quelque sorte une "vie de bohème" et qui est décédé cette semaine et dont les obsèques ont eut lieu ce matin !

A bientôt !

Vernon Subutex - Tome 1 - Virginie Despentes
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L'Art de DC : L'Aube des Super-héros - Musée d'Art Ludique

July 19 2017 Published on #Comics, #Bande-dessinée, #DC Comics, #Cinéma, #Coups de coeur, #Musées

Lors d'un séjour récent - juillet 2017 - à Paris, j'ai fait un petit tour par le Musée d'Art Ludique. C'est un musée consacré à l'art contemporain dans ses incarnations jeux vidéo, comics, manga ou encore animation.

En 2017, se tient dans ce lieu l'exposition : "L'Art de DC : L'Aube des Super-héros" ! On y retrouve le fameux trio de DC Comics  : Superman, Batman, Wonder Woman et quelques autres, depuis leur genèse dans les années 1930 jusqu'aux récents développement du DCEU au cinéma !

Vous trouverez dans cette expo - qui m'a un peu rappelé, dans le style, "l'Expo Star Wars" d'il y a quelques années qui s'était tenue à la Cité du Cinéma ! - plus de 250 planches originales historiques - de Detective Comics, d'Action Comics, de Superman, de Batman, de World's Finest, etc, jusqu'a des arcs plus récents comme The Dark Knight Returns de Frank Miller ou Kingdoms Comes d'Alex Ross.

Le cinéma est aussi abordé avec près de 280 dessins de recherche ou de magnifiques concept arts, des costumes, des maquettes, des vidéos des cinéastes et des producteurs (Geoff Johns, Christopher Nolan, Zack Snyder...), des dessinateurs de comics (Jim Lee) ou des costumières (Michael Wilkinson, Cindy Hemming).

On a ainsi des documents sur le Superman de 1978 de Richard Donner, le Batman de 1989 et sa suite de  de  1992 par Tim Burton, les suites de 1995 et 1997, le projet de Superman avorté de Tim Burton de 1999 avec Nicholas Cage, le Superman Returns de  2006, la trilogie Batman  de Nolan et les films du DCEU : Man of Steel, Batman vs Superman : L'aube de la justice, Suicide Squad, Wonder Woman et Justice League. Par contre, on ne trouve aucune allusion au film Supergirl ou au film Catwoman  avec Halle Berry, ou encore au film Green Lantern, ce qui n'est pas plus mal vu les échecs artistiques et commerciaux de ces derniers films !

Enfin, il est aussi question des super-héros à la télé ! On retrouve la série d'animation Superman de Richard Fleischer de 1942, le Batman & Robin des années 1960, de Batman : The Animated Series de Bruce Timm de 1992 ou encore la série Wonder Woman des années 1970 avec la pétillante Lynda Carter.

Côté télévision, certains remarqueront  -et regretteront - que ne figure pas Lois & Clark : les nouvelles aventures de Superman, la série Flash des années 1990, les autres séries animées, Teen Titans en tête, Smallville bien évidemment et surtout toutes les séries récentes : Flash, Green Arrow, Legends of Tomorrow, Supergirl  ou Gotham.

On le voit les super-héros "diffusent" dans tous le transmédia, comics, films, séries-télé - citons l'influence dans le domaine plus général de l'art  - influence art-déco etc,...

Un autre reproche que je ferais à l'expo est certes de nous dire que ces héros ont 75 ans d'existence derrière eux et de multiples interprétations mais de ne pas nous expliquer qu'il y a plusieurs Superman, plusieurs Batman bref plusieurs Terre dans un multivers, de ne pas expliquer ce que recoupe l'"Age d'or, "l'Age d'argent",  d'éluder certaines histoires emblématiques comme Crisis on Infinite Earths ou Flashpoint (et là encore de passer sous silence le multivers. J'aurais aussi aimé des plaquettes sur les principaux artistes de comics !

Mais bon, ne boudons pas notre plaisir et rappelons nous que c'est une expo grand public. il m'a fallu 1 heure 30 pour en faire le tour !

Ces super-héros DC constituent des mythologies modernes. Superman possède le profil body-buildé des héros grecs et incarne en même temps la modernité - et aussi les peurs du temps comme la montée du fascisme à l'époque de sa création !

Superman, c'est aussi l'American Way of Life et l'espoir des millions  d'immigrés polonais, italiens, irlandais à Ellis Island. Comme eux, Superman est un réfugié - de la planète Krypton - et à ce titre aussi une figure biblique, un nouveau Moise, récupéré dans un "radeau de sauvetage" ! Superman est le surhomme de Nietzsche, qui repousse ses limites. Il est comme chacun sait une création  - d'abord dans un fanzine - de Jerry Siegel et Joe Shuster puis dans Action Comics #1 en 1938.

Le héros crée par Bob Kane et Bill Finger, Batman, s'inscrit dans la lignée des justiciers masqués comme Zorro ou Fantomas. Il n'a pas de super-pouvoirs comme Superman mais possède une fortune personnelle, une grande intelligence et il s'est entraîné intensément aux sports de combat. Après un traumatisme dans l'enfance, Bruce Wayne décide le crime dans Gotham City qui est le pendant nocturne de la Métropolis de Clark Kent/Superman ! Bruce Wayne/Batman décide en effet d'agir la nuit ! Son monde est beaucoup plus torturé que celui de l'Homme d'Acier et ces personnages - Batman et ses ennemis - flirtent avec la folie.

Il fallait bien une super-héroïne parmi tous ces homes. Wonder Woman est "la meilleure d'entre nous" et permets aux jeunes filles de s'identifier aux protagonistes de ce genre héroïque - encore que Diana Prince soit trop parfaite !? Avec elle, les codes des personnages féminins sont repensés - exit la petite amie - encore qu'elle formera souvent un triangle amoureux avec Superman et Batman !?

Wonder Woman montre que la femme peut s'imposer dans un monde tenu par les hommes et en même temps, son sexe est indifférent pour incarner la justice et la liberté ! Je vous parlerais prochainement du film Wonder Woman de 2017 de Patty Jenkins et du comics de 2010, Wonder Woman : L'origine de J. M. Straczynski.

Cette exposition nous montre la richesse du genre super-héroique ! A quand l'équivalent pour Marvel ! Une richesse à peine effleurée ici !

Je vous invite à lire mes billets passés et à venir sur DC comics et les films avec Warner Bros. Ces héros n'ont cessé d'être réinterprétés - avec un socle commun à chaque réécriture ! Avec The Dark Knight Returns de Frank Miller en 1986, un virage vers plus de réalisme - et plus de noirceur ! - époque oblige : - est amorcé dont on peut voir l'apogée dans la trilogie de Nolan, The Dark Knight, de 2005 à 2012 et les récents développements du DCEU !

Un héritage de 75 ans derrière nous mais et encore de nombreuses décennies devant nous si le réchauffement climatique ne nous tue pas !

A bientôt !

L'Art de DC : L'Aube des Super-héros - Musée d'Art Ludique
L'Art de DC : L'Aube des Super-héros - Musée d'Art Ludique
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Cratyle - Platon

July 18 2017 Published on #Philosophie

Nous allons maintenant parler d'un dialogue de Platon - dont j'ai pour la première fois entendu parler en Licence L1 de Lettres modernes, dans un cours sur les Surréalistes en 2008  - ce texte, c'est le Cratyle.

Socrate s'engage dans ce dialogue dans une discussion avec Hermogène et Cratyle portant sur le langage et plus précisément sur la question de la rectitude des mots.

Le mot qui désigne la chose est-il la chose ? Hermogène pose d'abord que le langage dérive d'une convention et d'un arbitraire - ce qu'on ne peut nier ! Toutefois, si on va au bout des conséquences de cette proposition, il pourrait alors exister un langage "public" où chacun désigne les mêmes choses des mêmes noms - et un langage "privé" où chacun désigne les choses pour lui-même avec les termes que lui seul à choisi ! Une idée qui intéresserait Ludwig Wittgenstein qui a montré que le langage était un collectif et qu'un langage privé ne pouvait exister faute de références communes !

La question du langage est sous-tendue par la problématique du vrai et du faux. En effet, le langage permet d'établir la vérité ou du moins de tenter de la cerner. Si le langage est relatif, propre à chaque individu - chacun son langage - cette vérité inaccessible. La connaissance naît du partage et de la confrontation !

Or les activités humaines ne se font-elles que par rapport à leur propre valeur ou à l'opinion qu'on en a ? Par rapport à leur valeur ! Aussi pour "tisser", il faut un instrument propre à cette activité, déterminé par sa valeur, une navette et pour "nommer" un instrument qui est le mot. Il apparaît alors qu'il faut un spécialiste des mots, un législateur. Par ailleurs, l'instrument doit s'adapter à l'usage, à chaque cas ! On signalera au passage la parenté étymologique entre "tissage", "tisser" et "texte" fait de mots !

Le législateur institue le langage qui se forme ensuite et se constitue par l'usage, aussi bien chez les Grecs que chez les Barbares.

Socrate pose ensuite qu'il y a une recherche naturelle de dénomination. Homère intervient ainsi que  la tradition.

Les Dieux font un usage correcte des noms, avec les dénominations correctes des choses. Car de fait, les Dieux sont plus raisonnables que les hommes. Les noms donnés par les Dieux reposent en outre sur une étymologie plus appropriée ! Les noms manifestent une réalité ! La nature des choses.

Socrate multiplie alors les exemples de noms de héros dans Homère et  décompose leur étymologie pour montrer qu'ils correspondent bien à leurs caractères ! Exemples tirés d'Hésiode aussi ! Socrate décompose ensuite les noms de "Dieux" (theon - celui qui  court à l'image des dieux primitifs, le soleil et la lune), "Démons" et "héros" (qui provient de eros, l'amour entre un Dieu et une mortelle - ou encore d'eroteticos, l'orateur).

Socrate affirme ensuite que de nouveaux mots sont formés en ajoutant/ retranchant des lettres ou des syllabes. Le langage s'altère,  évolue au cours du temps, par l'usage, fixé par le législateur.

Viennent ensuite des explications de Socrate sur les noms : "homme" - anthropos (celui qui fait l'étude de ce qu'il voit), "âme" - psyche et "corps" -  soma (le "sépulcre" - sema - de l'âme). Puis des explications sur les noms des divers Dieux ! Ce Cratyle est donc un texte de référence pour un certain nombre d'étymologies de termes et de concepts ! Après les Dieux, les éléments, la division du temps, les astres, des concepts et des qualités ayant trait à l'âme et à la pensée ! Il semble toutefois utile que le lecteur ait des rudiments de grec ancien, matière de moins en moins enseignée dans nos écoles !

Socrate montre aussi par ailleurs les emprunts de mots d'un peuple à l'autre, entre les Grecs et les Barbares - ce qui en rends plus difficile l'analyse étymologique.

Quantités de termes sont analysés dans ce texte qui  se révèle en fait très technique ! Hélas, ne m'y connaissant pas en grec ancien, je ne suis pas à même de dire si les "interprétations " de Socrate sont hétérodoxes - voire farfelues ! - ou pas ?

Reste la question des noms primitifs dont dérivent toutes les étymologies précédentes. Socrate pose que ceux-ci procèdent par imitation - et dans un rapport au corps ! On dénomme en imitant par la voix. Les choses ont en effet une sonorité ! Et une couleur ! Mais, en matière d'imitation, il ne s'agit pas ici de musique ou de peinture ! Il s'agit d'imiter les "essences" ! Les sons et les lettres imitent les choses ! Par la suite, Socrate recours aussi  à des exemples.

On retrouve ainsi dans le Cratyle, sous- jacent, l'idée d'une langue Adamique ou Edenique qui donne aux choses leurs véritables noms.

Le dialogue se clôt enfin par un échange entre Socrate et Cratyle - resté muet jusque là, sur les critères de vérité (le langage énonce toujours le vrai car le faux ne se dit pas !), sur l'imitation,  qui reprennent, synthétisent et approfondissent ce qui a précédé dans le texte. Le critère de vérité résulte de l'adéquation entre la chose et son imitation. Socrate questionne enfin sur le statut de l'image née de l'imitation, propos récurrents dans l'oeuvre de Platon. L'image est inférieure à la réalité (qui sera elle inférieure à l'Idée !).

Un dialogue qui a ainsi trait à l'Epistémologie chez Platon et avec lequel nous complétons et terminons notre analyse de tous les textes de l'Edition Pléiade de Platon établie par Léon Robin !

A bientôt !

Cratyle - Platon
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Spider-Man : Homecoming - Jon Watts

July 16 2017 Published on #Cinéma, #Marvel

Marvel Studios ne possède hélas pas les droits cinématographiques de tous ses super-héros ! Ainsi, la Fox détient toujours les X-Men, Deadpool et les 4 Fantastiques. Mais, récemment, un accord a été passé avec Sony pour réintégrer Spider-Man dans le MCU !

Dans les années 1990, alors que Marvel était en faillite, la vente des droits pour les écrans de cinéma - et le succès des films ! -  a bien renfloué la Maison des Idées ! L'accord avec Sony est tout bénéfices pour les deux compagnies ! Après une apparition dans Captain America : Civil War, le Tisseur a droit a son propre film : Spider-Man : Homecoming - avec un titre qui insiste bien sur l'aspect "retour au bercail" !

Le réalisateur de ce film sorti à l'été 2017 est Jon Watts et l'interprête d'un Peter Parker âgé de 15 ans dans le récit est Tom Holland ! Disons le tout de suite, ce film est meilleur que les deux films avec Andrew Garfield mais "moins bon " que le Spider-Man 2 de Sam Raimi avec Tobey Maguire ! Par moment, on s'ennuie un peu ! Cependant, l'aspect "super-héros adolescent qui se comporte en ado" - et par-là même se montre très "humain" en commettant des erreurs est sympathique !

Le film est raccord avec le reste du MCU ! Tony Stark est le père de substitution du jeune Parker qui doit se rappeler constamment qu'"un grand pouvoir implique de grandes responsabilités". L'intrigue s'inscrit dans le prolongement de la Bataille de New York contre les Chitauris - vue dans le film de 2012, Avengers - on est juste 8 ans plus tard !

Le vilain du film est un certain Adrian Toomes, de son alias Vulture en VO/ le Vautour en VF ! Il est magistralement interprété par un Michael Keaton qui lui confère de la profondeur et qui passe de DC Comics/ Warner (le Batman de Tim Burton) à l'Univers plus coloré de Marvel ! Adrian Toomes dirige une équipe de récupérateurs - qui à l'image des vautours, dépècent les machineries laissées par les aliens ou encore par Ultron ! Le Vautour a pour but ultime de mettre la main sur la technologie de Tony Stark !

A côté de cela, Peter - qui rêve de rejoindre les Avengers après ses exploits à Berlin ! - fréquente un lycée à Midtown et a pour camarades Ned Leeds, Flash Thompson, Michelle "M.J." Jones et en pince secrètement pour la jolie Liz Allen ! Il est une mode désormais dans les adaptations de comics de changer l'ethnie des personnage ! Ainsi, ici, Liz Allen est jouée par Laura Harrier qui est une actrice noire et Flash Thompson, grand blond aux yeux bleus dans la BD est ici interprété par Tony Revolori qui est plutôt typé hispanique ! Mais au fond, ce n'est pas très dérangeant tant qu'on prends de bons acteurs !

Adrian Toomes prétends agir pour protéger sa fille et vers la fin du film, on a une révélation quant à un secret de notre vilain !

Notre Spider-Man, lui, bénéfice d'un costume ultra-moderne avec mini-drone, I.A. amplificateurs auditifs par exemple, bref toute la technologie de son mentor ! Par contre, son légendaire "sens d'araignée" est absent du film même si il me semble avoir aperçu il y a peu une déclaration du maître d'oeuvre du MCU, Kevin Feige, disant que ce pouvoir de notre Tisseur serait présent dans Avengers : Infinity War !

Un film globalement bon ! Vous adorerez si vous êtes fan du Tisseur en particulier ! sinon, vous risquez d'y trouver quelques longueurs !

Les deux plus à mon avis : l'intégration au MCU, un ensemble plus vaste et le côté "vis ma vie d'adolescent" ! Et aussi en troisième point et quatrième points positifs, le jeu de Michael Keaton et le costume haute-technologie de notre héros !

C'est, mine de rien, déjà le 16ème film du MCU !

A bientôt !

Spider-Man : Homecoming - Jon Watts
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Le Dictateur - Charlie Chaplin

July 15 2017 Published on #Cinéma, #Histoire contemporaine

Charlie Chaplin délaisse son personnage de Charlot, le clochard au grand coeur emblématique pour livrer un film à propos politique mais toujours sous couvert d'humour, en 1940, avant l'entrée en guerre des Etats-Unis donc, Le Dictateur, film en N&B.

Ce n'est guère un mystère que c'est le régime nazi et Adolf Hitler qui sont visés par ce film ! Le petit tyran d'origine autrichienne est la cible de cette satire qui avait pour but d'éveiller les consciences des Nord-Américains sur les crimes passés, présents et à venir des nazis. Le Dictateur deviendra le plus grand succès commercial de Chaplin !

Le film est resté célèbre par la fameuse scène du dictateur jouant avec un globe terrestre dans son bureau et par le discours final, émis par son sosie. Par cette oeuvre, Chaplin voulait aussi avertir du danger mortel encouru par le peuple juif, par l'humanité, et par la démocratie - rappelons qu'Hitler a été porté au pouvoir par la démagogie, par la peur et par le suffrage universel, avec le soutien du peuple, des intellectuels et des industriels en Allemagne !

Bien évidemment, Chaplin reçut des pressions par delà l'Atlantique, l'ordonnant d'abandonner son projet de dénonciation mais il tint bon et livra un chef- d'oeuvre de conscience politique !

L'action du film se passe dans un pays imaginaire nommé la Tomenia, copie conforme de l'Allemagne. Lors de la Première guerre mondiale, un soldat assez maladroit sauve la vie d'un pilote de chasse nommé Schultz ! Après une fuite rocambolesque des deux hpmmes, le soldat est blessé et devient amnésique. Il reste alors de nombreuses années à l'hôpital coupé du monde tandis que la Tomenia devient un régime dictatorial et fasciste, dirigé par Adenoïd Hynkel - en fait Adolf Hitler ! Les juifs sont alors persécutés comme dans la réalité de l'époque !

Notre soldat reprends alors son métier de barbier dans le ghetto juif. il est, en outre, un parfait sosie du dictateur (Chaplin se grimant lui aussi comme Hitler avec la petite moustache et la frange !).

Le barbier - ancien soldat - est alors rafflé et mis en camp de concentration. Mais il retrouve Schultz et s'évade avec lui au moment où la Tomenia envahit l'Österlich !

Par le jeu des circonstances, les soldats confondant le barbier et Hynkel, notre héros se retrouve à la place du dictateur et doit improviser un discours à la radio tandis que le vrai dictateur est arrêté comme fugitif ! Le barbier improvise alors un discours sur la liberté de tous, la tolérance, la démocratie et la paix - fort émouvant !

On retrouve dans ce film Paulette Goddard - qui fut la troisième épouse de Chaplin et une des ses actrices fétiches avant cela !

Des scènes iconiques citées dans les écoles de cinéma, il y en a pléthores dans ce film : l'incendie de la boutique du barbier qui rappelle les pogroms et la Nuit de Cristal, la langue incompréhensible et très agressive du dictateur Hynkel qui rappelle le ton autoritaire d'Hitler dans ses propres discours devant des foules béâtes et soumises à sa vindicte, des références à la Bible, etc,....

Le film sortit sur les écrans français bien évidemment après le conflit, en 1945 - c'est là encore le plus gros succès de Chaplin par chez nous ! Bien évidemment aussi, Hitler fit interdire le film en Allemagne mais s'en procura une copie qu'il se fit projeté en privé à deux reprises - bien que ce fait n'est pas complétement avéré !

En fin de compte, vous aurez compris que nous sommes là face à un chef-d'oeuvre et à un  témoignage historique de premier plan ! On aimerait de nos jours trouver un peu plus de réalisateurs avec des "couilles" comme Chaplin en son temps !

Je dédicace au passage ce billet à mon collègue de travail Jean-Christophe qui ne se démonte pas et me prétends que les nazis étaient de gauche, reprenant des propos de la fachosphère - d'ailleurs mise en avant sur Overblog avec des blogs comme "La Rédaction" - collègue et fachosphère qui pratique la post-vérité en s'appuyant sur des faits comme la politique de nationalisation des usines par Hitler - en réalité, on peut retourner l'argument et dire que les soviétiques étaient de droite si on y réfléchit bien suivant cette logique imparable ! Hitler communiste ? Staline a été responsable de dizaine de millions de morts dans les camps russes, ne lui mettons pas en plus la Shoah sur le dos ! Tout ceci n'est qu'une pathétique tentative pour débarrasser les mots "extrème-droite" de leur relents nauséabonds et dédiaboliser au final le Front National !

Sur ce, à bientôt !

Le Dictateur - Charlie Chaplin
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